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JENNY

Scénariste Dessinateur  
Manga news - JENNY

 

Jenny est née le 27 février 1979 à Tananarive, à Madagascar.
A l'âge de 3 ans, elle quitte l'île avec ses parents pour la banlieue parisienne. Après un Bac Littéraire, elle suit les cours d'Arts Plastiques et Sciences de l'Art du Centre Saint Charles (Paris XVème). Puis, elle intègre l'Ecole des Gobelins pour y suivre une formation de deux ans dans le cinéma d'animation.
Son diplôme en poche, Jenny réalise son premier court-métrage d'animation, Le Papillon, en collaboration avec Antoine Antin. Produit par les studios Bibo Films, ce court-métrage remporte le prix Canal J du jury Junior au festival d'Annecy 2002. Peu après, elle rejoint les studios de Marathon Animation pour y faire du character-design sur la série Martin Mystère, puis du story-board sur Totally Spies.

C'est en janvier 2005 que Jenny réalise enfin sa première bande dessinée : Pink Diary.
Par ailleurs, Jenny fait partie des membres fondateurs de l'association Chibimag (association d'auteurs amateurs de bande dessinée, www.chibimag.com). Elle y réalise des fanzines de bande dessinée aux côtés d'autres dessinateurs, et participe à de nombreuses conventions telles que Japan Expo ou l'Epita.
En septembre 2004, elle tient pour la première fois un stand à l'harajuku du festival BD Delcourt de Bercy Village. Elle y fait la connaissance de Thierry Joor, directeur littéraire des Editions Delcourt. Elle lui présente son projet, The Pink Diary, un ouvrage dont elle rêvait depuis 10 ans, et signe très rapidement la création de la première série de manga français.
Baignée par la culture asiatique dont est empreinte sa génération, Jenny s'exprime tout naturellement dans le style manga.

Suite au succès de Pink Diary la jeune femme enchaine avec cette fois-ci une bande dessinée au format classique : Mathilde sera publiée entre septembre 2009 et Octobre 2011 et fera 5 tomes...
Tandis que s’achèvent les aventures de Mathilde, Jenny prépare une toute nouvelle série. Il s’agit de Sara et les contes perdus, un manga à la française, dans la lignée de Pink Diary qui est lancé en mars 2012 toujours aux éditions Delcourt.

Parmi ses auteurs de référence, on citera Tsukasa Hôjo (City Hunter, Angel Heart), Kosuke Fujishima (Ah ! My Goddess), Aï Yazawa (Nana, Gokinjo, une vie de quartier, Paradise Kiss), le studio Clamp (Tokyo Babylon, X, Chobits), Miwa Ueda (Peach Girl), et bien d'autres. Aujourd'hui Jenny dessine plus de 15 planches par semaine et prépare déjà , parallèlement à The Pink Diary, une série manga de "magical girls" qu'elle a conçu à l'âge de 14 ans (!). (Delcourt)

A l'occasion du salon du livre qui s'est tenu au mois de mars, nous avons enfin eu le plaisir de rencontrer la talentueuse Jenny, auteur de shojo manga à la française et dont la nouvelle série Sara et les contes perdus arrive tout juste en librairie.





Manga-News: Bonjour Jenny, et merci à toi de nous recevoir pour cet entretien.


Jenny: Merci à vous
!

Pour les internautes qui ne connaissent pas encore ton parcours, peux-tu nous parler un peu de tes débuts?
Depuis toute petite j'aime dessiner. J'ai donc fait des études d'arts plastiques et j'ai intégré l'école des Gobelins pour travailler dans le métier de l'animation. En fin d'études j'ai réalisé un court métrage en collaboration avec un ami, Antoine Antin (Le papillon, ndlr), et nous avons remporté le prix du jury Junior organisé par Canal J en 2002 à Annecy. Cela m'a permis d'entrer au Studio Marathon et de travailler comme character designer sur la série Martin Mystère puis sur la série Totally Spies, cette fois-ci au story board.
En parallèle je continuais le dessin notamment au travers du fanzinat et de mon magazine Chibimag, dans lequel je produisais beaucoup. C'est grâce à ça que j'ai rencontré mon éditeur à l'occasion d'un festival en 2004. J'ai pris mon courage à deux mains et je lui ai présenté mon projet, une histoire que j'avais dans la tête depuis très longtemps. C'est comme ça qu'est né Pink Diary.

Pink Diary a été le premier "shojo"  français publié dans le format manga. D’où te vient ta passion pour le manga et pourquoi ce format?
Comme je te disais, j'aime dessiner depuis ma prime enfance, et comme beaucoup de ma génération je regardais les dessins animés qui passaient à la télévision. J'aimais le style et quand j'ai découvert qu'à la base il s'agissait de bandes dessinées, ça été une révélation! Je me suis mise à en lire beaucoup et à adopter ce style, avec les trames et tout le reste. Quant au format il était important qu'il soit publié comme cela car de toute façon c'était la seule façon que je connaissais. Même si c'était un pari que d'oser ce format, mon éditeur m'a fait totalement confiance et je pense qu'il n'a pas été déçu !




