Rencontre avec Hisashi Eguchi (Stop!! Hibari-kun!)- Actus manga
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Manga Rencontre avec Hisashi Eguchi (Stop!! Hibari-kun!)


Dimanche, 23 Febuary 2020 à 18h00 - Source :Rubrique Interviews

Plus de 40 ans de carrière, de beaux succès à ses débuts dans le domaine du manga dans le Shônen Jump, une carrière d'illustrateur tout aussi glorieuse l'ayant érigé parmi les « rois de la pop » et l'installant selon certains médias comme l'un des artistes japonais dessinant les plus jolies filles... et pourtant, Hisashi Eguchi est un artiste restant humble, accessible et très sympathique. Ayant un beau recul sur sa carrière, il a accepté avec le sourire de répondre à nos questions, au fil d'une interview menée lors de sa venue au FIBD d'Angoulême. Nous y sommes surtout revenus sur ses années en tant que mangaka pour le Shônen Jump, et en particulier sur le grand succès de son manga-phare Stop!! Hibari-kun!, que l'on peut actuellement découvrir en France chez Le Lézard Noir.


On sait que vous avez fait vos débuts en 1977 en remportant le premier prix du Young Jump de Shûeisha avec l'histoire courte Osorubeki Kodomotachi, à l'âge de 21 ans. Or, vous n'aviez pas suivi de formation particulière au préalable. De ce fait, qu'est-ce qui vous a initialement attiré vers le monde du manga, et comment avez-vous appris à dessiner ? Y a-t-il eu des influences de mangakas ou d'autres artistes pour ça ?

Hisashi Eguchi : Tout simplement, quand j'étais petit, j'appréciais de reproduire les mangas et planches que j'aimais, surtout celles d'Osamu Tezuka, et de Tetsuya Chiba sur Ashita no Joe entre autres.



Osorubeki Kodomotachi était une histoire dramatique et sérieuse bien différente de la voie comique que vous avez tout de suite prises après, dès 1977 avec votre première série longue pour le Shônen Jump, Susume!! Pirates. Pourquoi ce choix initial de faire dans le sérieux ? Et qu'est-ce qui, ensuite, vous a amené vers des récits plus comiques ?

Il y avait plusieurs prix qui s'adressaient aux jeunes talents. Le prix Akatsuka récompense des œuvres qui sont plutôt dans le registre de la comédie, du gag-manga. Il y a aussi le prix Tezuka bien sûr, ainsi que le prix Young Jump.

Ce prix Young Jump existait déjà avant que le magazine Young Jump lui-même ne soit fondé. Il y avait un appel à candidatures tous les mois, et une des conditions pour y répondre était de produire une histoire de 31 pages. Moi, à l'origine je voulais faire une histoire dans le registre du gag-manga mais je ne me sentais pas capable de produire 31 pages de gags, ça me semblait vraiment très compliqué à tenir sur cette longueur-là car je n'avais pas d'expérience au préalable.

Je me suis donc orienté vers le prix Young Jump, et au moment de mettre le pied à l'étrier je me suis rappelé d'un film que j'avais vu quelque temps avant : Un après-midi de chien, une histoire de braquage avec Al Pacino. Cette histoire de braquage et le fait d'adopter un ton sérieux, ce n'était pas des choses qui me tenaient à cœur à l'origine, mais elles m'ont surtout permis, un peu par défaut, de faire mes premières armes.


Susume!! Pirates a été un franc succès dans le Jump, puis, après cette série et juste avant Stop!! Hibari-kun!, vous avez dessiné Hinomaru Gekijou, une comédie qui s'est arrêtée après seulement 2 tomes, chose qui est rarement bon signe pour une série du Shônen Jump... Quel souvenir gardez-vous de cette courte expérience-là ?

Comme vous l'avez dit, Susume!! Pirates a été un grand succès, mais c'était une série que dès le départ j'avais prévu de ne poursuivre qu'environ 3 ans. J'avais prévu de faire environ 11 tomes, et tout s'est bien passé. Mais finalement, c'est plus difficile de s'inscrire dans la durée, et le plus dur est sûrement de parvenir à rebondir avec sa deuxième série pour maintenir le succès.

Comme Susume!! Pirates avait bien marché, mes responsables éditoriaux voulaient que ma série suivante se classe au moins à la 5e place du classement des votes de popularité des lecteurs, ce classement si typique du Shônen Jump. Hinomaru Gekijou stagnait plutôt vers la 10e place, c'était donc un résultat qui n'était pas très bon. J'aurais pu essayer de faire un peu plus d'efforts, de continuer à travailler cette série, mais j'ai tout simplement baissé les bras, les votes m'ont un peu découragé. Et moins de 6 mois plus tard, j'ai commencé Stop!! Hibari-kun!.

