Pokémon - Ailes du Crépuscule - Actualité anime

Pokémon - Ailes du Crépuscule

Review de l'anime : Pokémon - Ailes du Crépuscule

Publiée le Vendredi, 13 November 2020

En marge de la grande série animée fleuve Pokémon, narrant les aventures de Sacha, il arrive que plusieurs petits projets animés davantage réservés aux fans des opus vidéoludiques pointent le bout de leur nez. Ce fut d'abord le cas avec Pokémon : Les origines en 2013, une série en quatre épisode adaptant les versions rouge, verte et bleue, puis avec Pokémon : Générations en 2016, une série de formats courts narrant des péripéties se situant en marge de l'épopée du joueur dans les jeux canoniques. The Pokémon Company a remis le couvert pour célébrer la sortie des versions Épée et Bouclier, via une mini série portant le titre de Pokémon : Ailes du Crépuscule (ou Hakumei no Tsubasa en langue originale). A travers 7 épisodes mis en ligne ponctuellement sur la chaîne officielle Youtube de la franchise (et 8 au Japon), c'est la région de Galar qui est mise à l'honneur, tant ses habitants que ses champions d’arènes.

La production est assurée par le studio Colorido, décidément adepte des projets à la forme parfois atypique. On lui doit le film Le mystère des pingouins, mais aussi A Whisker Away, ou encore le long métrage Burn The Witch (coupé en une mini série de 3 épisodes en dehors du Japon). A la réalisation, Shingo Yamashita dirige son premier projet. Cet animateur touche à tout (il a notamment animé sur des séries telles que Baccano, Bokurano et Gurren Lagann en plus de signer le storyboard de l'opening de Jujutsu Kaisen) peut donc montrer ce qu'il vaut au poste de réalisateur, et avec une belle licence pour son premier gros travail. Il est épaulé par Sô Kinoshita au scénario et Shin Ogasawara au character-design, tandis que le compositeur Conisch développe les quelques jolies pistes de l’œuvre.


Les déboires des habitants de Galar

Les joueurs des versions Épée et Bouclier connaissent l'épopée du jeune dresseur qui se hissera au rang de maître, en mettant au passage un terme à un terrible complot visant la région. Mais qu'en est-il de ce qui se trame autour ? Quel est le quotidien des habitants de Galar, vibrant face aux matchs de l'acclamé Tarak? Et celui des champions d'arène qui doivent sans cesse se dépasser pour honorer leur titre et les attentes du public ? C'est à ces questions que répond Pokémon : Ailes du Crépuscule, ce court anime qui se situe peu avant la trame des jeux-vidéos de la huitième génération des monstres de poche.

L'élément déclencheur de cette intrigue est John, un enfant hospitalisé qui rêve d'être dresseur, ce qui est impossible dans sa condition actuelle. Alors, c'est pour satisfaire son envie d'évasion qu'il admire Tarak, le maître de Galar, et ses éternels exploits. Sa chambre tout entière est à l'effigie du dresseur, et l'enfant ne rate jamais ses matchs à la télévision, même s'il souhaite énormement pouvoir assister à ses performances en tant que spectateur du stade. Son vœu pourrait bien s'exaucer lorsque Shehroz, le président de la Ligue de Galar, rend visite aux enfants de l'hôpital. John décide de lui préparer minutieusement une lettre, expliquant ses rêves et sa passion pour Tarak, qu'il lui remettra en mains propres. Mais il ne faudra pas qu'il rate le rendez-vous, car Shehroz est un homme occupé, mais pas démuni d'humanité. Suite à cette rencontre, le destin de John pourrait être chamboulé...


Des tranches de vie envoutantes

Loin de vouloir proposer une aventure pleine d'adrénaline, Pokémon : Ailes du crépuscule est une série qui happe par son ambiance et qui revêt bien souvent quelques élans oniriques. L'idée n'est pas de satisfaire la soif d'émotions fortes du spectateurs, mais de lui procurer un sentiment d'évasion qui s'appuie par une dimension phare de toute la licence : L'harmonie entre humains et Pokémon.

Pour cela, la mini série se base sur huit aventures toutes particulières, certaines s'orientant autour des rêves du jeune John épaulé par son ami Tommy, tandis que d'autres narrent simplement les péripéties de personnages que nous avons découvert dans les jeux, tels que Percy, Donna, Faïza et Alistair. Il y a donc une volonté de satisfaire les joueurs de chaque opus, puisqu'on retrouve deux des champions inédits à une version ou l'autre, une initiative louable.

L'intention est intéressante, et son exécution est réussie de bout en bout. A leur diffusion, les épisodes d'Ailes du Crépuscule ont constitué un rendez-vous de quelques minutes propice pour croquer la beauté de Galar à pleines dents, en proposant des évasions aux côtés de personnages qu'on se plait à découvrir plus en détails. Le scénario donne alors une autre vision de la ligue de cette région, en étoffant sa dimension sportive incluant une compétitivité de tous les instants, et un petit côté show-business mêlé à de la presse people. Tant d'optiques intéressantes et qui donnent une vie véritable à l'univers de Galar. Et si ces orientations paraissent étonnamment sérieuses, elles sont toujours traitées dans de grands élans d'optimismes, en présentant les parcours de dresseurs qui se surpassent. Chose étonnante, même les méchants des jeux sont développés sous des prismes différents et jamais négatifs. Ailes du Crépuscule fait une ode à l'humanité, et chercher à ne montrer que le bon de ceux qui peuplent la région, y compris ceux que le joueur à eu l'occasion d'affronter dans des combats qui ont scellé le sort du pays.


