Inuyashiki - Last Hero - Actualité anime

Inuyashiki - Last Hero

Review de l'anime : Inuyashiki - Last Hero

Publiée le Mardi, 02 January 2018

Surtout connu pour sa saga Gantz, Hiroya Oku a fait parler de lui ses derniers temps avec sa dernière série achevée en date, Last Hero Inuyashiki. Terminée en 10 tomes au Japon puis prochainement en France, il n'y a rien de surprenant à ce que le titre ait fait l'objet d'une adaptation animée. C'est le studio MAPPA, à qui nous devons notamment les anime Kids on the Slope et Yuri !!! On Ice qui s'est chargé de l'exercice, pour un résultat surprenant dans la forme puisque l'anime Inuyashiki s'est démarqué par une très grande utilisation de CGI, en plus de tenir le pari d'adapter dix tomes en seulement onze épisodes.





L'histoire nous mène aux côtés d'Ichiro Inuyashiki, un homme de 58 ans à qui on en donnerait quinze de plus. Invisible au boulot comme aux yeux de sa famille qui ne lui prêtent aucune considération, y compris lorsqu'il organise le déménagement dans une demeure plus grande, Inuyashiki n'a droit qu'à l'affection de sa chienne, Hanako. Cerise sur le gâteau : on lui diagnostique un cancer en phase terminale. Au boulot du rouleau, Ichiro Inuyashiki part pleurer son chagrin sur la colline d'un parc, c'est alors que l'impensable se produit. Une météorite tombe sur l'homme désespéré et un adolescent qui se trouvait sur place. Cette météorite, d'origine alien, décide de repartir sans laisser de trace en redonnant vie aux deux individus sous forme de robots dotés de facultés extraordinaires. Ichiro Inuyashiki revit, et il apprendra à utiliser ses pouvoirs à bon escient. Mais il n'en est pas de même pour l'autre garçon, Hiro, dont les actes seront bien différents...





Last Hero Inuyashiki (ou Inuyashiki Last Hero, selon les versions) est un manga peu évident à adapter en anime pour une raison graphique. Hiroya Oku a un très très dense et sur-détaillés. Le mangaka semble utiliser énormément de photographies dans son œuvre, tant pour dépeindre des environnements bluffants de détails ou créer des personnages particulièrement expressifs. Le tout en décortiquant sa mise en scène, si bien que certains tomes s’apparentent à un réel story-board, tout en conservant un parti-pris graphique qui cherche à procurer du spectaculaire à son lecteur.



Ainsi, faire une adaptation animée fidèle, esthétiquement parlant surtout, n'avait rien de très simple, et le studio MAPPA a dû avoir recours à quelques compromis pour reproduire la sensation de l'oeuvre papier. Deux manières à cela : créer une photographie assez léchée en ce qui concerne les environnements, majoritairement urbains, et jouer la carte de la 3D CGI lors des phases « robotiques », où les deux protagonistes utilisent leurs pouvoirs pour voler et se mouvoir. Un pari assez risqué puisque l'image des séquences CGI contraste avec celle en animation classique, ne serait-ce dans le rendu d'une simple capture d'écran. Et ce sera peut-être le principal reproche à faire à la série, cette dualité qui ne passe pas forcément bien et qui déroutera peut-être les moins habitués du procédé, pourtant de plus en plus répandu dans l'animation japonaise (citons l'anime Ajin ou la dernière série Berserk en date). C'est un cap à passer, sachant qu'on finit pas s'habituer à ce style et que dans un visionnage des onze épisodes d'affilé, le choc passe après quelques épisodes, au point qu'on ne le soulève plus tellement sur la phase finale de la série.




Du côté de l'histoire, l'intrigue écrite par Hiroya Oku reste intacte, et l'anime ne fait jamais l'impasse sur le scénario du manga. L'avantage de la narration de l'auteur c'est que certains passages qui peuvent prendre plus d'un tome dans le manga peuvent être adaptés sans difficulté en un seul épisode de l'anime, parfois moins. Ainsi, sauf peut-être à la toute fin, le scénariste Hiroshi Seko et le réalisateur Shuhei Yabuta n'ont pas dû procéder à des coupes drastiques du scénario, histoire de laisser telle quelle une intrigue qui, bien que simple sur le papier, fourmille de petites idées et délivre un message aussi classique que touchant.




