Tokyo Revengers - Saison 1

Review de l'anime : Tokyo Revengers - Saison 1

Publiée le Jeudi, 08 July 2021

Chronique - Partie 1 (épisodes 1 à 12) :

Depuis le début de sa parution française en avril 2019, le manga Tokyo Revengers a acquis rapidement une jolie petite réputation. Sans être un best-seller, le manga de Ken Wakui mêlant furyo et voyages temporels a su fédérer, grâce à ses qualités narratives et de rythme, une fin d'opus créant illico l'impatience de la découverte du prochain. Alors, quand une adaptation animée est annoncé en juin 2020, il y a de quoi être enthousiaste, ne serait-ce pour pouvoir apprécier les déboires de Takemichi au sein du gang Tokyo Manji, mais en mouvement et en couleur.

Lancé le 11 avril 2021, l'anime Tokyo Revengers est produit par Liden Films, sous la direction de Koichi Hatsumi dont on retiendra Deadman Wonderland ainsi que la saison 2 de Blue Exorcist, parmi d'autres séries. La structure de l'histoire est assurée par Yasuyuki Muto, scénariste dont on s'amusera des travaux sur Bible Black, mais qui a assuré un travail à saluer sur Gundam avec Gundam Unicorn et, tout récemment, le film L’Éclat de Hathaway. Keichi Ohnuki (vu sur Golden Kamui et les séries « Gundam Build ») signe le character-design aux côtés de Keiko Ôta. Quant à la composition musicale, elle est assurée par Hiroaki Tsutsumi dont beaucoup ont pu apprécier la patte sonore sur le populaire Jujutsu Kaisen.

La série animée étant en cours de diffusion à l'heure où ces lignes sont écrites, c'est de son premier « cour », autrement dit sa première moitié de 12 épisodes, que nous traiteront. Ce premier arc correspond exactement aux quatre premiers volumes du manga, soit aux 33 premiers chapitres.


L'histoire : La revenche d'un loser qui a tout perdu

On ne peut pas dire que Takemichi Hanagaki ait réussi sa vie. Âgé de 26 ans, le jeune adulte vit seul dans un studio peu ordonné, son travail étant un modeste petit boulot d'employé vidéoclub. Alors qu'il se sent misérable, les informations du jour lui mettent une nouvelle claque : Hinata Tachibana, sa petite amie de collège qu'il a perdu de vue, est décédée dans un accident causé par le gang Tokyo Manji. Ce même jour, Takemichi est poussé sur les voies du train, mais ce n'est pas la mort qui l'attend. A la place, il se retrouver projeté 12 ans en arrière, quand il n'était qu'un collégien jouant aux caïds avec une bande d'amis. Pour lui, voilà une occasion de prendre sa revanche, mais aussi de potentiellement empêcher les débordements au sein du Tokyo Manji, clan pour lequel il joua les larbins autrefois, quand le groupe n'était qu'un attroupement de voyous libres comme l'air.


Entre furyo et fantastique


Le furyo est un genre qu'on ne soit malheureusement que trop peu en France. Particulièrement boudé par les éditeurs malgré une certaine demande, dont le retour de Racaille Blues, ces récits de jeunes voyous n'ont pas été porté à leur juste mesure. On retiendra un Young GTO souvent négligé des lecteurs, Bakuon Rettô, ou Worst qui fut abrégé aux sein des éditions Panini, autrefois. L'anime Tokyo Revengers est l'occasion d'élargir un peu le registre à un public plus vaste et friand de séries animées, quand bien même l’œuvre initiée par Ken Wakui ne se limite pas à sa dimension de gangs de racailles.

L'habilité du récit, dans cette première partie d'anime comme dans l’œuvre originale, est de jouer sur deux tableaux : L'évolution du jeune groupe Tokyo Manji d'une part, et le récit à suspense de l'autre. Tout l'aspect voyage temporels vient fixer des enjeux forts qui ne feront que croitre durant le premier arc scénaristique. Du sauvetage de Hinata, sa petite amie d'autrefois, Takemichi devra assumer des tâches plus lourdes, que ce soit pour empêcher les funestes événements futurs, ou tout simplement pour venir en aide à des camarades de gang auxquels il s'attachera. Pour exécuter ceci dans une optique de divertissement brillant, Tokyo Revengers n'est pas avare en cliffhanger. Si les deux premiers épisodes ne permettent pas vraiment de saisir cette force ou de savoir précisément où veut nous mener l'aventure, le lancement réel de l'intrigue se fera très rapidement ensuite. Dans son rythme, l'anime fait clairement partie des séries qu'on serait tenter de regarder d'une traite, autrement dit de « bingewatcher ». Le scénario étant ponctué de moments à forts suspense, notamment en fins d'épisodes, le spectateur hebdomadaire est sans cesse soumis à une certaine frustration, et ce quand bien même il connaitrait déjà le manga en amont. Quant au nouveau venu dans cet univers, l'effet est décuplé, et l'intrigue de Tokyo Revengers le saisit sans mal aucun.


