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Dvd Chronique animation - Le roi des ronces - Blu-Ray


Samedi, 12 September 2015

C'est le 11 novembre 2010, lors des Utopiales (Festival International de Science-Fiction de Nantes), que Le Roi des Ronces est projeté pour la première fois en France en VOSTFR. Faute d'une programmation suffisante dans nos salles de cinéma, il faudra patienter jusqu'au 8 juin 2011 pour que l'ensemble du public français puisse apprécier le long-métrage du studio Sunrise édité en DVD et Blu-ray par Kazé. Présentation.


Il était une fois à Raccoon City…

En 2012, un mal non identifié frappe la planète. Son nom : Medusa. Comme le monstre mythologique, cette pathologie pétrifie littéralement celui qui en est porteur. Pour essayer d’endiguer le problème, une société pharmaceutique, Venus Gate, va proposer de cryogéniser 160 chanceux pendant 100 ans, dans l’espoir qu’un remède à ce fléau mondial soit découvert durant cette période.
Cependant un problème inconnu survient, et les cobayes sont réveillés plus tôt que prévu. Plongé dans un décor à mi-chemin entre conte de fées et horreur, un groupe de survivants essaye de se sortir de cet enfer, et de trouver des réponses à toutes les nouvelles questions qu’implique cet éveil prématuré (Qui ? Pourquoi ? Quand ?).


Comme une composition de Bach

Voilà comment on peut résumer rapidement Le Roi des Ronces (Ibara no Ô en version originale) sans trop en dévoiler l’intrigue.
Adapté d’un manga de Yûji Iwahara décliné en six volumes (disponible chez Soleil Manga), le film diverge de la trame scénaristique originelle pour perdre le spectateur dans un univers onirique et envoûtant, tel un Ghost in the Shell 2 : Innocence. Tout comme ce titre, et à l'image d'un tableau de Van Gogh ou d'une composition pour clavecin de Bach, Le Roi des Ronces est superbe dans sa forme - mentions spéciales à Hidenori Matsubara, le chara-designer, et bien évidemment à Kazuyoshi Katayama, le réalisateur -, mais terriblement retord dans son fond.


C'est en effet là que le bât blesse : en dépit de son intrigue assez captivante et de son esthétique irréprochable, le film reste assez hermétique et le spectateur se perd dans la compréhension des tenants et aboutissants de l’histoire qui se noue. On jongle entre les flashbacks, les réalités, les perceptions, les points de vue. Le discours n’en est alors que plus confus, et c’est avec un sentiment mitigé, satisfaction d’avoir vu quelque chose de beau mêlé à incompréhension, que l’on quitte la salle de projection. Les interprétations vont bon train, et nous avons de quoi être partagés sur le sens d’une des scènes clés du film.

Cela est sans doute imputable à la densité du manga, que l’on peut difficilement retranscrire complètement sur pellicule, et ce malgré la durée plus que raisonnable du film, environ 120 minutes, qui passent comme un charme.


Film à thème

Cependant la complexité du récit fait aussi paradoxalement sa force. Le Roi des Ronces se paye le luxe d’aborder quasiment toutes les grandes thématiques de la science-fiction contemporaine, donnant même corps aux peurs de ce récent XXIe siècle : guerre biologique, science au service des sectes, voyage temporel cryogénique, lutte homme/machine, entreprises plus puissantes que les États souverains... Le film est bien ancré dans son temps, et c’est un vrai plaisir de voir tous ces sujets traités avec pertinence.

Par ailleurs, la symbolique, qu’elle soit mythologique, légendaire ou religieuse, est quasiment omniprésente dans l’œuvre. Si le récit est rythmé par des passages de La Belle au Bois Dormant, on appréciera aussi les liens tissés avec le mythe du Déluge de l’Ancien Testament, ou encore le panurgisme.


Enfin, il y a tout le contenu « méta », toutes les références faites plus ou moins consciemment par le réalisateur. On ne peut s’empêcher de penser à 28 Jours Plus Tard, au J-RPG ou à Jurassic Park. Plus tiré par les cheveux, on pourra aussi voir dans ce film une critique/théorie du processus créatif, ainsi que des éléments de la pensée humaine selon Jung dans la caractérisation des personnages principaux en fonction de leurs actions. On pourra même essayer de transposer les tempéraments de certains personnages de Lost aux héros.


En définitive, Le Roi des Ronces est une petite perle de SF qui mérite d’être vue, et peut-être même revue pour mieux appréhender l’intrigue finale.

Par YllwNgg


©YUJI IWAHARA/PUBLISHED BY ENTERBRAIN,INC./Team IBARA





Comments

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Bon ben je le regarderai quand j'aurai le temps.

Nodochandesu

De Nodochandesu [428], le 14 September 2015 à 13h37

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Certains aspects du film ne sont pas mal, mais la 3 D des monstres est mauvaise, entre autres..

lilianneterre

De lilianneterre [1649], le 13 September 2015 à 01h55

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Il me semble l'avoir vu, mais je ne m'en souviens plus...

En tout cas, j'ai lu la version manga, et j'avais bien aimé. C'est pas la meilleure histoire de tous les temps, mais le scénario est plutôt original et les dessins sympas. Vraiment à voir.

Dharma

De Dharma [1406], le 12 September 2015 à 23h15

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