Retour sur la conférence Bungô Stray Dogs à Japan Expo- Actus manga
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Dvd Retour sur la conférence Bungô Stray Dogs à Japan Expo


Mercredi, 05 September 2018 à 18h00

Alors que la série Bungô Stray Dogs se poursuit au Japon, l’anime s’est arrêté en 2016. Après deux années d’attente, en 2018 et en avant-première à la Japan Expo, les fans ont pu retrouver avec plaisir les personnages emblématiques de la série dans le film Bungo Stray Dogs Dead Apple.
  
Pour l’occasion, Mari Suzuki, la productrice et Nobuhiro Arai, le chara-designer sont venus en France, à la rencontre de leur public, notamment lors d’une conférence animée par Olivier Fallaix de Crunchyroll.


Alors on va déjà dire un petit mot sur chacun d’entre vous. On va d’abord commencer avec vous Mari Suzuki, alors vous êtes productrice, vous avez produit l’anime, la série TV et vous avez produit le film de Bungo Stray Dogs. Et je voulais déjà savoir comment vous êtes entrée au studio Bones où vous officiez puisque c’est dans ce studio qu’a été produit la série et le film ?

Mari Suzuki : Je suis au studio Bones depuis plus de 10 ans. Je travaillais déjà dans un autre studio d’animation avant et j’ai vu l’anime Eureka Seven qui m’a donné envie d’entrer dans ce studio et c’est pour ça que j’y suis entrée.


Mais depuis toute jeune vous aviez déjà envie de travailler dans l’animation ?

Mari Suzuki : Je regarde les animes depuis que je suis toute petite principalement ceux à base de robots et autres mechas et je voulais ainsi en faire mon travail, créer des histoires qui puissent intéressés les gens et c’est pour ça que je suis rentré dans le monde de l’animation.
  
  

C’est rare de voir une femme qui regarde des séries de robots et de mechas.

Mari Suzuki : J’ai toujours beaucoup aimé les animes à base de mechas et principalement les gundam.


Alors Bungo Stray Dogs a été votre première série en tant que productrice, est-ce que vous pouvez nous expliquer brièvement en quoi consiste votre travail sur la série et dans le studio ?

Mari Suzuki : Alors le rôle du producteur en règle générale c’est principalement de faire la planification, de vérifier que on respecte bien tous les délais et aussi de créer une équipe qui va travailler sur le film. Je suis très contente d’avoir parmi mon équipe justement Mr Arai et le réalisateur Takuya Igarashi qui sont particulièrement doués et on a pu réussir ainsi à faire un très bon film.


Merci ! Alors Mr Arai, déjà je voulais savoir pourquoi vous avez choisi de travailler dans l’animation. Qu’est-ce qui vous attirait dans ce métier-là ?

Nobuhiro Arai : Alors depuis tout petit je regarde des animes et j’ai toujours voulu dessiner mais plus qu’être mangaka c’est le métier d’animateur qui me plaisait.


Est-ce qu’il y a justement des animes qui vous ont marqué quand vous étiez plus jeune ?

Nobuhiro Arai : Celui qui m’a le plus marqué quand j’étais petit c’était Saint Seiya.
  
  

Alors Bungo Stray Dogs a été votre deuxième travail en tant que character designer, au début vous avez commencé comme beaucoup d’animateurs sur tout un tas de séries. On peut citer par exemple Slayers Révolution, Steins ;gate ou encore Blast of Tempest. Et donc votre premier gros travail en tant que chara-designer était pour l’anime Hitsugi No Chaika qu’on a d’ailleurs diffusé sur Crunchyroll. Qu’est-ce que vous gardez comme souvenir de cette première expérience à ce poste important ?

Nobuhiro Arai : Pour Hitsugi No Chaika c’était mon premier gros travail en tant que chara-designer et ça a été très compliqué pour moi parce que je me mettais particulièrement la pression à faire les meilleurs dessins possibles et du coup ça a été une période assez compliquée pour moi mais maintenant j’en garde de plutôt bons souvenirs.