Le Tokyo Manji et ses racailles attachantes


Tokyo Revengers s'ancrant dans le genre du furyo pour l'un de ses aspects, permettre au spectateur de s'imprégner de l'ambiance qui règne au sein du Tokyo Manji était une nécessité. Mais comment nous faire adhérer à un gang qui, plus d'une décennie plus tard, tombera dans le crime pur ? C'était un challenge, et l'opposition entre passé et présent est à ce titre très bien entretenue. Car rapidement, grâce à une poignée de membres attachants, l'entrée de Takemichi dans le Toman est aussi celle du spectateur. Mickey et Draken, membres fondateurs, ont le coup de poing facile mais n'en demeurent pas moins deux jeunes gens humains, presque laissés pour compte par la société, et qui n'aspirent qu'à une chose pour eux et les leur : La Liberté. De la sorte, voir le Toman présent qui a mal tourné ne fait que renforcer un sentiment : On ne souhaite pas que ces futurs criminels soient éliminés mais au contraire, que les événements qui provoqueront leur chute n'ait pas lieu. Tout comme le héros, c'est le salut du gang que nous souhaitons.

Ainsi, ces 12 premiers épisodes qui forment le premier arc ne se contentent pas de narrer des bagarres entre clans ou de surenchérir avec une multitude de moments à suspense. Au contraire même, puisque l'intrigue sait se poser quand il se doit aux côtés de ses personnages, nous faire apprécier l'évolution du maladroit Takemichi aux côtés des charismatiques figures de groupe que sont Mickey et Draken, et même nourrir sa romance d'autrefois avec Hinata. A ce titre, le risque était fort puisque le héros est un homme de 26 ans dans le corps d'un ado de 12. Heureusement, le focus se fait toujours du point de vue de l'adulte qui souhaite sauver son passé, plus que revivre son amour d'autrefois... Et pourquoi pas prolonger cette idylle dans le présent ? On n'en dira pas plus tant cela concerne l'un des moments décisifs du premier arc narratif, conclu dans l'épisode 12 via une tirade de Takemichi qui nous pousse forcément à adhérer à ses convictions et à son combat.

Adaptation réussie ?

Tokyo Revengers, même sur ce simple premier arc, est une fiction qui appelle aux éloges sur son aspect scénaristique. Sans prétendre renouveler un genre, l’œuvre sait narrer une histoire prenante aux côtés de figures attachantes et plus profondes qu'il n'y paraît à première vue. Et son l'anime est une bonne occasion de profiter de cette intrigue sous un format audiovisuel, la version produite par le studio Liden Films n'est pas exempt de défauts.

C'est avant tout la réalisation mollassonne qui pourra déranger par moment. Loin des séquences stylisées que certaines grosses productions tirées de shônen à succès, Tokyo Revengers fait une proposition plus sobre, et plus molle diraient certains. A juste titre parfois : Plusieurs séquences fortes sont assez statiques, quand d'autres présentent une adrénaline qui rend un peu plus justice au manga de Ken Wakui. Sur le plan esthétique pur, l'aura du mangaka n'est pas toujours retrouvée non plus. Bien des plans manquent de détails sans être particulièrement hésitant, un argument qui pousse à diriger le spectateur vers le manga initial afin de s'imprégner de son ambiance graphique.

Et si le rythme global de la série est, pour l'heure, réussi, on reprochera quelques longs résumés d'épisodes précédents, pratique pas vraiment justifiée puisque l'avance du manga n'a pas à donner lieu à des gains de temps. Un processus idéal pour économiser de l'animation, et sans doute pour permettre à ce premier cour de se calibrer comme il se doit afin d'adapter exactement le premier arc du manga. A noter que Yasuyuki Muto, le scénariste, est assez friand de ce procédé puisqu'il fit de même dans l'adaptation au format série télévisée des OVA Gundam Unicorn.