Comment se déroulait ton travail sur Pink Diary?
Si au départ j'ai travaillé seule il a fallu rapidement trouver de l'aide car nous voulions que le rythme de parution soit rapide, proche de ce qui se fait au Japon, pour que la série s'intègre bien dans la collection manga de mon éditeur. J'ai donc réalisé le premier entièrement seule, puis c'est mon mari qui m'a donné un coup de pouce sur les tomes suivants. Il s'occupe de la plus grande partie de l'encrage, pose une partie des trames et fait tout le lettrage. Toute la période de travail sur cette première série a été très éprouvante pour nous, mais je suis très contente du résultat et surtout qu'elle ait plu au public français.




Ce n'était pas trop difficile de travailler ensemble ?
Il a fallu que chacun prenne ses marques, mais quand on se connait bien cela se fait tout seul. Et au final nous sommes très complémentaires.


Tu as ensuite travaillé sur Mathilde, dans un format franco-belge, en couleur et avec un scénariste. Raconte nous cette période.
J'ai débuté Mathilde en collaboration avec Alexis Coridun, car j'avais besoin d'un projet qui me demanderait moins d'énergie que pour Pink Diary. Je pensais que le format franco-belge me permettrait cela. Si effectivement le travail est moins intensif il a fallu que j'appréhende la couleur, moi qui jusqu’à présent ne travaillait qu'en noir et blanc. C’était un nouveau défi et une évolution dans mon activité. J'avais très envie de m'y mettre. J'avoue que ce changement n'a pas été si facile, et pour la couleur j'ai du rapidement prendre un coloriste car je n'avais pas anticipé le travail que cela représentait.

L'autre difficulté a été la pagination. Si en manga on peut se permettre de s’étaler un peu sur les évènements, ce n'est pas aussi aisé en franco-belge ou la pagination est limitée à une cinquantaine de pages contre presque 200 pages pour le manga. J'ai du aussi apprendre à découper les scènes de manière différente pour que l'action soit aussi vite interprétée que si j'avais eu plus de pages à ma disposition. C'était quelque peu frustrant au départ car je devais me restreindre.

 


Cette expérience te permet-elle aujourd'hui d'envisager de nouveau de travailler sur une histoire qui n'est pas de toi ?
Nous avons réussi à bien mener le projet de Mathilde parce que l'entente entre Alexis et nous a été immédiate. J'ai besoin de me sentir en confiance et d'être assez libre pour mener à bien mes bandes dessinées. Il me serait impossible de travailler sur un sujet et avec une personne qui ne me convienne pas ou avec qui les relations ne sont pas facile. Et pour le moment cette éventualité ne se présente pas puisque je me consacre pleinement à ma nouvelle série en manga.



Avec ta nouvelle série, Sara et les contes perdus, tu reviens à tes premiers amours, à savoir le format manga.
Tout à fait, Sara est l'adaptation de Trio girls, une histoire que j'avais déjà dessinée quand j'étais encore jeune (rires) et qui a été publiée dans Chibimag. Dans le récit initial il y avait 3 héroïnes dans le genre de Sailor Moon dont j’étais fan à l'époque et qui devaient sauver le monde envahi par des méchants. Comme toute œuvre de jeunesse cela manquait d'originalité et de maturité pour en faire une histoire intéressante et surtout publiable. Et comme depuis très longtemps j'avais envie d'intégrer les contes de mon enfance dans un de mes récits, j'ai repris l'un des personnages de cette histoire que j'ai remis au goût du jour. L'héroïne, au lieu de chasser des méchants, doit retrouver et enfermer les personnages de contes célèbres qu'elle a malencontreusement laissé échapper.



Ce sujet me rappelle étrangement celui de Card Captor Sakura ou Sailor moon.
Ces mangas font partis de mes références et cela doit se ressentir, mon intention est surtout de revisiter les contes à ma guise, et de faire évoluer le personnage de Sara, simple ado ordinaire qui va être propulsée super heroïne du jour au lendemain. J'espère justement que les amateurs de séries de magie et de romance s'y retrouveront...


Je pense que le pari est gagné de ce coté la. Sais-tu déjà comment va évoluer la série?
Nous avons quasiment terminé le troisième tome, et le suivant est déjà bien avancé dans mon esprit. Pour le reste je ne me suis pas fixé de limites, l'histoire évoluera au grès de mes envies, aucune fin n'est pour le moment prévue, ni le nombre de tomes.



Mon temps imparti est hélas terminé, je te remercie pour ta gentillesse et ta disponibilité.
Merci à toi !




Author/Artist for manga:


Enigma

D'où vient cette réplique ?
Je suis convaincue que ce qu’on écrit reflète notre âme.
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