Détective Conan - Film 24 - The Scarlet Bullet - Actualité anime

Détective Conan - Film 24 - The Scarlet Bullet

Review du dvd : Détective Conan - Film 24 - The Scarlet Bullet

Publiée le Jeudi, 18 Febuary 2021

Si la série est plus discrète chez nous, Détective Conan continue d'être un vrai phénomène au Japon. Ses films sont d'ailleurs parmi les plus grosses réussites cinéma de l'Archipel chaque année, si bien que le 23e long-métrage (le seul inédit chez nous à l'heure actuelle) a dépassé Avengers Endgame au box office nippon, en 2019. Dans nos contrée, la chose est bien différente. Si l’œuvre de Gosho Aoyama a profité d'une très belle mise en lumière au début des années 2000 avec la diffusion de la série animée sur des chaînes accessibles dont France 3, nous n'avons plus eu droit à de telles programmations mises en évidence depuis une bonne quinzaine d'années. Le manga continue de paraître aux éditions Kana, ce qui permet aux lecteurs de suivre l'histoire principale, tandis que l'anime reste en simulcast sur ADN. Mais l'engouement de la décennie dernière s'est apaisé, quand bien même le noyau de fans reste présent.

Du côté des films, le parcours est assez tumultueux. Kazé entrepris l'édition des premiers longs métrages, toujours dans les années 2000, mais la sauce n'a pas pris. En motif, on peut invoquer une VF assez moyenne et changeant totalement le casting, et par conséquent les habitudes des fans. Résultat : L'édition s'arrêtera après les 5 premiers films, tandis qu'AB n'ira pas au delà de la trentaine de premiers épisodes sur son édition DVD de la série.
En 2018, Black Box dévoile l'acquisition des 22 premiers métrages et de deux téléfilms, marquant un véritable retour de l'anime sur support physique. Annoncée comme une grande box intégrale incluant une VF en plus de la VOST, le tout prend finalement la forme d'éditions unitaires combo DVD & Blu-ray, en version originale sous-titrée uniquement. Un sacré revers pour les fidèles fans et un coût bien différent pour les intéressés, mais si le tarif exercé n'a rien de surprenant étant donné les standards de l'édition physique, surtout pour des digipacks bien jolis au demeurant, et une qualité vidéo de très bonne facture. S'il est difficile de savoir si cette édition a eu son succès, le fait que la quasi intégralité des films soit aujourd'hui disponible est un sacré pas en avant.


Puis, c'est Eurozoom qui a choisit de croire dans le potentiel de la licence et en ses fidèles adeptes, ce en faisant l'acquisition des droits du 24e film pour une sortie très proche de celle du Japon. Intitulé Hiiro no Dangan, il sort dans les salles obscures du Japon le 16 avril. Chez nous, c'est le 26 mai que le métrage est proposé en salles, soit moins d'un mois et demi après le Japon. Eurozoom a largement mis du cœur à l'ouvrage pour honorer cette sortie et lui donner une chance : La distribution a lieu en VOST mais aussi en VF, et le casting de la série a été rappelé pour honorer l'événement et les fans ! Ainsi, nous retrouvons avec joie Ioanna Gkizas sur Conan, Bruno Mullenaerts sur Shinichi ou encore Marie-Line Landerwijn sur Ran Môri. Inévitablement, on ne peut qu'avoir une pensée pour le regretté Emmanuel Liénart qui nous quitta en décembre 2015, lui qui avait dirigé en partie la VF et incarné l'irrévérencieux Kogoro Môri. En parallèle, parce que le film met à l'honneur certains personnages importants du manga qui se sont dévoilés au fil des tomes et pas systématiquement dès le départ, un long-métrage récapitulatif nommé Scarlet Alibi a été produit. Celui-ci fut aussi rendu disponible par Eurozoom, via la plateforme Vimeo, afin de constituer une leçon de rattrapage pour celles et ceux qui voudraient tenter le 24e film en comprenant davantage les acteurs de l'histoire qui gravitent autour de Conan. Une jolie initiative donc, aussi on espère d'avance une édition physique qui englobera les deux productions.