Enfin, impossible de ne pas aborder le point qui amena le plus de débats sur la toile et sur les réseaux : La censure chez nous. L'anime est extrêmement fidèle au manga sans son scénario et dans sa mise en scène, mais un élément précis est caché dans notre version occidentale. Dans le manga de Ken Wakui, le Tokyo Manji arbore le « manji », l'une des svastikas issues du bouddhisme qui renvoie à l'amour et à la compassion. Ce symbole représente les idéaux du Toman originel, prônant un respect sincère mutuel entre membres du clan. Les svastikas, croix symboliques, sont aussi variées que leurs origines, et la forme de celle utilisée dans le bouddhisme possède une forme qui rappelle malheureusement la croix gammée, symbole du régime nazi du XXe siècle. Sa simple utilisation chez peut donc prêter à confusion. Et si la sphère passionnée de pop-culture nippone se renseignera et comprendra le sens du symbole dans Tokyo Revengers, ce n'est pas forcément le cas du public plus large. Glénat a choisi de ne pas censurer l’œuvre, mais l'anime dans sa forme disponible sur Crunchyroll cache les manji par des halos de lumière peu subtils. Chacun sera juge du procédé, le débat étant complexe et légitime, et l'idée de cacher ces symboles n'étant pas dénuée de sens, d'autant plus que cela ne gâche en rien l'expérience de l'histoire. Une question se pose alors : Si édition physique chez nous il y a, est-ce que la version conservera cette censure ? Il faudra voir en temps voulu. Car l'anime disposant déjà d'un doublage français chapeauté par Crunchyroll et étant donné le joli succès de l’œuvre, une non-sortie DVD et Blu-ray serait étonnante. Concernant ce doublage français, nous y reviendrons dans notre écrit autour de la seconde moitié de l'anime. Les premières interprétations sont convaincantes, mais l'arrivée massive de personnages importants permettra d'offrir une vision plus générale, tout en sachant que seuls 6 épisodes sont disponible avec voix françaises à l'heure où cette chronique est rédigée.


L'anime Tokyo Revengers : Marque d'un succès

On aura beau tiquer sur quelques aspects mitigés du rendu de l'anime, force est de constater que celui-ci a eu un impact plus que positif sur les ventes, aussi bien japonaises que françaises. Après diffusion d'une poignée d'épisodes, les premiers volumes se placent de nouveau dans les tops de ventes hebdomadaires au Japon, tout comme l'ont fait Demon Slayer et Jujutsu Kaisen ces derniers mois, signe d'un lectorat nouveau curieux de profiter du titre original et/ou impatient de découvrir la suite des événements. Il convient néanmoins de relativiser une information : La série, même avant l'anime, était populaire au Japon, si bien que ses nouveaux tomes figuraient en top des ventes, certes à une place un peu moins élevée. Il y avait déjà un engouement autour de Tokyo Revengers, largement renforcé par cette adaptation qui a permis à un nouveau public de découvrir l’œuvre.

En France, si disposer de chiffres concret sera compliqué, l'effet semble similaire. En effet, les volumes sont tombés en rupture de stock au cours des semaines qui ont suivi le lancement de l'adaptation animée. Fort heureusement, Glénat s'est montré réactif en lançant une réimpression qui sera disponible en magasins peu après la mi-juillet. Enfin, pour terminer sur une note plus globale sur ce succès, le compter Twitter officiel de Tokyo Revengers annonçait 19,8 millions d'exemplaires du manga en circulation à travers le monde, au 2 juin 2021.


Vers un second arc plus intense ?

La première partie de l'anime (saison 1?) de Tokyo Revengers se conclue de manière surprenante. Les enjeux sont habilement relancés, tandis que la réaction de Takemichi porte à croire que ces douze premiers épisodes n'étaient finalement qu'une introduction pour enflammer son esprit combattif et tisser des liens sincères entre lui et le Tokyo Manji. Pour ces raisons, il semble compliqué d'imaginer un spectateur qui stopperait son visionnage en plein cours, tant le suspense est à son comble. Les lecteurs du manga le savent, l'arc à venir sera plus intense et dramatique encore. L'arc Valhalla, aussi nommé arc Blood Valentine, constituera le socle des 12 prochains épisodes qui, malgré les limites de l'adaptation animée, devraient sans mal tenir en haleine celles et ceux qui ont adhéré à ce début d'intrigue.



Chronique partie 2 (épisodes 13 à 24) :


Le 19 septembre dernier s'est achevée la série animée Tokyo Revengers, voire sa première saison. Car si la mise en chantier d'une suite n'est pas explicitement confirmée par le studio Liden Films, la conclusion de cette partie de l'histoire couplée au succès retentissant de l'adaptation ne font nuls doutes quant à une séquelle dans quelques temps.

