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New York New York

Critique de la série manga

Publiée le Vendredi, 29 January 2016

Kain Walker est un policier de New York qui refoule son homosexualité. Trainant dans des bars le soir, il n’assume pas ce qu’il est et refuse toute relation sérieuse … jusqu’à ce qu’il tombe sur Mel Frederics, pour qui il a un coup de foudre. Ce n’est pas rare de voir commencer un yaoi comme cela, puisque ce genre dérive du shojo. Cependant, New York New York est un des pionniers en la matière, et les lecteurs ne sont pas encore habitués aux clichés du genre … et ne le seront d’ailleurs pas durant les quatre tomes de la série. On assiste alors, peu à peu, à la transformation d’un jeune homme complexé, qui en a marre de vivre dans le mensonge et le secret sans toutefois réussir à s’ouvrir complètement. C’est au fur et à mesure du récit que Kain va devoir surmonter les épreuves qui lui barrent la route, notamment le regard de ses parents sur ses penchants. Si tout le titre se base sur les réflexions du policier honteux, Mel est là pour créer l’histoire d’amour et faire varier les sentiments de son amoureux en se fourrant dans toutes sortes de situations plus farfelues les unes que les autres. Du coup, la série se veut sérieuse et réaliste, mais il faut alors oublier le caractère plus que malchanceux de Mel : en quatre volumes, Marimo Ragawa explore les coulisses d’une relation peu commune, et il faut pour cela du bouleversement, amené forcément par un des deux personnages principaux. Une fois les premiers pas ensembles passés, Kain et Mel vont peu à peu évoluer, leur relation se transforme et s’assume, leur bonheur s’épanouit, et ce jusqu’à leur mort. Car c’est aussi une des particularités du manga, qui suit ses personnages jusqu’au bout de leur route, afin que l’on s’approprie vraiment leur destin et que l’on puisse les accompagner jusqu’au bout, à travers toutes les phases de la vie (homoparentalité, néanmoins).

Il faut voir ce titre d’avantage comme un exposé criant de réalisme d’un amour homosexuel que comme une romance ancrée dans un récit. La mangaka parvient à nous décrire leur quotidien avec un ton très détaché et sans aucun jugement, que ce soit dans un sens ou dans l’autre. C’est ce qui donne à la série son ambiance assez neutre et authentique, malgré les malheurs de Mel. Entre le coming out, l’annonce aux parents, le regard d’anciens amis, le problème de la maladie, la douleur lorsque l’on dissimule son homosexualité (un des collègues de Kain), la perte d’un être cher, l’homoparentalité, la jalousie, … Marimo Ragawa se délecte de tout un panel de situations qui rend son manga très novateur, et qui en fera une référence incontournable du genre, un classique qui sort pourtant de l’ordinaire, un témoignage de la vie homosexuelle dans toute sa complexité face au rejet brutal des autres. Le grand point fort de New York New York, c’est sa capacité à se faire lire par n’importe quel public. Les rares scènes d’amour entre Kain et Mel sont suggérées, rien n’est choquant et cela parait même naturel. La partie un peu plus tendue, lorsque le suspense prend part au récit, permettra, à ceux qui s’ennuient un peu du quotidien amoureux de nos deus héros, de trouver satisfaction … De plus, pour toutes celles et ceux qui auraient envie de découvrir le yaoi, c’est un excellent début puisque, contrairement à beaucoup d’autres titres, le monde entier n’est pas gay, même si les femmes ne sont pas très présentes.

Enfin, il faut reconnaitre que le graphisme de l’auteur ne fait que mettre en avant la singularité de ce titre : à part Mel qui a des yeux de biches et des cheveux d’ange, on ne peut pas dire que le bishonen moyen soit présent. Les personnages sont assez trapus, bien loin de la longiligne silhouette imberbe. Kain est même banal, sa coiffure ne le met pas forcément en valeur et son physique, d’une manière générale, n’est pas particulier au point de se pâmer d’admiration. Bref, le réalisme nous poursuit jusque dans le trait de crayon, qui est élégant sans être trop souple ou délicat : la mangaka sait trouver un juste milieu dans les formes, les proportions et les courbes du corps de ses personnages. Les visages rondouillards nous apparaissent vite comme familiers et sympathiques, à la fois romancés et authentiques. Enfin, à propos de l’édition de Panini Comics … On déplore l’absence de page couleurs, le résumé trop détaillé derrière chaque tome (si on le lit, on connait déjà tout de ce qu’il peut se passer dans le manga), des couvertures un peu trop flashy qui ne mettent absolument pas ce titre en valeur, une difficulté à trouver le manga en librairie (ce n’est pas peu dire) et un prix trop élevé. Le seul détail agréable, ce sont les expressions anglaises que Panini a conservées et qui donnent un plus indéniable à la lecture. Face aux yaois actuels, New York New York ne fait pas le poids étant donné qu’il est très mal mis en valeur et que seuls les initiés comprendront son importance, mais pourtant il est sûr et certain que son acquisition vaut la peine !


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.5/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

16.00,18.00,17.00,17.00

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