En fait, jusqu'à Susume!! Pirates, ce qui m'intéressait avant tout c'était de faire rire les gens, de travailler les gags et pas tellement le dessin. Mais à partir de Hinomaru Gekijou, petit à petit j'ai commencé à réfléchir de plus en plus au dessin, à m'intéresser de plus en plus à cet aspect-là du travail, car je venais de découvrir des artistes à l'empreinte visuelle très forte, qui m'ont vraiment très marqué et qui étaient alors révolutionnaires : Katsuhiro Otomo et Moebius. En réfléchissant alors mieux à la part visuelle, j'ai trouvé une formule qui a commencé à fonctionner à partir de Stop!!Hibari-kun!: du gag, mais avec un dessin plus élaboré.

  

Puis, à partir de 1981, est donc arrivé Stop!! Hibari-kun!, que vous avez dessiné jusqu'à fin 1983-début 1984. Comment a germé en vous l'idée de cette œuvre ? Quelles ont été les grandes étapes de son processus de création ? Qu'est-ce qui nous est venu en premier ?

Tout d'abord, c'était une époque où le genre de la comédie romantique connaissait un essor vraiment très important, et moi je pense que mon rôle, en tant qu'auteur de mangas comiques, était de m'inscrire à contre-pied de cette tendance. D'ailleurs, pour ce genre de récit humoristique, à mon avis il faut toujours tâcher de prendre à contre-courant les genres populaires. Il s'agissait donc pour moi de dessiner, en quelque sorte, une « anti comédie romantique », et le point de départ était tout simplement : et si la fille dont le héros est amoureux était en réalité un garçon, qu'est-ce qui se passerait ? Ce qui m'intéressait, c'était de tourmenter à la fois le personnage principal et le lecteur.


A l'époque dans le Shônen Jump, il y avait déjà quelques autres comédies loufoques de ce type, surtout Kimengumi de Motoei Shinzawa ou Dr Slump d'Akira Toriyama. A l'époque, quelle était la relation entre votre série et celles de Shinzawa ou de Toriyama ? Rivalité ? Camaraderie ? Emulation ? Influences mutuelles ?

Je pense que Motoei Shinzawa est plutôt l'un de mes successeurs, dans le sens où il a commencé sa carrière un peu après moi. Kimengumi a commencé avant Stop!! Hibari-kun, mais il semble que la série a été influencée par Susume!! Pirates.

Je n'ai pas eu d'échanges particuliers avec M. Shinzawa, tout comme avec Akira Toriyama. Je me contentais de les croiser lors de réceptions organisées par Shûeisha.

Je vous avoue que Motoei Shinzawa n'était pas un auteur dont je remarquais particulièrement le travail, alors que dans le cas d'Akira Toriyama, même si à titre personnel je ne considérais pas les gags de Dr Slump comme particulièrement marquants ou intéressants, en revanche je trouvais son dessin vraiment unique. C'était une patte qui n'existait pas jusqu'alors, il y avait un côté très mignon mais aussi très travaillé, vraiment parfait et remarquable dans son genre. En plus, il se trouve que M. Toriyama et moi avons le même âge.

Le système de classements/votes des lecteurs instauré par le Shônen Jump est vraiment quelque chose d'impitoyable. Pendant très très longtemps Dr. Slump était en tête de ce classement, et moi je rêvais de le détrôner un jour. Quand j'y suis parvenu avec Stop!! Hibari-kun!, j'étais vraiment aux anges! (rires)



Au fil de Stop!! Hibari-kun ! on sent déjà dans votre dessin une évolution dont vous avez brièvement parlé précédemment, où le côté caricatural/loufoque laisse souvent place à un style déjà plus pop, surtout pour le design de Hibari. Comment s'est opérée cette mutation ?

Comme je le disais, jusqu'à Susume!! Pirates je ne m'intéressais pas vraiment à l'aspect dessin de mon travail, mais il est venu un moment où j'étais vraiment fasciné par le travail d'Otomo, de Moebius, et également d'autres artistes qui, eux, étaient vraiment des illustrateurs et pas des auteurs de manga. Ca a vraiment été un choix conscient, une démarche assumée, de tout simplement étudier en me confrontant au travail de différents artistes, et de l'assimiler voire me l'approprier. A chaque fois que je dessinais une illustration d'ouverture de chapitre de Stop!! Hibari-kun!, c'était alors l'occasion d'expérimenter, de tâtonner.

Ce qu'il faut également bien comprendre, c'est qu'au Japon il y avait une séparation très nette entre le style de dessin des gag-mangas et les mangas plus sérieux. Le registre du manga humoristique avait des auteurs phares comme Akatsuka Fujio ou Tanioka Yasuji, ce sont des artistes qui avaient alors fortement imposé leur style, si bien que tous les gens qui faisaient du gag-manga se sentaient un peu obligés de les imiter. C'était un style visuel totalement différent de ce que l'on appelle le story-manga, le manga avec des histoires plus travaillées, peut-être plus sérieux.