Le premier cour de la série, constitué de 12 épisodes, adaptait le début de l'histoire jusqu'à la conclusion de l'arc Moebius, soit la fin du tome 4 du manga. Une première partie qui constituait un bon divertissement mais pouvait laisser un gour étrange en bouche. Car si le scénario de Ken Wakui voyait son intensité croître et s'enrichir d'éléments plaisants comme sa belle galerie de personnages attachants, la réalisation proposée était truffée de limites. Mise en scène bateau, animation jouant sur les plans fixes, tentatives de gain de temps avec quelques résumés d'épisodes précédents à rallonge, plans manquant de panache... Bref, de l'enthousiasmant comme du grinçant, et on ne pouvait qu'espérer que la deuxième moitié de cette « saison une » s'en sorte un peu mieux.


L'arc Valhalla, ou arc Bloody Halloween

Malgré les limites ressassées précédemment, la fin de l'arc précédent nous avait bien eu. Takemichi a sauvé la vie de Draken, et donc potentiellement évité la chute de Mickey et la tombée du Toman dans l'obscurité totale. Pourtant, son retour dans le présent ne laisse aucune place au doute : La situation a presque empiré. Sous ses yeux, Hinata est tuée dans une opération suicide dirigée par un Atsushi désespéré. Pas de doute, le Toman n'a toujours pas évolué en bien, et Takemichi doit retourner dans le passé prendre une nouvelle « revanche ».

Ainsi débute l'arc opposant le Tokyo Manji au gang Valhalla, une partie de l'histoire aussi nommée « arc Bloody Halloween » (un terme qui apparaît même dans le générique de fin). Et quand bien même le spectateur aurait trouvé les limites évidentes des premiers épisodes, un tel climax de fin de premier arc laisse difficilement de marbre. Ceux qui ont rechigné devant ces lacunes pouvaient être tentés de donner une chance à la suite, tandis que les spectateurs qui n'ont pas boudé leur plaisir ont toujours de quoi être conquis.

L'arc Valhalla couvre le manga du tome 5 jusqu'au début du tome 9, plus précisément jusqu'à son chapitre 73. Dans cette partie scénaristique, le Toman est confronté à l'étrange clan sans leader qu'est le Valhalla, ce qui mènera à une guerre sanglante et dramatique dont Takemichi devra éviter l'issue la plus néfaste. Simple sur le papier, certes, mais le scénario de Ken Wakui sait vite s'enrichir de subtilités pour ne pas que la suite de son histoire ne soit qu'une énième rixe entre gangs.


Il a compris cela en mettant cet arc au service de ses personnages avant tout, et pas forcément celui du héros. Si on est happé par la série, c'est aussi parce qu'il se dégage une forte aura du Tokyo Manji, une noblesse de forte camaraderie, les chefs n'étant pas que des brutes épaisses mais surtout de bons copains aux liens soudés. Une fine équipe qui a connu un passé pas toujours joyeux qui a mené le clan à ce qu'il est aujourd'hui, et c'est par cette amorce que démarre cet arc scénaristique.

Alors, les autres membres fondateurs du groupe nous apparaissent au grand jour tandis que se fixent les enjeux de cette bataille teintée de trahisons. Le passé du clan nous est alors montré, un véritable drame quasi shakespearien qui fractura cette bande de bons potes jusqu'à pousser deux d'entre eux chez l'ennemi. C'est ainsi que nous sont présentés Kazutora et Baji, deux membres fondateurs désormais ennemis de nos héros. A ceci s'ajoute l'entrée en scène véritable du fourbe Tetta Kisaki, introduit comme antagoniste phare de l'histoire, et dont la perfidie est parfaitement incarnée par Shôtarô Morikubo dans la version japonaise. Les pions sont bien en place pour une suite à l'intrigue prometteuse !


