Private Prince - Actualité manga

Private Prince

Critique de la série manga

Publiée le Mardi, 25 November 2014

Wilfried, prince d’Estolie de son état, n’est pas destiné à monter sur le trône d’un royaume dont il vaut mieux s’abstenir de chercher la localisation. Alors, pour accomplir son devoir, il se rend à l’étranger pour étudier et ainsi user de son charisme pour améliorer les relations, essentiellement touristiques, entre les deux pays. Ceci dit, autant joindre l’agréable au travail, et le prince si charmeur semble bien décidé à passer du bon temps dans sa terre d’accueil ! Une fois arrivé sur le campus, il déchaîne les foudres amoureuses des étudiantes, et seule Miyako s’intéresse à lui pour une tout autre raison. Elle ne se présentera pas devant lui, fardée et vêtue d’une robe fendue et décolletée à outrance, dans le but de le séduire mais juste afin de lui soutirer des informations sur sa grand mère, sujet principal de son mémoire de fin d’études, qui a tant d’importance à ses yeux. En somme, c’est une intello totalement insensible aux yeux de biche et à la chevelure cascadante du prince Wil. Mais lors de sa première rencontre avec ce dernier, Miyako découvre que sous son air de gentleman attentionné se cache un dangereux obsédé (en même temps, avec une « Miss Melons » qui porte bien son nom juste sous les yeux, sa réaction n’est pas étonnante …). Commence alors une relation étrange entre les deux jeunes gens : Wilfried accepte de l’aider si elle tombe amoureuse de lui.

En tant que bonne romance guidée par les standards des contes de fée pour jeune fille, Private Prince est un récit bourré de petits clichés qui rendent l’ensemble, au premier abord, extrêmement classique et presque fade. En effet, on a la bonne cruche de rigueur, inexpérimentée et pas du tout intéressée et le prince coureur de jupon, pas sérieux pour un sou et totalement inaccessible. Ainsi, les opposés s’attirent et l’auteur fait rêver ses lectrices avec un amour impossible, qui clame haut et fort que la différence n’est pas un obstacle et que tout est possible tant que l’on parle de ce merveilleux sentiment qu’est l’amour. C’est facile, ça ne coûte pas très cher en imagination et le pire, c’est que cela marche très certainement ! On retrouve les caractères classiques à ce genre d’histoire : une jolie fille naïve qui s’ignore et se croit banale, un personnage masculin beau, manipulateur et tordu qui se révèle attentionné, gentil et réellement humain vis-à-vis de celle qui l’intéresse … Et pourtant, ces deux personnages principaux ne tombent pas autant que prévu dans le ridicule ou même l’ennui, comme c’est malheureusement souvent le cas dans les shojos. Cela se basera essentiellement sur leurs émotions et le degré de maturité qu’ils dégagent après un malentendu digne des pires disputes enfantines. Déjà, on apprécie fortement l’âge des protagonistes : un peu plus élevé que la moyenne des shojos, cela permet de chasser les uniformes scolaires et les « je te prends la main pendant dix tomes avant de passer à autre chose ». En effet, Private prince nous promet un côté un peu coquin qui n’est pas pour nous déplaire ! Mais n’oublions pas la grande part de l’humour dans cette série, qui se montre souvent exploitant les non dits des personnages pour créer des chutes amusantes, ou simplement donner à Will un côté comique de par son obsession pour les grosses poitrines, sa spontanéité et sa fraicheur en faisant beaucoup dans ce registre du rire.

Les graphismes sont dans le plus pur style shojo, et c’est bien dommage. Ces traits lisses, les caricatures, les expressions exagérées et le manque de soin accordé aux détails sont autant de composantes que l’on connaît par cœur. Ceci dit, les personnages sont bien différenciables, et correspondent parfaitement à leurs caractères. Le tout est un peu trop sucré, mais on s’y fait relativement bien. Le classique du shojo habite donc ces pages, mais même si le tout est un peu trop parfait, on distingue rapidement des traits plus adultes et des expressions nettement marquées. On apprécie également le style adopté dans les situations humoristiques, un peu grossi et simplifié pour ne pas alourdir encore plus les pages. Heureusement, les moments de grande émotion ont droit à une mise en forme adaptée du cadrage, pour un rendu plus global de la scène, et surtout un aspect aéré fort utile. Dommage cependant que les arrières plans soient souvent négligés par l’auteur, qui préfère se concentrer uniquement sur ses figurants. Sombrant parfois dans la facilité, les trames de fond sont même un peu simples et cela gâche par moments la lecture et l’appréciation que l’on a du style rondouillard et moelleux de l’auteur. Par contre, et si l’édition de Kazé déçoit quelque peu en n'adaptant pas les onomatopées, on doit féliciter leur travail : Si le format est un poil petit, les pages sont bien blanches, la préhension agréable et la traduction tout à fait correcte.


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
18.58/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

14.00,15.00,14.00,15.00,16.00

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