Et en quelques mots pouvez-vous nous expliquer quel est le rôle du chara-designer sur une série ?

Nobuhiro Arai : Alors mon travail en tant que chara-designer c’est créer les cosplays de personnages et aussi de comprendre particulièrement les points importants et qui font les caractéristiques de chaque personnage et de pouvoir justement en tirer le meilleur parti pour les rendre de plus en plus beaux.


Alors parlons un peu de Bungo Stray Dogs, pour commencer nous allons évoquer la série TV. Alors que la série de Bungo Stray Dogs est adaptée d’un manga publié au Japon par Kadokawa, un manga de Kafka Asagiri pour le scénario et Sango Harukawa pour les dessins. Il est publié au Japon depuis 2013 et il y a déjà eu 15 tomes parus au Japon et 8 en France car il existe aussi en français. Je voulais déjà savoir quel a été votre première impression quand vous avez lu ce manga afin de commencer à travailler sur son adaptation anime ? Je vais demander ça à Mari Suzuki.

Mari Suzuki : Alors j’ai découvert le manga dès que le premier tome est paru parce qu’on m’a proposé de faire la série TV. Et en lisant le manga, on découvre le personnage d’Atsushi le personnage principal qui n’a absolument rien, il n’a pas de maison, il n’a pas d’argent, il n’a pas de travail et pas de famille. Et le fait qu’il vive dans ce genre d’environnement mais qu’il finisse par rencontrer Dazai, qui au final devient un peu sa famille avec les autres détectives, ça permet de donner aux autres ainsi qu’à moi-même l’impression de se sentir moins seul et d’avoir espoir. Et de voir en fait tous ces supers pouvoirs très charismatiques et très classes et bien ça m’a vraiment donné envie de faire une histoire là-dessus.
  
  

Et comment on procède, comment on commence à travailler sur l’anime, comment on décide de l’équipe qui va travailler le projet ? Est-ce que c’est vous qui faites le choix du réalisateur, du chara-designer, concrètement ?

Mari Suzuki : Tout d’abord la première étape c’est de choisir le réalisateur j’ai donc choisi Igarashi parce qu’il travaille très bien et ensuite on travaille de concert avec le réalisateur pour se mettre d’accord sur qui choisir pour le reste de l’équipe. On avait d’abord choisi d’autres staffs à intégrer dans l’équipe sauf qu’au final on a décidé de changer pour l’équipe actuelle.


On l’a dit tout à l’heure pour Mr Arai, pour votre travail précédent sur Hitsugi No Chaika l’histoire était tirée d’un light novel. Pour les lights novel, il y a un travail graphique qui est complètement différent d’une œuvre tirée d’un manga.  Qu’est-ce que ça change pour le travail de chara-designer de travailler sur un manga par rapport à une œuvre tirée d’un light novel ?

Nobuhiro Arai : Concrètement, il n’y a pas vraiment de différences que ça en tant qu’animateur entre les lights novels et les mangas. La seule petite différence c’est peut-être pour l’illustrateur du light novel où les dessins sont beaucoup plus détaillés, puisqu’il y en a moins, alors que pour les mangas ils sont plus simplifiés.


Est-ce que vous avez eu des requêtes spécifiques de la part, par exemple, du scénariste Asagiri ou bien du dessinateur Harukawa ? Est-ce qu’ils avaient des idées différentes à développer dans le dessin animé par rapport à l’œuvre qu’ils avaient fait eux en manga ?

Mari Suzuki : En fait le mangaka Mr Asagiri était toujours avec nous pendant les réunions par rapport au scénario avec le scénariste et le réalisateur. Du coup, plus que de dire ce qui se passait dans son scénario, on a vraiment vu tout ça ensemble et ça faisait un peu comme s’il faisait partie de notre équipe. On n’a donc pas vraiment eu de demandes spécifiques de sa part puisqu’il faisait vraiment son travail de scénariste à part entière avec nous.