Une formule réitérée, et amplifiée

Sur ces bonnes bases scénaristiques, l'arc Bloody Halloween a tout le loisir pour évoluer de la bonne manière, ce parce qu'il cumule les enjeux. Le trame évidente reste celle de Takemichi qui doit ramener Baji du « bon côté », de manière à éviter une drame qui permettrait à Kisaki de prendre le pouvoir. Et en filigrane évidente, c'est le passé du Toman, précisément ses bases, qui sont concernées par cette deuxième moitié de saison. Ainsi, le récit se dote d'une aura presque mélancolique, ce par les rappels incessants à la fondation du clan, époque insouciante où nul ne pensait perdre les siens dans de graves circonstances. Par ces liens au passé forgés et consolidés en permanence, l'intérêt du spectateur se voit décuplée. On souhaite certes que le protagoniste atteigne son objectif, mais aussi que le Tokyo Manji connaisse une issue positive, un salut que Mickey mériterait bien. De ces enjeux, le destin se met en marche via des événements qui nous feront parfois douter de quelques personnages, Kazutora et Baji en tête, surtout ce dernier. Un individu qui pourrait jouer double jeu, là où son acolyte semble avoir purement sombré dans la folie. Il en résulte un casting un poil plus complexe qu'il n'y paraît et toujours développé sous l'angle de l'amitié d'autrefois, une thématique qui marquera cet arc jusqu'à sa conclusion riche en émotion.

On ne dévoilera rien de la finalité de la guerre contre le Valhalla tant les retournements de situation sont forts et méritent d'être découvert d'un œil neuf. Mais on ne peut ne point évoquer la caractère dramatique de cette fin, preuve que Ken Wakui ne cède pas systématiquement à la facilité pour développer son intrigue. Une fin poignante mais pas forcément négative, ce qui constitue la force de cette finalité et la subtilité des actions de Takemichi qui influeront, ou non, le sort du gang.

Ce bon Takemichi a d'ailleurs droit aux honneurs, lui aussi, puisque la guerre contre le Valhalla sera aussi son point d'entrée véritable dans le Toman et l'occasion de faire ses preuves en tant que membre officiel. Pour certain, l'ascension sera un poil rapide, puisque la conclusion de l'arc mène le garçon vers des horizons assez fulgurants. Une volonté qu'on comprend via le dernier épisode de la saison, percutant de tension, dans lequel le doute quant à l'effet des actions du héros est permanent, et sera éclairci par des dernières minutes aboutissant à un cliffhanger assez fort. A partir de là, difficile de penser que de suite il n'y aura pas.


Un bilan technique toujours très pale

Malgré ces atouts scénaristiques, il semble impossible de ne pas évoquer l'aspect technique de cette deuxième partie de saison qui ne profite malheureusement pas du sursaut qualitatif qu'on était en droit d'attendre. Ne prenons pas de détour : La réalisation globale reste aussi sage que pour les douze premiers épisodes. Pas de vraies fulgurances ni de moyens donnés aux équipes pour se lâcher lors de la bataille finale, ce qui fera même un peu rire étant donné que l'animation très sommaire contraste avec les enjeux forts de la guerre contre le Valhalla. L'ensemble demeure bien trop timide pour une série qui a retentit de la sorte. Difficile de définir les raisons de cet échec pour l'instant (Planning désastreux ? Équipes trop restreintes ? Manque de talents confirmés au détriment de novices formés sur le tas?), mais on espère bien que cette réussite de notoriété engendrera une production revue à la hausse. On notera néanmoins la diminution de résumés d'épisodes précédents à rallonge, ce qui est toujours ça de pris.

Finalement, c'est dans sa musique que Tokyo Revengers brille, concernant sa technique. Les compositions de Hiroaki Tsutsumi continuent de porter les diverses ambiances, qu'elles soient héroïques ou tragiques, et donnent à la série une force que la réalisation n'exploite pas. On notera aussi un changement de générique de fin avec la chanson Tokyo Wonder par le groupe Takimushi, une chanson entrainante sur un clip particulièrement stylisé dans sa dimension artistique et ses plans exprimant le charisme des membres du Tokyo Manji. L'ending est réalisé par Koichi Hatsumi, le directeur de l'anime, et exprime davantage le ton de la série que ne le fait l'anime lui-même.


Qu'attendre de la suite ?

Pour l'heure, aucune deuxième saison à l'anime Tokyo Revengers n'a encore été officialisée. Mais le succès de l'adaptation ne semble pas laisser de doute à ce sujet, de même pour la fin très ouverture proposée par le dernier épisode, qui aura de quoi pousser les non lecteurs du manga à l'hystérie.

Alors, si suite il y a, on ne peut qu'espérer une meilleure direction globale, un soin un peu plus important donné à l'adaptation, et des conditions qui permettront aux équipes d'aboutir à un gain qualitatif. Les raisons de la fadeur technique de l'anime peuvent être multiples, et on ne peut que croiser les doigts pour des corrections futures. D'autant plus que les arcs à venir vont pousser au-delà l'intensité du récit, via moult développements, révélations et retournements de situation. La suite du manga de Ken Wakui est forte, et on aimerait que son adaptation lui rende davantage honneur.

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