Détective Conan : The Scarlet Bullet
, puisqu'il s'agit du nom choisi pour la francophonie, est dirigé par Tomoka Nagaoka, une réalisatrice impliquée sur les films Conan depuis le 17e métrage mais qui toucha avant ça à diverses œuvres d'animation dont Saint Seiya : Soul of Gold, Gintama ou encore Dusk Maiden of Amnesia. A l'écriture, Takeharu Sakurai signe le scénario. Tout comme la directrice du projet, il est à à son poste sur les films Conan depuis le 17e. Enfin, les inévitables Masatomo Sudô et Katsuo Ono signe une fois encore le character-design et la musique, respectivement, honorant une recette inchangée et inchangeable depuis les débuts du projet animé de la licence.




Jeux sportifs, ligne à très grande vitesse et affaire vieille de 15 ans

Le quotidien de Conan et des siens est marqué par l'inauguration prochaine des World Sports Games, événement sportif mondial qui sera cette fois accueilli au Japon. A cette occasion, la ligne Linear s’apprête à être inaugurée. Ce train a pour particularité d'être extrêmement rapide et amènera un lancement en grande pompe des festivités. A cette occasion, une fête de présentation a lieu, aussi notre jeune détective et son entourage peuvent y participer grâce à la contribution du groupe Suzuki au projet. Cerise sur le gâteau : Sonoko pourrait même permettre à une poignée de chanceux de voyager sur la ligne Linear !

Seulement, l'enthousiasme retombe lorsque la cérémonie est interrompue par une panne de courant, et que le père de Sonoko est enlevé. Mais en deux temps trois mouvements, et grâce au flair de Genta, l'individu est retrouvé en vie peu de temps après, et non loin du lieu du rapt. Comme d'autres personnes, l'homme fut la cible d'enlèvement qui se sont déroulés il y a une quinzaine d'années, et qui impliqua notamment le FBI. Conan lance donc son enquête et ne sera pas seul, puisque chacun des membres de la famille Akai s'intéresse à l'affaire...



La confirmation d'une recette classique


Les films Détective Conan ont un leitmotiv toujours similaire, et qui concerne finalement tous les dérivés cinéma des séries à succès. L'enjeu est de créer une aventure inédite sur grand écran, aux élans plus spectaculaires, dont l'intrigue ne se concentre par conséquent pas dans un lieu clos, et qui n'influe pas sur la grande histoire principale écrite par Gosho Aoyama, dans son manga. Et si les personnages populaires de la série peuvent être mis en avant, tant mieux. C'est ainsi que Kaito Kid a fait des apparitions ponctuelles dans les différents films mais pas seulement, puisque Heiji Hattori ainsi que les membres de l'Organisation ont parfois été ramenés dans quelques aventures. Au final, les longs-métrages Détective Conan sont des fillers aux fortes ambitions. Dans cette optique, ils constituent des métrages divertissants en ce qui concerne les moins bons, et parfois même des aventures excellentes et innovantes.

The Scarlet Bullet répond lui aussi à tous ces critères, dans le sens où Takeharu Sakurai a écrit un scénario qui respecte les enjeux de ce type de long-métrage. Si on exclut la présence de personnages introduits dans l’œuvre tardivement, l'intrigue en elle-même est simplement une enquête aux forts enjeux qui se tient en marge du scénario central de la série, avec une dimension plus grandiloquente que bon nombre d'arcs du récit d'origine. Finalement, seule l'implication du FBI créée une connexion avec l'histoire principale, mais rien ne la fait jamais progresser. Et tant mieux, aussi le métrage se voit ouvert au plus grand public possible, le néophyte pouvant alors apprécier les ingrédients de la recette Conan dans d'excellentes conditions, et sur une production quatre étoiles. En ce qui concerne l'accessibilité de ce vingt-quatrième opus au nouveau venu ou à celui qui retrouverait la licence des années plus tard, le sujet fera l'objet de notre partie suivante.



Les habitués de la saga, notamment ceux à jour sur les films ou qui en auront parcouru un certain nombre, ne seront pas vraiment dépaysés par le spectacle qui se déroule sous leurs yeux. On le comprend vite, la mise en contexte de départ lancera une affaire à part qui marquera tout le film, une enquête particulièrement bien rythmée et qui sait jongler entre les phases de réflexion et des moments plus orientés action, dont des courses-poursuites et un climax aux allures de film catastrophe. Tant d'éléments déjà présents dans les précédents métrages qui intéresseront forcément le spectateur qui sera conquis par la présente aventure.