Nobuhiro Arai : En ce qui concerne les dessins on m’a laissé à peu près carte blanche sur tout il y a juste eu une petite requête par rapport aux mèches de Akutagawa.


Mr Arai est-ce qu’il y a des personnages dont vous prenez plaisir à dessiner ou certains qui sont plus difficiles à faire ? Et lequel est votre préféré parmi tous ceux de Bungo Stray Dogs ?

Nobuhiro Arai :  Le personnage que j’aime le plus dessiner est Edogawa Ranpo parce qu’il a toujours les yeux fermés du coup c’est très facile de le dessiner. Par contre, c’est Atsushi le personnage principal qui est le plus difficile à dessiner parce que c’est celui qu’on voit le plus souvent. Du coup au fil de l’anime, il faut aussi que les traits de son dessin soient de plus en plus matures pour se fier au décor et avec l’histoire qui devient de plus en plus sombre et c’est ce qui est le plus compliqué pour moi.
  
  

Alors on va parler un peu du film et je vous propose de regarder la bande annonce en japonais du film Bungo Stray Dogs : Dead Apple.

*générique*

Première question, la série Bungo Stray Dogs s’est finie à la fin de l’année 2016 et le film n’est sorti qu’en 2018, est-ce qu’il était prévu dès le départ qu’un film se fasse après la série et comment est né ce projet ?

Mari Suzuki : Au tout début, ce film n’était pas du tout prévu, c’est juste qu’à la fin de l’anime on s’entendait très bien avec toute l’équipe et du coup on se demandait quoi faire ensuite tous ensemble. Le scénariste du manga Mr Asagiri est venu nous voir pour nous proposer de faire un film avec un scénario original que l’on aurait fait nous-même et donc on a décidé de se lancer à corps perdu dans cette expérience.


Alors justement, comme vous l’avez souligné, le film n’est pas tiré du manga, c’est un scénario original. Est-ce qu’il y a une raison particulière d’avoir voulu développer quelque chose d’inédit ?

Mari Suzuki : Quand on a essayé de faire le film, le manga était dans un nouvel arc et ce n’était pas terminé. Du coup plutôt que de faire les choses à moitié et de s’arrêter en plein milieu de cet arc là pour le manga, on a préféré faire un scénario tous ensemble puisqu’on s’entendait super bien avec l’équipe. Plutôt que de faire les choses à moitié, on préfère que le manga continu de son côté et nous de faire le film tranquillement à notre façon.


Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la production du film, est-ce que vous avez une anecdote ou un souvenir particulier ?

Mari Suzuki : Avec l’équipe des scénaristes et des réalisateurs, on est resté trois jours dans une auberge traditionnelle japonaise pour se réunir et écrire le scénario, sans boire d’alcool, dans une chambre très vieille. La porte de la chambre s’est effondrée et on a aussi eu un des scénaristes qui est resté bloqué dans les toilettes du coup on a eu un voyage très chargé émotionnellement… on a eu très peur !



Quelles sont les différences en termes de productions et de dessin entre la série TV et le film ? Mr Arai, par exemple, pouvez-vous nous parler de Tatsukiko Shigusawa, le personnage qui a été créé pour ce film, comment est-ce que vous l’avez imaginé ?

Nobuhiro Arai : En ce qui concerne le nouveau personnage, il a été très facile à dessiner parce que c’est un personnage assez mystérieux mais qui a des caractéristiques qui lui sont propres comme ses cheveux ou ses habits. La petite différence entre la série TV et le film c’est qu’il y a eu des petits changements de staff entre temps et c’est surtout qu’on n’avait pas les mêmes délais par rapport à l’anime qui étaient beaucoup plus courts pour le film, et que le contenu de l’histoire prend souvent de l’ampleur et se complexifie. C’était donc un peu compliqué.


