Jojo's Bizarre Adventure - Golden Wind - Actualité anime

Jojo's Bizarre Adventure - Golden Wind

Review de l'anime : Jojo's Bizarre Adventure - Golden Wind

Publiée le Mardi, 30 July 2019

Grâce à son adaptation animée découpée en différentes séries ainsi que la réédition totale du manga, chez nous, aux éditions Delcourt/Tonkam, la fresque Jojo's Bizarre Adventure du génial Hirohiko Araki a gagné en popularité dans la francophonie. Si nous sommes encore loin des chiffres de vente de blockbusters comme My Hero Academia ou One Piece, cette reconnaissante croissante fait plaisir à voir, et la communauté de fans se montre particulièrement active. Si bien que chaque fin de série animée Jojo sonne comme un vide. Aussi, l'annonce tant attendue de l'adaptation de la partie 5 du manga en anime, au printemps 2018, a suscité l'enthousiasme, si bien que la projection en avant-première du premier épisode à Japan Expo 2018 a fait pas loin de la salle comble.

Jojo's Bizarre Adventure : Golden Wind adapte donc les tomes 47 à 63 du manga original, bien que Tonkam (depuis devenu Delcourt/Tonkam) propose chez nous l'arc sous forme d'une série de 17 tomes. La parution de cette partie de Jojo remonte, puisqu'elle fut prépubliée dans le Shônen Jump entre 1996 et 1999. L'anime sonne presque comme un anniversaire des 20 ans de l'arc, puisqu'il fut diffusé entre le 5 octobre 2018 et le 28 juillet 2019, chez nous sur Crunchyroll et ADN, comme à l'accoutumée. Comme pour Diamond is Unbreakable, Golden Wind comporte 39 épisodes, sauf que la série n'a pas eu le droit à des OVA, contrairement à la partie précédente et ses épisodes spéciaux sur Rohan Kishibe, issus du spin-off manga dédié au personnage.



En 2001, Kôichi Hirose est envoyé par Jotaro à Neapolis, en Italie, pour enquêter sur un certain Haruno Shiobana. Dès son arrivée, il se fait dépouiller par un local, Giorno Giovanna, ce dernier étant aussi un manieur de Stand et s'avère être le fils de Dio Brando. Giorno vit de petits larcins et rêve de devenir « Gangstar », autrement dit un mafieux protégeant les plus opprimés. Pour accomplir son objectif, il intègre le gang Passione et rejoint les rangs de Bruno Buccellati, chef de troupe qui, tout comme Giorno, hait l'injustice et souhaite gravir les échelons pour redonner à la Passione ses lettres de noblesse.



Le renouveau de Golden Wind

Chaque partie de Jojo présente ses propres spécificités, son cadre unique et sa tonalité particulière, ce qui fait d'ailleur le charme de la saga. Ainsi, après les vampires d'Angleterre, le road-trip en Égypte et le thriller intimiste de Morio, place à l'ambiance film noir dans un univers mafieux, le tout revisité par l’œuvre de Hirohiko Araki. Encore une fois, le changement de décor et de casting amène une aura nouvelle au sein de Jojo, sachant que la série cherche souvent à se démarquer des acquis de la série. Si on retrouvait de forts liens avec les débuts de la série dans Stardust Crusaders et Diamond is Unbreakable, Golden Wind présente de plus maigres rapports, si bien que le fait que Giorno soit le fils de Dio ne change pas grand chose, mis à part un parallèle d'écriture intéressant entre les deux personnages.
Golden Wind vit par lui-même et pour lui-même, ce qui permet notamment à la série d'appuyer très fortement ses équipes de personnages à travers les péripéties du gang Buccellati, durant 39 épisodes. Pas de dépaysement du côté de la formule puisque l'intrigue, assez linéaire, conte une succession d'affrontements de Stand tout en tissant progressivement la menace de l'antagoniste principal, le tout appuyé par quelques rebondissements.



Les personnages portés par le vent doré

Ce développement de personnages est même le cœur de la série, bien plus que la trame de fond en elle-même. Les amateurs de l'univers apprécieront des développements autour de certains concepts, comme l'Arc et la Flèche qui étaient un peu sortis de nulle part dans la série précédente, ainsi que quelques petits retours de personnages, mais c'est par l'alchimie entre l'équipe centrale et la manière dont est présenté le parcours de chacun que Golden Wind fascine. Et justement, l'anime sublime cette ambiance, en appuyant parfois davantage les développements de chacun et les interactions, l'animation devenant alors un outil ultra efficace pour rendre le gang Buccellati particulièrement vivant. Chaque membre de l'équipe a sa personnalité et son histoire, parfois même plus que dans les parties précédentes de Jojo. Mais, surtout, chacun à un destin à accomplir... ou dont il doit au contraire s'émanciper. La thématique est particulièrement forte au sein de Golden Wind, amenant même un total contrepied sur les deux épisodes finaux : Là où chacun s'attend à un affrontement épique contre l'antagoniste, Araki a choisi, dans son manga d'origine, de porter sa thématique au sommet pour donner du sens au parcours de ses personnages, plutôt que satisfaire les amateurs de confrontation grandiose, comme ce fut le cas dans le combat opposant Jotaro à Dio. C'est audacieux et ça a du sens, sachant que la confrontation finale apporte tout de même son lot de grands moments et d'intenses rebondissements.

