Strange Days - The Apocalypse of Devilman - Actualité manga

Strange Days - The Apocalypse of Devilman

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 17 August 2018

"Nos dernières vacances d'été de lycéens... furent aussi les dernières de notre vie."

En 2015, les éditions Black Box nous proposaient de découvrir en France Amon, un spin-off du célèbre Devilman de Gô Nagai lancé au Japon en 2000, dans lequel le mangaka Yû Kinutani (Ghost in the Shell - Stand Alone Complex, Shion, Leviathan...) se réappropriait cet univers en lui offrant de nouveaux approfondissements, pour un résultat qui, dans l'ensemble, se révélait passionnant. Quelques années plus tard, en 2005, Kinutani décide de récidiver avec Strange Days, un one-shot qui, cette fois-ci, vient entièrement de son esprit au niveau de l'histoire. Une nouvelle fois, il s'agit pour l'artiste de s'imprégner de l'univers de Devilman... mais aussi de celui d'Amon.

Shikoku, dans les années 1970. Kira, Ryû et Roku sont trois lycéens formant un groupe de rock en devenir, The Flyers. Tous trois bons amis, deux d'entre eux cachent toutefois un secret: là où Roku est totalement humain, ce n'est pas tout à fait le cas de Ryû et Roku. Ils sont également amis avec deux soeurs, les Mikimura, amies d'enfance de Roku. La grande soeur, Maki, a leur âge, et Ryû a secrètement le béguin pour elle. Quant à la plus jeune Saki, elle est alitée depuis l'enfance pour une maladie inconnue... Vivant leur vie adolescente le plus paisiblement du monde, ils voient soudainement les choses basculer quand ils se retrouvent impliqués dans la guerre entre les Devilman emmenés par Akira Fudô, et les Démons. Tandis que le chaos s'abat partout, chacun d'eux va devoir choisir son camp, quitte à bouleverser leur amitié...

Se déroulant dans les années 70 dans une autre ville que celle de Devilman ou d'Amon, Strange Days se présente comme un parfait récit parallèle (et non spin-off ou réinterprétation) aux événements de la série-mère de Gô Nagai. Yu Kinutani, qui laisse deviner l'ambiance tragique dès la première phrase du tome, va y reprendre les très grandes lignes de Devilman voire de son Amon: le conflit entre Devilmen et Démons, l'inévitable, issue apocalyptique... et, bien sûr, certains des thèmes les plus sombres de Devilman, en tête desquels la montée en puissance de la folie et de la violence humaines face à ce qu'ils ne connaissent pas et ne maîtrisent pas, ce qui aura ici des conséquences dramatiques, en plus de sceller le choix de chacun des héros: les humains ne serait-ils pas pire que les Démons ? Méritent-ils vraiment d'être sauvés ?

Autour de ces thématiques fidèles au Devilman d'origine, Kinutani brode une histoire certes un peu rapide sur certains points (entre autres, les soeurs Mikimura auraient mérité un petit peu plus d'approfondissement), mais qui se tient très bien. Dans les événements et via certains personnages, le mangaka trouve un excellente cohérence par rapport à Devilman et Amon, auxquels il n' a aucun mal à bien rattacher ce one-shot. Qui plus est, on cerne facilement l'amitié entre les adolescents et le déchirement de leurs choix, notamment à travers leur lien commun avec la musique rock.

Rock, ce one-shot l'est d'ailleurs bel et bien, autant dans son esprit que dans ses références. Références disséminées au fil de la lecture bien sûr, mais aussi au niveau des titres de chapitres et de celui du manga lui-même puisque chaque titre est un clin d'oeil à des (bonnes) chansons rock de l'époque. Clins d'oeil qui, d'ailleurs, ont toujours un sens par rapport au contenu du manga.

Côté références, notons aussi le jeu de Kinutani entre les noms des personnages de son one-shot et ceux de Devilman: Akira/Kira, Ryô/Ryû, Miki Makimura/Maki Mikimura... et ça ne s'arrête pas là, le mangaka glissant aussi quelques petits clins d'oeil à d'autres mangas de Nagai (L'école impudique en tête).

En fin de tome, on a droit à une assez longue postface du maître Gô Nagai en personne, intéressante à parcourir. Pour le reste, l'édition française est dans les standards de Black Box: grand format sans jaquette mais avec couverture à rabats. Tout comme sur Devilman VS Getter Robot, Aline Kukor livre une très bonne traduction, bien impliquée, avec quelques notes quand nécessaire pour cerner certaines références. Il n'y a pas de coquille à noter, le travail de correction est soigné lui aussi. La couverture possède un certain cachet avec son illustration qui donne le ton. Enfin, papier et impression sont de très bonne qualité.

Pour se replonger dans l'univers de Devilman et d'Amon, Strange Days s'avère être une excellente lecture dans l'ensemble, Yû Kinutani menant assez bien son histoire, proposant une très bonne cohérence avec les deux oeuvres citées précédemment, et dévoilant à nouveau des planches très esthétiques et denses.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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