Et au-delà de la simple affaire annexe, la belle galerie de personnages apporte une couleur certaine au divertissement. On reviendra sur la nécessité ou non de connaître ce beau monde dans la partie suivante, mais force est de constater que les différents intervenants permettent au récit de jongler entre différents moments forts avec quelques petits coups de théâtre dans le lot. Et quand bien même certaines scènes paraitraient invraisemblable, le charme opère dans un film qui brille par son rythme et ses personnages, et sait utiliser astucieusement chacun des protagonistes présents dans l'aventure. Ce n'est pas systématiquement le cas dans tous les films Conan, donc c'est important de le souligner.



Une nécessité d'être à jour ?

La série Détective Conan est en cours de parution depuis 1994 et compte 99 volumes au Japon. Fort de cette longévité, la grande intrigue principale s'est enrichi de nombreux personnages importants et secondaires, et de quasi autant de sous scénarios développés au compte-goutte, au fil des enquêtes classiques comme lors d'arc beaucoup plus sombres et ambitieux. Pour ces raisons, le casting actuel est plus varié que celui que les spectateurs de l'anime sur France 3 ont connu à leur époque. Ce 24e métrage met notamment en avant la famille Akai, tout un pan de Détective Conan qui n'a gagné en puissance que sur la seconde moitié des volumes publiés jusqu'à présent. Une question légitime se posait alors : Est-ce que The Scarlet Bullet est une production uniquement destinée aux fans à jour, ou peut-il faire office de divertissement accessible au grand public ?

Les craintes sont d'autant plus légitime que le long-métrage récapitulatif The Scarlet Alibi a été produit à l'occasion. Pourtant, le 24e film de la licence ne se sert de la lignée Akai que comme d'un enrichissement d'un scénario totalement détaché de la trame principale, et sonne avant tout comme un ingrédient de fan-service, de manière à ce que les initiés puissent voir certaines figures phares sur grand écran, tout en profitant d'un divertissement misant sur les relations entre personnages, et donc sur les connaissances des fans. Et c'est bien le seul point qui pourra gêner le spectateur moins à jour lors du visionnage. On sent bien que Détective Conan est un univers qui s'est enrichit et que les différentes interactions ne reposent jamais sur de simples hasards. Pourtant, si on sent cette richesse sous-jacente, elle n'est pas nécessaire pour comprendre le déroulement du film, ni le scénario et sa conclusion. En revanche, cette méconnaissance des profondeurs de la série créera certainement une forme de curiosité chez les spectateurs qui ont quelques tomes ou dizaines de tomes de retard. En ce sens, The Scarlet Bullet accompli l'un de ses objectifs : Pousser à la découverte plus ample du manga ou de l'anime, pour saisir toutes les subtilités des rapports entre personnages. Restent alors quelques révélations, survenant sur le tard, dévoilées par le film, mais qui ne représentent pas la foisonnance de 99 volumes à elles seules.



Première tentative française réussie !

The Scarlet Bullet est un film qui restera particulier en francophonie, du fait qu'il représentera la première incursion du petit détective dans nos salles obscures, les précédents métrages ayant constitué des direct to DVD/Blu-ray. Une première expérience qui aura su faire parler d'elle, que ce soit par la communication d'Eurozoom et l'enthousiasme des fans et nostalgiques de la série. Les chiffres du box office parleront en ce qui concerne le succès de cette tentative qui pourrait être significative pour la sortie des prochains opus cinéma dans nos contrées.

En attendant, on ne peut qu'encourager le public de tenter l'aventure, tant ce 24e film condense très bien les éléments qui font le charme de la série clé et de ses versions cinéma, tout en dosant assez bien les personnages importants et leur implication, sans nécessiter une lecture stricte des 98 tomes disponibles chez nous. Seuls ceux qui aimeraient découvrir la richesse de chaque élément de l'univers et du casting par l’œuvre originale seront concernés par un besoin d'être à jour sur l’œuvre de Gosho Aoyama. Quant aux autres, The Scarlet Bullet aura un effet autre : Celui d'intriguer et de pousser à la lecture du manga, seul moyen de profiter de l'histoire intégralement chez nous puisque l'entièreté de l'anime n'est pas disponible sur ADN à ce jour.



Cette chronique a été réalisée à partir d'un lien de visionnage VOSTFR fourni par Eurozoom et Dark Star. Par conséquent, nous ne pouvons donner d'avis concret sur le doublage français.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20


Note de la rédaction
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