Qu'on aime ou non cette fin, cela n'a finalement pas grande importance par rapport à l'aventure vécue, un chemin chargé en émotion. Car avec Araki, il faut souvent s'attendre à devoir dire adieu à des personnages en cours de route, et les adieux avec certains membres du casting de Golden Wind seront parfois particulièrement rudes...



Du Jojo toujours qui met les neurones à contribution

Évidemment, le tout s'articule toujours sur une succession d'affrontements en Stand, ces entités psychiques attachées à leurs manieurs et dotés de pouvoirs toujours plus inventifs. Dans le manga, c'est dans cette cinquième partie qu'Araki osait des pouvoirs toujours plus alambiqués. Les mettre en image ne fut d'ailleurs pas une mince affaire, aussi les équipes du studio David Production ont accompli un grand travail pour rendre le tout lisible. Car pour saisir le déroulement d'un combat, les retournements scénaristiques, voire même parfois les Stand en eux-mêmes, il ne faudra pas faire office de spectateur passif, Golden Wind reconquérant notre implication à bien des moments.

L'un des exemples forts est l'antagoniste de la partie dont le pouvoir se révèle comme l'un des plus complexes de la saga, peut-être même encore à l'heure actuelle. Même cas de figure pour Giorno dont le pouvoir sonne parfois comme un couteau multifonction, mais qui en dit long sur la nature du héros. Reste que cette complexité participe aussi au charme de la série : certains auront besoin de revenir sur certains passages pour saisir l'action, tandis que l'adaptation animée parvient à rendre particulièrement intense et éprouvante certaines séquences précises qui s'articule pourtant sur des enchainements de pouvoirs complexes.



Une technique toujours à reste à saluer

Animer Jojo's Bizarre Adventure n'est jamais une mince affaire, mais David Production continue d'accomplir un excellent travail. Golden Wind, à l'instar des parties précédentes, ne jouit pas forcément d'une animation léchée, mais n'en n'a pas spécialement besoin. L'efficacité de l'anime réside encore et toujours dans sa mise en scène, son esthétique pleine de relief et ses jeux de couleur permanents qui retranscrivent les différentes tonalités véhiculées au sein des épisodes. L'image se fera classique la plupart du temps, mais la palette graphique se verra souvent modifiée lors des instants d'intensité et de drame. A ceci s'ajoute toute l'imagerie avec laquelle jouent Yasuhiro Kimura et Hideya Takahashi dans leur réalisation, ce qui imprègne même les openings ! Si les choix d'image peuvent surprendre au début, ils prennent tout leur sens une fois l'intrigue menée à terme, sans oublier ces fameux moments où les génériques seront totalement détournés pour représenter le danger de l'antagoniste final.

Côté musiques, la piste composée par Yûgo Kanno demeure efficace. Golden Wind étant un arc très dramatique (surtout comparé à Diamond is Unbreakable qui était teinté de nombreux moments légers), c'est une bande originale plus orchestrale et grandiose qui nous est proposée, garnie de thèmes de personnages survoltés et épiques. Ce n'est peut-être pas ce qu'on pouvait imaginer pour cette cinquième partie de Jojo, mais ça fonctionne particulièrement bien.



Vers la prochaine étape ?


A la fin de chaque partie de Jojo, une question se pose : A quand la suite ? Il est encore tôt pour savoir si Stone Ocean, la sixième partie du manga et sans doutes l'une des plus importantes, sera adaptée en anime. Si tel est le cas, il faudra attendre au moins 2020, si ce n'est 2021, pour avoir des nouvelles.

En attendant, les versions animées des 5 premières parties de Jojo's Bizarre Adventure sont désormais disponible, ce qui était inespéré avant 2012, année d'annonce de la grande adaptation. Il y a donc de quoi faire en attendant, surtout que les 5 parties sont disponibles légalement chez nous. On regrettera cependant quelques restrictions imposées à la version occidentale depuis Golden Wind, à savoir les adaptations des noms de Stand, sans doute pour des questions de droits. Gold Experience devient grossièrement Golden Wind, apportant parfois un décalage entre les propos des personnages et les sous-titres. Rien de trop grave en soi pour la compréhension globale, mais ça fait grincer des dents.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
MN Actus
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