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Ciné-Asie Critique - Le château de l'araignée


Vendredi, 21 Febuary 2014 à 11h00

Raimaru vous propose cette semaine une chronique du film Le Château de l'Araignée, réalisé par Akira Kurosawa, cinéaste japonais mondialement connu et qui a inspiré les plus grands. Amateurs d'histoires de samouraïs et de drames shakespeariens, vous serez servis.
 

 
 
Sorti en 1957 au Japon, le Château de l’Araignée propose une nouvelle fois au spectateur le duo gagnant Akira Kurosawa / Tôshirô Mifune dans une histoire de samouraïs. Adapté d’une pièce de Shakespeare, c’est un film saisissant que nous livre Kurosawa, porté par un Mifune hautement charismatique.
Le pitch : après une tentative de rébellion de l’un des siens, le seigneur du Château de l’Araignée nomme ses généraux vainqueurs, Washizu et Miki, aux meilleurs postes de sa hiérarchie. Cette promotion leur a été prédite par un esprit. L’épouse de Washizu, Asaji, au courant de cette rencontre, murmure à l’oreille de son mari qu’il pourrait faire en sorte de devenir le seul maître du fief.


 
 
Le scénario est, à la base, issu de la pièce de théâtre Macbeth. Le spectateur est servi en dramaturgie. Plus l’intrigue avance, plus elle parait inextricable pour le personnage de Tôshirô Mifune. Tout démarre bien pour lui, puis, écoutant la méfiance de son épouse, il va enchainer des actes qui risquent de lui coûter cher. Peut-être avez-vous plus en tête le Tôshirô Mifune version bandit au rire sardonique dans Rashômon, ou bien le rônin soupe au lait mais bonne pâte des Sept Samouraïs. Ici, il joue un général qui sombre dans le chaos, un homme à qui on a fait miroiter de belles choses mais qui ne maîtrise absolument pas sa destinée. Le film est une succession de péripéties désastreuses pour le général Washizu. Et ce qui est le plus marquant dans l’intrigue, c’est probablement la scène finale avec les flèches. Sans en dévoiler plus sur l’histoire, on peut dire d’elle qu’elle est la conclusion stupéfiante à une lente montée de la tension instaurée dès le début par Kurosawa.
 

 
 
On ne le dira jamais assez : Kurosawa est un maître pour ce qui est de l’esthétisme au cinéma. Les scènes de galop dans la forêt ou d’avancée des troupes sont magistralement réalisées, servies par des plans magnifiques. Mieux, il joue merveilleusement avec les restrictions techniques : jamais le noir et blanc n’aura été aussi beau. En effet, lors des rencontres avec l’esprit, le réalisateur nous offre un superbe contraste entre le noir de la forêt et des armures et la blancheur immaculée de l’esprit. Ces scènes nous plongent immédiatement dans une ambiance mystique, où on appréciera aisément l’esprit du folklore japonais.

À ce sujet, il faut noter que l’esthétique du film a été fortement inspirée du théâtre Nô. Outre le fait que cela donne un film un visuel très marqué, le film vaut le coup d’œil pour cet aspect de la culture japonaise, que l’on connait trop peu. Quant à la musique, elle s’intègre parfaitement à un ensemble d’éléments sonores (les autres sons) qui sied si bien à l’ambiance oppressante.
 

 
 
Un mot sur les décors et les costumes : absolument magnifiques. On sent que Kurosawa n’a pas utilisé beaucoup de lieux de tournage, mais il sait jouer avec la décoration et les plans pour nous faire croire qu’il existe plusieurs forteresses. Les armures sont très belles et très fournies. Et surtout, l’équipe de tournage a su adapter le film au brouillard ambiant, en créant un faux brouillard quand cela est nécessaire et en attendant que le vrai apparaisse. Cela ajoute une dimension spectrale à l’œuvre.
En bref, si vous êtes amateurs de cinéma rétro, de cinéma japonais, ou tout simplement, si vous êtes cinéphile, ce film est fait pour vous. Ce Kurosawa est à ranger parmi les chefs-d’œuvre du réalisateur.
 

 
 
L’édition de Wild Side Video est tout-à-fait convaincante pour ce qui est de la qualité d’image, de son, et des sous-titres. Par ailleurs, ce DVD appartient à la collection « Les Introuvables », dont la visée semble de créer une dynamique autour de grands films, japonais ou non, connus ou moins connus des cinéphiles. C’est sans surprise qu’on retrouve un DVD bonus assez fourni, et assez intéressant pour ses deux documentaires de plus de vingt minutes chacun. Ils font intervenir le réalisateur de son vivant et des membres de l’équipe de tournage. Ces documentaires nous parlent également du théâtre Nô, de Macbeth et de l’écho du film à sa sortie en 1957, ce qui est intéressant d’un point de vue analytique.
 




Comments

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Très bon film, avec beaucoup de scènes marquantes.

JohnDoe

De JohnDoe [557], le 22 Febuary 2014 à 11h59

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J'aimerai voir ce film vu que j'aime le cinema du monsieur

nolhane

De nolhane [5051], le 21 Febuary 2014 à 12h37

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