Dans les grandes lignes, Inuyashiki Last Hero nous propose de suivre les destins croisés d'Ichiro Inuyashiki et Hiro, deux individus transformés en robots dotés de pouvoirs suite à la chute d'une comète d'origine extra-terrestre. Dès lors, le récit traite du manichéisme sous sa forme la plus simple. D'un côté, on suivra l'évolution d'Inuyashiki et la manière dont il utilisera ses pouvoirs pour faire le bien, d'autres moments s'intéressant plus à Hiro et sa manière de commettre le mal. Dans une telle histoire, on conçoit naturellement plus les agissements d'Ichiro Inuyashiki, la notion de « bien » étant la plus ancrée collectivement. L'intérêt du scénario, vers son milieu, vient alors du développement de Hiro, les raisons de ses massacres et comment il pourrait trouver un chemin vers la rédemption. A travers l'archétype de l'adolescent égaré, le récit plante un personnage finalement crédible, loin du stéréotype du vilain de récit de superhéros, doté d'une certaine aura. On aura beau haïr Hiro et souhaiter sa mort, les pouvoirs du personnage et son air imperturbable sont tels qu'il s'impose presque en dieu durant la série. Un parallèle intéressant est alors fait entre la réaction du potentiel spectateur, similaire à celles des habitants tokyoïtes, cas que Hiro se fera une joie de traiter à un moment de l'intrigue. Le message est alors assez basique, le récit condamnant la violence par des séquences particulièrement choquantes, et délivrant un message émouvant par l'évolution et le ressenti d'Inuyashiki et de ceux en qui il viendra en aide. Rien de révolutionnaire, c'est certain, mais le tout aboutit à un divertissement efficace et une courte série qui se laisse regarder sans déplaisir. L'autre atout viendra alors de sa dimension spectaculaire, ses phases d'action plutôt réussies pour peu qu'on ne soit pas rebuté par le parti-pris esthétique, et des moments de violences que les amateurs pourront apprécier bien que d'autres pourraient être rebutés, bien que le tout serve un message, aussi simpliste soit-il.






Ceux qui n'ont pas lu le manga trouveront ainsi une adaptation fidèle, mais qui garde ses faiblesses. Ou plutôt, ce sera de l'appréciation de chacun puisque les principales différences viennent du style. Aussi les plus réticents au style réaliste, parfois même photographique, de Hiroya Oku apprécieront sûrement davantage le style de l'anime, assez propre même s'il manque un peu d'identité. Reste que les sensations procurées par l’œuvre d'origine, en termes de spectacle et de choc en ce qui concerne les moments violents, sont beaucoup plus moindres dans l'anime. Les deux derniers épisodes sont un excellent exemple, le grand combat final étant beaucoup plus rapide sur l'écran et l'absence d'une mise en scène décortiquée et presque figée enlève un peu le grandiose de cette scène de la fin. Pour tenir en onze épisodes, on sent qu'une certaine compression a eu lieu à deux épisodes de la conclusion. D'ailleurs, la fin a lieu dans les toutes dernières secondes, et la série ne laisse pas beaucoup de place à un épilogue construit. Un mal pour certains, mais une idée cohérente puisque la conclusion se suffit à elle-même et dénote une certaine beauté, celle de l'humanité qu'Ichiro Inuyashiki cherche à véhiculer tout le long de la série.




Vient un dernier problème : la disponibilité de la série en France. A l'heure où Crunchyroll, Wakanim et ADN se partagent le plus gros du marché du simulcast, un autre acteur un peu à part s'est inscrit dans le lot et s'est fait une toute petite place : Amazon Prime. Service payant de quarante-neuf euro par an, a avant tout vocation à garantir des offres commerciales et facilités de livraison, le service vidéo étant plus optionnel. Il est donc dommage qu'aucun autre acteur n'ait pu se placer sur la série, qui reste alors réservée à un assez petit nombre de passionnés dans l'hexagone. Un frein qui empêchera beaucoup de monde de tenter la série, malheureusement.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
MN Actus
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