So I’m a Spider, So What? Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 02 September 2020

Avec So I’m a Spider, So What?, c'est un récit isekai assez réputé qui arrive enfin dans nos contrées. A l'origine, l'oeuvre est un light novel nommé Kumo desuga, nanika?, inédit en France, et écrit par Okina Baba. Parue initialement sur un site de publication en ligne japonais, cette série de romans est commercialisée par l’éditeur japonais Kadokawa Shôten depuis 2015 et compte actuellement 12 volumes. Les illustrations sont alors réalisées par Tsukasa Kiryu.
À la suite de l’engouement des lecteurs pour les romans, la série est alors adaptée en manga par Asahiro Kakashi dès décembre 2015, en et cette version est toujours en cours au Japon dans le magazine Young Ace Up de Kadokawa.
Bien qu'inédit en France jusque-là, Asahiro Kakashi est un mangaka déjà expérimenté, qui a débuté dans la deuxième moitié des années 1990, tout d'abord dans le registre du hentai où il a pas mal officié pendant plusieurs années, avant de s'étendre petit à petit à d'autres genres. Depuis 2019, il est aussi connu pour plancher sur l'histoire de la version manga de Princess Connect! Re:Dive, d'après le jeu de Cygames.
Enfin, la licence So I’m a Spider, So What? ne s'arrête pas au light nove et à son adaptation manga: un spin-off manga a été lancée en 2019 au Japon sous le nom Kumo Desu ga, Nani ka? Daily Life of the Four Spider Sisters, et une adaptation en série animée est attendue à partir de janvier 2021 sur Crunchyroll. Celle-ci était initialement prévue pour cet automne, et sans doute est-ce pour ça que Pika a lancé le manga en septembre afin de profiter de l'actu, mais l'épidémie de COVID-19 en a décidé autrement.

Tout commencé par des pages quasiment noires, où une lycéenne lambda se demande ce qui est en train de lui arriver. Il y a quelques minutes encore, elle était en cours de littérature classique où elle somnolait, quand soudainement tout s'est brouillé, elle s'est mise en ressentir une vive douleur, a même temporairement perdu ses 5 sens... Mais quand elle parvient enfin à briser l'étrange coquille qui la plongeait dans le noir total, elle a la surprise d'être entourée de plein d'araignées dans une grotte ! Mais c'est bien là le cadet de ses soucis: juste après, elle constate qu'elle a une vue à 8 yeux, qu'elle a 8 pattes, que le sol est plus près d'elle qu'avant... Bref, aucun doute: de manière inexplicable, elle-même est devenue l'une de ces araignées. Finissant vite par comprendre qu'elle a subi une réincarnation dans un corps arachnide, elle constate aussi qu'elle est donc on ne peut plus faiblarde, et que ses frères et soeurs araignées ne sont pas forcément très sympas en se bouffant entre eux, et que sa supposée "maman" infiniment plus grande semble bien désireuse de boulotter elle-même ses rejetons. Avant même de faire le point et de se remettre de ses émotions, pas de temps à perdre pour notre héroïne arachnide: il faut fuir, fuir, fuir !

A l'instar de récits comme Moi, quand je me réincarne en slime ou Re:Monster, So I’m a Spider, So What? s'inscrit donc dans cette veine d'histoire isekai où le personnage principal se retrouve réincarné dans le corps d'un des monstres les plus faibles du bestiaire fantasy. Mais contrairement au gobelin de Re:Monster ou au slime de Moi, quand je me réincarne en slime qui parviennent tout de même très vite à obtenir des compétences bien cheatées, ici le début du récit d'Okina Baba séduit pour une chose: pendant toute la durée de ce premier tome, bien souvent notre pauvre petite araignée apparaît plutôt toute pourrie, et il lui faudra donc bien des efforts pur parvenir à survivre dans une gigantesque grotte labyrinthique dont elle ne connaît rien et fourmillant de dangers !

L'intérêt premier de ce début de série est donc de voir l'araignée faire ses premiers pas dans ce nouveau cadre, découvrir un bestiaire rarement agréable (surtout à son échelle de petite araignée de niveau 1), et voir de quoi elle est capable exactement. Au tout début, c'est simple: elle est totalement nulle. Son seul talent semble de pouvoir tisser des toiles très solides grâce à son fil, et de fuir à toutes jambes (enfin, à toutes pattes). Elle comprend tout de même au fil des pages qu'elle est dans un monde ressemblant beaucoup à celui d'un jeu vidéo avec ses acquisitions de compétences, ses évolutions, ses barres de vie/magie/endurance... mais ce n'est pas pour autant que les choses seront faciles pour elle, en témoignent son inexpérience complète (elle est fort logiquement au niveau le plus bas au début), la dépense initiale de tous ses points de compétence dans une capacité "analyse" qui lui semble d'abord complètement inutile (en lui disant en description d'un mur "mur", vous voyez le genre), son obligation de dévorer des choses fort peu ragoûtantes (du coup, mention spéciale à l'acquisition du titre "dévoreur de saloperies" qui m'a bien fait sourire), ses conflits avec nombre de bestioles... sans oublier des présences humaines forcément pas du tout amicales face à une arachnide. Néanmoins, cette lycéenne, peu attachée à sa vie d'avant (ses parents étaient indifférents, elle n'avait pas d'amis et se réfugiait dans les mondes imaginaires des jeux vidéo), devient bien décidée, petit à petit, qu'elle est enfin capable de quelque chose dans cet "autre monde qui est un peu pur elle une nouvelle "chance (si l'on peut appeler ça ainsi...). Elle progressera donc à son échelle d'araignée, c'est-à-dire petit à petit, mais elle progressera malgré tout, finissant même par déjà apprendre 2-3 petites choses sur ce monde et sur le lieu souterrain où elle se trouve.

Le charme de ce début de série passe toutefois avant tout par un humour assez décapant, qui réside beaucoup dans le statut d'araignée "presque inoffensive" de notre héroïne, dans ses réactions souvent décalées (il faut la voir avoir plein de geste humains avec ses pattes) et dans ses réflexions souvent pas piquées des hannetons. On s'amuse beaucoup en suivant cette créature énergique, que ce soit pour se défendre, fuir ou encore manger. Et c'est d'autant plus efficace que la narration amène souvent très bien l'humour, et que les visuels s'appuie joliment sur un design délicieux pour notre héroïne, qui affiche nombre de bouilles rigolotes prenant le dessus sur son gros abdomen. Si bien qu'on a sans doute là l'araignée la plus craquante de la sphère manga (à condition de ne pas être excessivement arachnophobe, probablement). A part ça, pour rester sur les dessins, le reste du bestiaire est soigné (surtout pour certaines créatures forcément un peu flippantes à échelle d'araignée), et les décors sont efficaces, même s'ils sont évidemment très limités vu que pour l'instant tout se déroule dans une gigantesque grotte labyrinthique et obscure.

"Si seulement je pouvais tomber sur un paquet de nouilles instantanées..."

Il ne reste plus qu'à voir ce que donnera le récit sur la longueur, mais en attendant, So I’m a Spider, So What? démarre très bien en offrant son propre charme dans un registre isekai surchargé ces dernières années.

Côté édition, ça pêche un peu au niveau du papier crème où l'encre bave un peu si on ne fait pas attention, mais en dehors de ça l'impression est honnête, et Emmanuel Bonavita livre une traduction fluide et assez inspirée dans les réaction de l'héroïne.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
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