The isolated Zone Vol.1 - Actualité manga

The isolated Zone Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 19 December 2018

Jusqu'à présent, les éditions H2T nous ont habitué à des créations originales, par des auteurs français et italiens. De la fantasy à la romance en passant par le gag-manga et la tranche de vie dramatique, bien des genres ont été visités dans le catalogue de l'éditeur. Avec The Isolated Zone, H2T propose son premier titre japonais, à mi-chemin entre l’œuvre de licence et la création originale. Intitulé Shinku Chitai au Japon, le titre a d'abord été publié par la mangaka Nao Yazawa en tant qu'amatrice, avant ses débuts en tant que professionnelle, et n'a donc pas été proposé par une maison d'édition au Japon. Une publication intéressante, donc, notamment parce que c'est l'occasion pour nous de découvrir l'autrice en France.

Un grand tremblement de terre a ravagé le Japon, provoquant une contamination à grande échelle de « Z », arme biologique développée en secret par un laboratoire. L'épidémie se concentrant dans la région du Kantô, le gouvernement japonais a décidé de l'isoler, abandonner ses habitants à leurs tristes sorts.
Tetsu est un de ces résidents d'un Kantô poste-apocalyptique, dépeuplé et ravagé. Dirigeant une poignée d'autres enfants, le leader et les siens tentent de survivre par tous les moyens, et doivent lutter aussi bien contre d'autres survivants que contre les aléas naturels. Leur survie prend un nouveau tournant quand un nouveau groupe violent fait son apparition avec, à sa tête, un mystérieux individu connu sous le nom de « L'Empereur »...

Avec The Isolated Zone, titre initialement écrit en 1980, Nao Yazawa explore le genre de la survie en terre post-apocalyptique, un genre régulièrement exploité et dont le fier représentant de l'époque était sans conteste Hokuto no Ken, bien que le thème des arts martiaux s'y mêlait. Mais ici, pas de grands combats, ni de héros valeureux : ce premier tome nous propose de suivre un groupe d'enfant dirigé par le jeune Tetsu, luttant pour sa survie au quotidien.

La lecture de ce premier tome peut se montrer assez déroutante, tant il est difficile de savoir exactement où souhaite se diriger le scénario. L'introduction met d'abord l'accent sur le virus « Z », avant que cette piste ne devienne qu'un détail pour la suite qui se concentre sur le quotidien de Tetsu et sa bande, quotidien qui prendre un autre tournant vers la moitié de tome. Le fait que The Isolated Zone soit une œuvre de jeunesse, et jamais publiée professionnellement au Japon, se ressent grandement. Ce premier opus s'imprègne d'une certaine liberté et ne correspond à aucun cheminement précis, laissant alors une marge de manœuvre permanente pour nous surprendre, ce qui n'y manque pas à certains moments. L'exemple le plus marquant a lieu vers la moitié de tome qui nous prend plutôt bien aux tripes tant on n'avait pas vu le rebondissements venir, et montrant alors un univers régit par la loi du plus fort, où la mort n'est jamais bien loin.

Une image sombre et finalement assez lointaine du début de tome où le quotidien de la bande de Tetsu marque une ambiance plus légère, très orientée vers la survie, avec un zeste de bravoure et parfois même un peu d'humour. Une formule qui aurait pu se montrer efficace si la mise en place s'était un peu plus étalée dans le temps. Car, au final, difficile de se familiariser avec tous les personnages présents, mis à part deux ou trois têtes dont les caractères ressortent plus facilement. Peut-être est-ce parce que l'autrice s'est rendu compte de ceci qu'elle a amené le grand twist scénaristique marquant du tome, qui pour le coup amène une dynamique totalement différente et plus fluide à la série.

Aussi, la narration de Nao Yazawa est vraisemblablement celle d'une débutante. Le récit a parfois tendance à passer du coq à l'âne, et il faut se montrer concentrer à certains moments pour saisir tout ce qui se passe sur les planches. Reste que ce sont des erreurs de débutant et que le récit gagne en fluidité dans sa seconde partie, proposer les deux premiers tomes en simultanée constitue alors sûrement un point positif avant de ne pas s'arrêter sur un a priori mitigé pour The Isolated Zone.

Enfin, atout indéniable du titre : son style daté. Le manga ayant été dessiné dans les années 80, les influences d'époque se ressentent énormément, ce qui apporte une certaine fraîcheur en 2018. Sachant que la mangaka avait, à l'époque, une grande marge de progression, il y a de quoi être curieux d'observer l'évolution de sa patte visuelle, et de quelle manière celle-ci va s'affiner.

Côté édition, H2T nous offre une bonne copie. Papier de qualité et traduction vivante signée Kenzaburo Kuriki, il ne manquait peut-être qu'une page couleur pour embellir le tout.

Alors, bilan un poil mitigé pour ce premier tome de The Isolated Zone. Le fait que Nao Yazawa était, à l'époque, amatrice joue énormément, les principales lacunes de ce premier volet étant d'ordre narratif. Mais la série a une marge de progression importante, et il y a de quoi penser que l'édition simultanée des deux premiers tomes est vouée à présenter tout le potentiel de l’œuvre.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

12 20
Note de la rédaction






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