Monde de Misaki (le)

Critique de la série manga

Publiée le Mardi, 25 August 2015

Qui n’a jamais cru à Nessie, ce plus ou moins adorable monstre du Loch Ness ? Tous les enfants s’imprègnent des légendes de leur ville, surtout lorsque celle-ci abrite un grand lac supposé cacher un monstre légendaire. Et bien quand Misaki arrive dans une bourgade inconnue avec son père pour hériter de la maison de son grand père, elle apprendra qu’une créature du nom d’Hohopo est supposée vivoter tranquillement dans les eaux du lac Hohoro. Mais Misaki est une grande fille, et elle est d’avantage préoccupée par le comportement douteux de son père vis-à-vis d’une nouvelle venue, alors que sa mère est morte. Cependant, en rentrant de l’école un jour avec sa nouvelle amie, Misaki va rencontrer Nio, un animal quelque peu indéfinissable mais habitant manifestement le lac Hohoro. Mais Nio a une particularité des plus étrange : telle la grenouille, il reprend forme humaine lors d’un baiser, et redevient Hohopo quand il est en contact avec de l’eau. La jeune fille sent une étrange affection naître en elle au contact de ce petit être si adorable. C’est donc sans hésitation qu’elle le ramène chez lui et décide de garder le secret sur sa véritable nature. Bien loin du simple récit enfantin du joli petit animal qui devient humain, l’auteur nous offre une histoire à deux niveaux : déclenchée par l’enlèvement d’une jeune fille et une demande de rançon, cette autre narration prend forme en parallèle, sans que l’on s’en ronde véritablement compte.

Ainsi, à côté de la peluche aux yeux scintillants, on se plonge aussi dans une histoire de revanche, de mystère, d’affrontement et de secrets … Et tout cela rejoint peu à peu la présence de Nio chez Misaki, et cette vague impression de déjà vu que la jeune fille a au contact de l’animal-petit garçon. Tout converge vers l’existence de cette drôle boule de poil, qu’on ne sait plus véritablement comment considérer. Plus l’on avance dans l’histoire, et plus les choses gagnent en sens. En effet, l’auteur nous entraîne indéniablement sur la mince différence entre l’animal et l’homme : on voit bien que Nio n’est ni l’un ni l’autre, mais les deux à la fois. Comment considérer alors ce « monstre » de la nature ? Le problème reste minime tant que l’on ne comprend pas qu’il est de plus grande ampleur et que Nio n’est pas un cas isolé. Bref, un récit qui partait sur la base d’une histoire de tendre amitié entre une créature bizarre et une humaine se transforme peu à peu pour évoluer jusqu’à devenir une réelle problématique et, au-delà de ça, un récit à tiroirs, qui intéressera pour plusieurs raisons différents lecteurs. La seule maladresse sera de mélanger parfois, et très légèrement, l’humour trop facile avec le sérieux sous jacent de l’histoire. On a affaire à un beau chassé croisé de tous les personnages, qui se croisent, se rencontrent, se découvrent. Le hasard a sa place, mais on a surtout l’impression que le destin pousse tout le monde vers un même dénouement. Enfin, on appréciera le cheminement des réflexions de personnages assez inattendus, et les révélations qui expliquent le tout ont beau arriver presque à l’improviste, sur trois tomes elles sont globalement bien réparties afin de nous offrir une série courte, mais très condensée.

Il suffit d’ailleurs de voir l’épaisseur des opus pour savoir que la lecture sera compacte. Dans de telles conditions, le prix est largement rentabilisé. Dommage que le papier ne soit pas d’un blanc immaculé, et ce même si l’on ne constate pas de transparence intempestive. Pour parler du style de l’auteur … Les dessins sont certes particuliers, mais correspondent tout à fait aux deux visages de la narration. Tous les traits sont arrondis et mignons, presque enfantins. Mais les expressions marquées ainsi que la précision et les nuances sombres que les décors comportent permettent d’amoindrir la naïveté mièvre qui se dégage de la douceur de Misaki ou de Nio. Ceci dit, il faut dire que ladite douceur est très agréable dans ce type d’histoire, puisque cela permet de s’évader quelque peu, voire de faire une pause dans une narration un peu compacte. Avouons enfin que cela permet d’ouvrir le public visé, étant donné que le Monde de Misaki est alors aussi bon par son scénario que par ses graphismes délicieux pour les yeux. Même s’il semble parfois grossier, l’auteur fait toujours preuve de beaucoup de précision et de finesse dans ses planches, et l’alliance d’un petit moment de suspense avec beaucoup de rondeurs est une réussite. Voilà une petite série qui ne paye pas de mine mais qui saura plaire, séduire et charmer le temps de trois tomes.


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.5/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

18.00,18.00,17.00

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