Et moi, mon envie, c'était finalement de faire un manga comique dont le dessin surclasse tout, en dépassant les frontières entre ces deux grands registres.


Le personnage central, le travesti Hibari, garçon s'habillant en fille, fut, à l'époque de la publication du manga, un personnage féminin extrêmement apprécié des lectrices japonaises, quand bien même la série fut publiée dans un magazine pour garçons. A votre avis, pourquoi le personnage de Hibari a séduit tant de monde ?

En fait, j'ai toujours eu n certain nombre de lectrices, de fans féminins, de jeunes filles s'intéressant à mon travail, et cela depuis l'époque de Susume!! Pirates qui, par certains égards, s'apparente presque à un shôjo.

Je pense que ce qui plaît tant à mes lectrices dans le personnage de Hibari, c'est sa manière d'assumer complètement qui il est, sans toucher à la question de l'identité de genre, c'est quelqu'un qui vit toujours de manière libre, qui est toujours joyeux, qui fait tout simplement ce qui lui plaît.

Je pense que c'est une histoire que je n'aurais pas pu raconter dans un genre autre que le shônen. Si j'avais dû en faire un seinen, ça aurait été tout de suite beaucoup plus sérieux, tandis que là on reste dans la légèreté, on n'approfondit pas vraiment le thème de l'identité. Hibari reste un personnage très charismatique, finalement.



D'ailleurs, à l'époque, comment l'idée d'un garçon se travestissant en une fille bourrée de charme a-t-elle été initialement accueillie par vos responsables éditoriaux ?

Quand j'ai pitché un peu la série, mon responsable éditorial, qui était quelqu'un de très jeune, m'a dit qu'il trouvait ça intéressant, mais il restait prudent, était un peu circonspect, pensait qu'il avait besoin de l'autorisation du rédacteur en chef. On a alors ensuite attendu un commentaire... qui n'est pas venu. Personne ne m'a fait de réflexion, et dès ses débuts dans le magazine la série a été très bien accueillie par les lecteurs et lectrices donc ça n'a pas posé de problème.


Comme vous le disiez juste avant, à l'époque, il y avait beaucoup moins de débats qu'aujourd'hui autour de choses pouvant toucher Hibari comme l'identité sexuelle, le besoin de se sentir soi-même … En dessinant Stop!! Hibari-kun!, de votre côté, réfléchissiez-vous là-dessus ? Ou vous contentiez-vous de penser à ce qui en ferait une bonne comédie ?

Je ne me posais pas vraiment ces questions-là, mais je me disais que finalement, si quelqu'un était comme Hibari en étant né dans un corps de garçon mais en se sentant plus femme, il aurait tout à fait le droit de vivre tel qu'il veut être. La société, les gens, l'entourage n'ont pas tellement leur mot à dire. J'étais plutôt pour que les gens puissent assumer leur différence.

A l'époque, les gens se cachaient beaucoup, et je me disais que ce serait bien qu'ils puissent exprimer leur différence, l'afficher en public. C'est pour ça que j'ai dessiné Hibari comme quelqu'un de toujours libre, indépendant, finalement fier de ce qu'il est. Si je l'avais voulu, j'aurais tout à fait pu dessiner aussi les tourments pouvant peut-être le traverser, mais j'ai vraiment pris le parti de ne pas montrer cet aspect du personnage.



Stop!! Hibari-kun! a connu de mai 1983 à janvier 1984 une adaptation animée de 35 épisodes à succès. Avez-vous eu un rôle dessus, ou avez-vous laissé l'équipe totalement libre ?

Pour tout vous dire, je ne me suis absolument pas impliqué dans cette adaptation, parce que pour moi il faut vraiment s'investir dans un travail d'adaptation pour en être pleinement satisfait, chose pour laquelle je n'avais pas le temps. Personnellement, il ne me reste donc que de l'insatisfaction vis-à-vis de cet animé, que je considère finalement comme quelque chose d'autre. J'ai choisi consciemment de ne pas du tout travailler dessus, car je savais que je je n'aurais pas le temps de dire ce qui me plaisait ou non, de donner des conseils ou directives, de proposer que telle chose soit adapté de telle manière...

Pour vous dire : un jour je suis allé au studio d'enregistrement pour écouter la manière dont les comédiens de doublage avait travaillé, et pour moi en comédie le plus important est le timing, et de laisser parfois ou pas du temps entre les répliques. Or, je trouvais que ce point précis n'allait pas du tout, et c'est là que j'ai compris que si je voulais faire les choses de manière vraiment satisfaisante, il aurait fallu que je m'investisse de manière très importante, et je n'avais pas ce temps-là.

