To Your Eternity Vol.4 - Actualité manga

To Your Eternity Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 13 December 2017

Un Knocker, être conçu pour dérober les formes qu'Imm a acquises et ainsi l'affaiblir a fait irruption et s'en est pris à lui, mais grâce à l'intervention de son ami Googoo l'être immortel a pu s'en sortir et récupérer la personnalité qui lui avait été volée. Depuis, quatre ans se sont écoulés. Quatre années pendant lesquelles Imm, en même temps que son entourage, a évolué. Comme un humain normal. Il a appris à parler couramment et a gagné en assurance. Son corps a grandi jusqu'à devenir celui d'un jeune homme classique, car il n'a pas eu besoin de refaire appel à ses métamorphoses. Et cette vie simple semble lui aller, car il a décidé de vivre ainsi avec Googoo et les autres, d'autant qu'aucun Knocker n'est réapparu depuis.


Le vieux Saké et Piolan sont toujours là, veillant sur Googoo et lui, et s'inquiétant pour eux comme le feraient de vrais parents. Goog lui-même a bien grandi, lui aussi, en s'étant sculpté un corps robuste, mais en cachant encore et toujours son visage. Quant à Lihn, elle est devenue une superbe jeune fille, sur le point de fêter ses 16 ans, et donc de rencontrer l'homme qui lui a été promis en mariage. Observateur, Imm a bien compris que l'amour de Googoo pour Lihn est devenu réciproque, mais ses deux amis ont encore du mal à se l'avouer. Pour bousculer la situation, peut-être faudra-t-il plusieurs événements : la réapparition du grand frère de Googoo qui l'avait abandonné et a de profonds regrets, la fête des 16 ans de Lihn qui risque de sceller son futur mariage arrangé, voire le retour soudain d'une terrible menace...


Après son ellipse de quatre ans, Yoshitoki Oima nous fait parfaitement ressentir à quel point Imm semble avoir trouvé une place qui lui est chère en ce lieu. Saké et Piolan sont de parfaits parents de substitution, Googoo est à la fois son plus proche ami et comme un frère, il veille à sa manière sur Lihn... Son apprentissage de ce qui fait l'être humain s'est ainsi poursuivi dans un cadre bon et serein, où, en observant ses proches, il continue de découvrir peu à peu certaines notions, comme le mariage, l'amour, les bonnes relations... Et cela semble tout aussi vrai pour les autres. En continuant de venir les voir régulièrement, Lihn montre bien tout son attachement. Saké et Piolan démontrent toujours une bienveillance parentale. Et, surtout, il y a la réaction de Googoo quand réapparaît devant lui Shin : peut-il accepter facilement de suivre ce grand frère qui l'a laissé tomber, alors que désormais il s'est trouvé une vraie famille ?


De façon à la fois rapide et claire, Oima, par la maîtrise de son histoire et son souci de ne pas rallonger les choses, nous fait très bien ressentir ce qui lie les personnages, et peut alors véhiculer une nouvelle donne importante : le fait de trouver le courage de se battre pour ce qu'on veut dans la vie. Et cela passera très bien dans la suite concernant la relation de Goo et Lihn, avec en point culminant la fête des 16 ans de la jeune fille. A partir de là, difficile de parler de la lecture sans en dire trop, alors, évoquons simplement la puissance narrative et visuelle dont est capable Oima quand il le faut, que ce soit lors des instants plus sentimentaux (le tête-à-tête du chapitre 27 est d'une intensité exemplaire, que d'émotions plus ou moins contenues dans les paroles et dans le visage de Lihn !), ou quand ressurgit de la plus terrible des manières le danger. Sur ce dernier point, Oima ne brille pas forcément par la lisibilité des scènes d'action que cela amène, mais plutôt par l'intensité que dégagent son découpage et ses cases bien denses, qui servent très bien l'intensité dramatique qui s'installe peu à peu... jusqu'à un nouveau choc magnifiquement mené, d'abord par sa brutalité, puis par sa concrétisation d'un amour, et enfin par la tournure très onirique que le récit prend une nouvelle fois en mêlant la réalité et le rêve.


Les principaux regrets viendront du rôle finalement très moindre de Shin, et de certains rebondissements qui surgissent beaucoup trop "quand il faut" (ce balcon qui s'écroule juste à ce moment-là...). Mais pour le reste Oima mène bien les choses, sait dégager une beauté incroyable et des émotions vraies sans avoir besoin d'en faire trop. La mangaka peut alors refermer son arc avec force et en nous faisant bien ressentir tout ce qu'Imm a encore acquis. Et elle peut entamer un nouvel arc qui démarre rapidement, non sans quelques facilités là aussi, mais dont on attend de voir ce qu'il donnera. Oima peaufine également encore un peu plus le rôle de l'observateur et celui des knockers, et précise bien les conséquences pour Imm s'il se fait "voler sa mémoire" (cela signifierait oublier les êtres qui l'ont forgé). Elle précise aussi la perception qu'Imm a de la douleur des autres, les questionnements qui commencent à se faire en lui (il commence à s'interroger sur ce qu'il est), et son évolution vis-à-vis de son rôle, de l'observateur et des autres : il devient plus "capricieux", refuse d'obéir aveuglément à l'observateur, mais en même temps il veut protéger ses amis, et prend alors plus que jamais des décisions par lui-même.


Malgré quelques raccourcis/facilités, Yoshitoki Oima séduit toujours avec ce récit puissant et fascinant, aux côtés de cette entité immortelle attachante qui évolue peu à peu.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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