Jeune dresseur deviendra grand


Les aventures des personnages que nous connaissons déjà via les jeux constituent une sorte de rupture avec ce qui est promis dans le premier épisode, puisque l'histoire du jeune John constitue un vrai fil rouge qui ouvre le bal, et vient le clore dans les deux derniers épisodes de la série. Sô Kinoshita a écrit ici une histoire touchante, celle d'un enfant hospitalisé dont les ambitions sont certainement trop grandes étant donné sa condition. Sur les sept premiers épisodes, il sera alors question de la manière dont le jeune garçon pourra exaucer au moins l'un de ses rêves. Conformément à l'ambiance très lumineuse de la série, la thématique y est traitée sous un angle positif, pour un rendu chatoyant qui ne laisse jamais vraiment place à la mélancolie. Au contraire, c'est une trame pleine d'espoir qui nous est proposée, le visionnage s'achevant sur un sentiment très réconfortant et sur une ouverture radieuse vers l'avenir. On s'attache alors facilement au jeune John, mais aussi à son ami Tommy qui fera tout pour l'épauler. Et si on peut considérer que l'anime s'adresse en premier lieu aux spectateurs au moins adolescents (nous y reviendrons), l'histoire développée fait totalement écho avec la nouvelle génération de fans qui peuvent s'extasier devant l'univers des monstres de poche, avant d'entamer eux aussi leur grande aventure via les opus sur consoles.


Une réalisation full color

Le studio Colorido a une patte assez marquée, notamment via des jeux de couleurs vifs, donnant une cohérence visuelle certaine entre les différentes œuvres produites. C'est aussi un studio qui met les moyens dans ses projets, dont les formats proposés permet un planning confortable, et par conséquent une qualité technique qui maintient un haut niveau. Chose que nous avons constaté récemment avec Burn The Witch, qui sublime la nouvelle œuvre de Tite Kubo.

Et Ailes du Crépuscule n'est pas en reste. Conformément à l'ambiance positive de la série, on apprécie la direction artistique chaleureuse proposée, via une palette très vive qui pique un peu plus l'atmosphère qui règne en Galar. Ce parti-pris était aussi présent dans les jeux, la région de la huitième génération de la licence étant belle, mais malheureusement pas suffisamment poussée dans les softs, à cause d'une technique terriblement en retard. La mini série rend justice à cette direction, aussi Galar est rendu belle comme elle le mérite.

L'animation n'est pas en reste, notamment parce que les moyens ont été mis avec de nombreux directeurs d'animation, chose étonnante pour un format si court. On salue aussi la présence de Masato Takahashi à la direction de la CGI, celle-ci étant habilement utilisée et intégrée de manière fluide, permettant notamment un dernière épisode très spectaculaire et qui véhicule toute la nervosité des affrontements Dynamax. Artistiquement, Pokémon : Ailes du Crépuscule constitue donc une jolie réussite.


Une distribution au rabais ?


Voilà la point noir de ce court anime : Sa distribution. Si Pokémon : Les Origines et Pokémon : Générations ont bénéficié de versions françaises avec casting parfois 4 étoiles, c'est le minimum syndical qui a été octroyé à Ailes du Crépuscule. D'abord, les épisodes souffrent d'une absence pure de doublage français, ce qui ne permet pas aux plus jeunes enfants de profiter du titre. C'est en ce sens qu'on peut considérer une volonté de destiner la mini série à un audimat un peu plus mature, une faute puisque celle-ci est s'adresse à un large public de par ses différents degrés de lecture. Encore plus grave que cela : La série n'est pas présentée en vostfr à proprement parler, mais en anglais sous-titrée français. Ainsi, les ayants-droits continuent de considérer que la version japonaise n'a pas sa place en occident, que celle-ci pourrait peut-être dérouter les enfants. Un sacré point négatif sachant que le casting original réunit de belles figures comme Aoi Yûki, Takahiro Sakurai, Kei Shindô ou Yuko Sanpei.


Les ailes de l'évasion

Pokémon : Ailes du Crépuscule est une courte série qu'il convient de ne pas bouder. Consciente de ses objectifs succincts, elle n'est rien de plus qu'un petit divertissement chaleureux, adressé au plus grand nombre (sauf aux plus jeunes qui n'ont pas encore appris à lire...) et bénéficiant d'une réalisation aux petits oignons. Alors que les versions Épée et Bouclier ont déçu, l'anime donne une autre vision de Galar, plus intimiste et bucolique, pour un ensemble qui constituera un agréable moment, le temps de 45 minutes environ. Une série sans prétention, mais qui fait un bien fou pour peu que l'on soit attaché à l'univers créé par Satoshi Tajiri. A noter que si l'histoire entamée avec le premier épisode s'achève dans le septième, présenté comme final via la présence de crédit, un 8e épisode a été produit au Japon, se déroulant cette fois-ci après le scénario des jeux afin d'introduire la deuxième partie du pack extension : L'aventure à Couronneige, et le tournoi des champions lancé par Tarak. Alors, peut-être que de futurs épisodes se grefferont à Ailes du Crépuscule, si Game Freak décide de pousser davantage ses versions Épée et Bouclier via du nouveau contenu.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

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MN Actus
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