L'adaptation animée de Stop!! Hibari-kun! est donc quelque chose que je me suis efforcé de ne pas du tout regarder. Même aujourd'hui, je ne peux pas regarder cette série.


Généralement, les comédies comme Stop!! Hibari-kun!, ça dure un bon moment, que ce soit dans le Jump avec Kimengumi par exemple, ou dans certains autres magazines. Pourtant, votre série s'est contentée de 4 tomes malgré sa forte popularité. Pourquoi ?

Tout simplement, je pense que je me suis trop focalisé sur l'aspect du dessin.

J'avais des exigences trop élevées qui m'empêchaient de déléguer le travail à des assistants. Quand on travaille avec des assistants, ça demande aussi une certaine qualité humaine, un certain talent, car on ne peut pas juste rassembler des gens et espérer qu'ils travaillent. Il faut leur laisser la possibilité de se tromper, puis prendre le temps de les corriger, en quelque sorte les former. Ca demande des qualités que moi je n'ai pas, donc je travaillais toujours quasiment tout seul.

Et au bout d'un moment, comme mes exigences en dessin étaient élevées, je n'arrivais tout simplement plus à tenir le rythme hebdomadaire. J'étais censé produire 13 pages par semaine, et il me fallait plutôt dix jours pour les faire.

A l'époque, le rédacteur en chef était quelqu'un qui ne supportait pas les pauses de séries en cours de route, ce qui aurait pu me permettre de mieux travailler à un rythme un peu moins soutenu que l'hebdomadaire. Au début, plusieurs responsables éditoriaux sont allés le voir pour le calmer un peu, en lui disant par exemple que quand je m'y remettrais la série connaîtrait toujours beaucoup de succès. Mais un jour il a craqué, il en a eu marre, et la série a été annulée.



Globalement, quel souvenir gardez-vous de l'esprit du Shônen Jump tel qu'il était dans les années 80 ?

Finalement, je ne suis resté que six ans dans ce magazine. Aujourd'hui, avec le recul, je trouve ça à la fois court et très long, dans la mesure où tenir le rythme était un calvaire, entre autres.

Je pense que ce n'était pas là qu'était ma place. En fait, même dès mes débuts, je ne me suis jamais senti à ma place dans ce magazine. Si j'avais voulu coller à « l'esprit Shônen Jump » (l'amitié, l'effort, la victoire), ça aurait certes été plus facile, j'aurais pu dessiner un manga de bagarre ou quelque chose s'adressant un peu plus directement aux garçons, mais moi ça ne m'intéressait pas trop.

Et même si j'ai eu la chance de travailler avec des responsables éditoriaux qui étaient très impliqués et passionnés par leur métier, avec qui j'avais des relations plutôt bonnes, au bout d'un moment mes retards successifs ne pouvaient que mettre fin à mon parcours chez eux. Ils avaient conscience que je fournissais du travail de qualité, mais je reste un humain avant tout, et au niveau de la quantité et du rythme de travail j'étais incapable de suivre. C'est pour ça que, au moins de ce point de vue-là, je ne me sentais pas chez moi en étant publié dans les pages du Shônen Jump.


Interview réalisée par Koiwai et Takato. Un grand merci à Hisashi Eguchi, à Aurélien Estager pour la qualité de sa traduction, aux éditions Le Lézard Noir pour la mise en place de cette rencontre, et à l'équipe du FIBD pour leur accueil.
  





Comments

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Hikari a donc été annulé... la serie a t elle une fin ? Car je voulais la commence6. Merci

segseg

De segseg, le 25 Febuary 2020 à 02h48

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Merci pour cette interview intéressante d'un artiste atypique et franc (ayant eu la chance de le rencontrer en dédicace). Il ne garde pas un bon souvenir du Jump on dirait ;) Et je crois que le milieu du mange ne l'intéresse plus trop...

@blade82 : j'ai posé la question, ça n'a pas l'air prévu malheureusement. Eguchi lui-même n'est pas chaud, il pense que le public français ne pourrait pas comprendre l'humour trop référencé de cette série (qui visiblement parodie beaucoup les mangas ou personnalités de l'époque)..

@Manga news : ça serait pas mal d'ajouter les oeuvres en VO de l'artiste à la base de données :)

bakagoku

De bakagoku [2389], le 24 Febuary 2020 à 22h39

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est ce que Lézard Noir pourrait aussi publier Susume Pirates 

blade82

De blade82, le 24 Febuary 2020 à 20h02

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Tiens, ça rejoins ce que Hiroki Goto affirmai dans son ouvrage Jump, L'âge d'or du manga : Eguchi avait en effet du mal à rendre ses planches à temps ! ^^

Eterna

De Eterna [77], le 24 Febuary 2020 à 01h34

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Merci à vous deux (Koiwai et Takato) d'avoir fait un interview de cet auteur. 

wARRiba

De wARRiba [628], le 24 Febuary 2020 à 00h00

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