Mari Suzuki combien de temps faut-il pour produire un film comme Bungo Stray Dogs, est-ce qu’il y a des choses à éviter par exemple ou quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer ?

Mari Suzuki : En fait, un film d’animation normal prend à peu près 3 ans à faire, nous on l’a fait en une seule année donc autant vous dire que le planning était très chargé, ça a été assez compliqué pour l’équipe de tenir tous les délais. A tel point qu’on a passé le jour de l’an ensemble à manger des nouilles parce qu’on n’avait pas le temps de se reposer, alors ça a été très compliqué à ce niveau-là.


Est-ce que vous avez une scène favorite dans le film ? Sans nous dévoiler quelque chose de l’intrigue bien sûr.

Mari Suzuki : Ma scène préférée c’est la première scène où on voit ce nouveau personnage parce qu’il a une aura très mystérieuse et du coup de voir comment il apparait dans le film c’est quelque chose qui m’inspire énormément et du coup c’est pourquoi c’est ma scène préférée.


Le manga de Bungo Stray Dogs continue d’être publié au Japon, alors j’ai une question toute simple : Est-ce qu’une suite à l’anime est envisagée ?

Mari Suzuki : On aimerait beaucoup faire une suite oui !


Mais rien n’est encore d’officiel. Nous aussi nous aimerions beaucoup ! Qu’est-ce que vous faites tous les deux aujourd’hui, sur quels animes travaillez-vous ?

Mari Suzuki : Récemment je faisais partie de l’équipe du film de My Hero Academia.

Nobuhiro Arai : En ce moment je travaille sur un anime qui s’appelle Banana Fish, par contre j’aimerais beaucoup travailler de nouveau sur un anime de Bungo Stray Dogs si l’occasion se présente.
  
  
  
Questions du public :
  

D’abord, j’aimerais dire que ce serait très cool s’il y avait un artbook qui pourrait sortir du film parce que c’est une bible pour animateur. [Rire]

Mari Suzuki : Alors il y en a déjà un en vente au Japon actuellement donc on va essayer de faire en sorte qu’il sorte aussi en France.


J’ai une question par rapport à l’une des scènes qui m’a le plus marqué dans tout ce que j’ai pu voir en anime et ça vient de Bungo Stray Dogs. Le premier épisode c’est quand lors de la première transformation du tigre et que Dazai vient annuler la scène, je la trouve énormément impressionnante parce que la synchronisation entre la musique et l’animation est parfaite. Et moi je voulais savoir s’il y avait une anecdote sur cette séquence.

Mari Suzuki :  Cette scène a été particulièrement difficile à faire parce que faire un animal à 4 pattes ce n’est pas évident. Du coup nous sommes très contents que cette scène vous ait plu tout particulièrement.


Alors bonjour, j’ai une question pour Mr Arai alors on sait qu’il a débuté très récemment par rapport à ses chara-design dans Hitsugi No Chaika et donc ce que je remarque c’est que ce sont des chara-design très complexes avec beaucoup de lignes, ce qui n’est pas vraiment évident à vendre en animation et donc j’aimerai savoir si de 1 comment on fait pour essayer de simplifier un maximum pour les animateurs et de 2 combien de fois a-t ’il dû corriger des erreurs ?

Nobuhiro Arai : Pour répondre à votre question, pour Hitsugi No Chaika ou Bungo Stray Dogs contrairement aux illustrations ou des dessins de manga qui ne bougent pas il faut donc penser au mouvement que vont avoir les lignes et donc du coup un personnage qui porte des couleurs assez sombres, le mouvement des vêtements et bien on va regarder si la couleur influe sur les lignes et si on peut par exemple retirer quelques lignes et que donc ça se verra ou pas. En fait c’est en voyant le mouvement des lignes que l’on crée que l’on voit si on peut se permettre de retirer ou ajouter certaines choses.
  
  
Compte-rendu effectué par Zebuline.
  




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