Viewfinder Vol.1 - Actualité manga

Viewfinder Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 31 March 2010

Le tant attendu Viewfinder, référence dans le genre yaoi pour la plupart des lectrices, sort enfin en France ! La série comporte pour l’instant cinq volumes en VO, mais les tomes étant tous plus ou moins indépendants, cela explique cette impression de premier tome terminé, d’aboutissement à l’histoire. Surtout que ce titre regroupe trois chapitres « bonus » pour à peine trois de l’histoire principale ! La plupart des fans auront (re)découvert la série dans le Be boy, dont les trois premiers tomes présentent deux chapitres de Viewfinder et la première nouvelle bonus, tandis que le quatrième opus introduit d’ores et déjà le volume 2 de l’œuvre. Le récit principal se base sur Akihito Takaba, un photographe indépendant dont le boulot consiste à immortaliser des scènes dangereuses telles qu’un échange lors d’un trafic de drogue. Les dangers sont donc indissociables de son métier, et à cause d’un scoop qu’il croyait bon, le jeune homme va se mettre à dos Asami, yakuza aussi cruel que séduisant. Le début du tome commence bien, avec beaucoup de dynamisme, pas de mièvrerie lycéenne en vue, et même un début d’affrontements, de conflits entre différents protagonistes. Seulement, là où Ayano Yamane déçoit, c’est par la manière dont elle commence à mettre en place la relation entre les deux personnages principaux. Qu’il y ait viol dans le monde mafieux, on peut encore l’envisager bien que les scènes soient presque dérangeantes. Mais ce qui ne passe pas, c’est l’insistance pesante sur le désir du violé. Peut être faudrait il pouvoir expliquer que les réactions naturelles d’un corps masculin ne signifient pas forcément qu’il y ait une envie au départ, ni que la victime aime ça. Le corps et l’esprit ne sont pas superposables.


On pensait avoir tout vu avec le premier chapitre, explicite, choquant et explorant sous toutes les coutures Takaba et les pratiques sadomasochistes qu’Asami semble adorer. Pourtant, le deuxième n’est pas mieux … Le héros s’y fait alors sauvagement violer deux fois, par deux rivaux de toujours, l’un pour blesser le premier, l’autre pour récupérer son jouet. A vrai dire, ce qui dérange le plus dans cette affaire, c’est encore la joie de vivre de Takaba (oui oui le viol n’est pas une catastrophe dans une vie, c’est prouvé …) et surtout ses réactions face à la violence qu’Asami lui a infligée, même si ce dernier se rattrape en le sauvant de la mafia chinoise, pour le prendre à son tour. Son regard exprime toujours rébellion, dégoût et douleur bien que les amatrices du récit y trouveront du plaisir. On sent bien que le jeune homme a envie d’échapper à cela. Pourtant, il revient inlassablement vers Asami, le laisse entrer chez lui et fait tout pour ne pas fuir très loin, alors même que rien ne le rattache plus à sa vie actuelle. Cette attitude est toujours la même tout au long du tome, et pourtant Takaba semble au final apprécier de se faire violer avec tant de fougue, puisqu’il s’empresse de rester proche d’Asami et de ses combines douteuses. Bref, on ne comprend pas trop où l’auteur veut en venir avec son sexe sans fondement, d’où il ne ressort strictement rien. Takaba n’est qu’un corps où tout le monde peut venir faire ses besoins, de toute façon il ne compte pas se rebeller pour de vrai … 


A propos des histoires bonus … Love lesson reste dans le stéréotype du soumis faussement rebelle et du bourreau au regard dur. Sans le SM, mais avec une certaine dose de non consentement, le sexe est le véritable but tandis que les cigarettes ne sont qu’un prétexte. Comme prévu, on touche ici la spécialité de l’auteur, avec des scènes crues sans aucun intérêt, dénuées du moindre sentiment sans suite ni continuité, en un mot : vides. D.N.A of love est déjà plus intéressant, dans la mesure où l’on a le temps d’apprivoiser un peu les personnages avant qu’ils ne couchent joyeusement suite à la découverte poignante de l’homosexualité de leurs pères respectifs. Un peu tirée par les cheveux, cette nouvelle n’en reste pas moins la seule qui soit potable. Quant à la dernière, Risky society, l’histoire est un peu floue et très mal développée en seulement quelques pages, si bien que l’on ne comprend pas tout ou bien que l’on n’accroche pas avec ce qui a été compris. Enfin, le dernier chapitre de Viewfinder ne fait que quelques pages et n’existe non pas pour cacher un semblant d’intrigue mafieuse mais pour exhiber encore les parties génitales d’un Takaba se faisant prendre par Asami. Superbe … 


Seuls les dessins sauvent l’honneur du manga. Aves son trait fin, ses proportions correctes malgré certains stéréotypes de carrures et la fluidité des mouvements des protagonistes, ainsi que les détails dont fait preuve la mangaka dans les scènes les plus chaudes, le tout s’en sort bien si l’on parvient à faire abstraction du récit. Toutefois, il est à noter que malgré son talent, la jeune femme ne parvient pas à différencier avec aisance tous ses personnages. L’exemple flagrant est celui de Takaba, qui ressemble fortement au héros de Risky Society. On ne pourra cependant pas reprocher le dynamisme de la mise en page, qui se concentre sur les détails importants d’une narration tonique, ni l’effort manifestement fait au niveau des arrières plans. Pour exemple, l’auteur varie les prises de vues, en profitant des plongées ou contre-plongées pour relever un sentiment de puissance ou de soumission. Seule la froideur des visages est alors critiquable, mais cela colle parfaitement à un récit dénué de sentiments réels. Asuka fait donc fort avec ce titre, qui est à tord une légende dans le monde du yaoi. L’édition est globalement bonne, sauf peut être une légère gêne au niveau des nombreuses onomatopées présentes dans le manga : leur traduction mais non adaptation alourdit les pages et donc la lecture. En tout cas, que les néophytes passent leur chemin, ou alors soient prévenus : il n’y a que du sexe pour du sexe, aucune directive dans l’histoire et surtout des scènes relativement osées, même pour des habitué(e)s ! La question est : comment ce manga peut-il être autant apprécié ?


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

11 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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