Slam dunk - Star Edition Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 07 May 2019

Chronique 2
  
Takehiko Inoue est un auteur particulièrement apprécié, et son œuvre Slam Dunk culte. Pourtant, les éditions Kana ne se sont plus repenchées sur le titre après l'édition initiale, en 31 volumes. Une édition deluxe est pourtant parue au début des années 2000, au Japon, mais le risque semblait trop important pour l'éditeur franco-belge. Alors, la réédition japonaise de Slam Dunk de 2018, compilant la série en 20 tomes, semblait être une occasion plus propice. Alors que les amoureux de la série et d'Inoue attendaient l'édition deluxe, c'est cette réédition au format plus classique qui nous est proposée, en cette année 2019. Une réédition alléchante et qui sera marqué par quelques faits éditoriaux, ce qui en fait presque un cas d'école.

Le collégien qu'est Hanamichi Sakuragi a accompli un véritable exploit : celui de se faire recaler par une cinquantaine de filles ! Son entrée au lycée pourrait-elle changer le destin amoureux du bagarreur impulsif ? C'est ce que Sakuragi pense lorsqu'il rencontre Haruko Akagi, demoiselle qui l'approche de son plein gré en lui demandant si... il aime le basket ! Une véritable victoire sentimentale pour Sakuragi qui tombe sous le charme, et se met à s'intéresser au club de basket de son lycée. Ses débuts de lycéens sont donc mouvementés... Mais l'adolescent pourra-t-il s'affirmer au sein du club étant donné son caractère, et sachant que le chef n'est autre que le frère de Haruko ?

S'il y a bien un manga de basket dont le titre résonne et reste important, même plus de 20 ans après sa fin, c'est bien Slam Dunk. S'il ne s'agit pas de la première œuvre de Takehiko Inoue, il s'agit de son premier manga majeur, et celui qui lui a donné ses lettres de noblesse. Alors, avoir droit à une réédition est une excellente idée, quand bien même on aurait rêvé de la version deluxe.

Mais contre toute attente, les débuts de Slam Dunk ne nous mènent pas directement sur le terrain, pour des matchs endiablés. Ce premier tome, épais de plus de 300 pages, prend des airs de comédie lycéenne et instaure doucement les bases du récit. Après tout, Sakuragi n'a rien d'un passionné de basket, aussi il lui faut une douce immersion pour trouver un intérêt dans ce sport qu'il n'a jamais pratiqué. Pour ces raisons, ce début d'intrigue conserve une certaine fraîcheur, même en 2019. Certes, le trait de l'auteur n'est pas celui qu'on lui connait sur des récits plus ambitieux comme Vagabond, mais le mangaka développe tout de même sa propre manière de faire sur une amorce de récit sportif.

Si la couverture de ce premier volume présente un Sakuragi au regard déterminé, le protagoniste qui nous est présenté est bien loin de ce portrait. Et, soyons honnête, le héros de l'oeuvre n'est que peu appréciable sur ces premiers chapitres, pour ne pas dire détestable. Mais la volonté de Takehiko Inoue, à l'époque, semblait volontaire. On se prend donc à mépriser le tempérament de Sakuragi en même temps qu'on trouve le personnage attachant, sacré paradoxe durant la lecture, ce qui nous permettra de mieux l'apprécier par la suite. Le schéma de personnage est classique, mais c'est peut-être ce qui rendra le titre aussi fascinant : voir un loser s'affirmer sur le terrain, en découvrant l'amour du basket.

Car l'amour du basket, il est bien présent dans ce début de récit, et surtout vers la fin du tome. Bien qu'il n'en soit qu'aux débuts de sa carrière, l'auteur présente une certaine aisance pour représenter visuellement le basket, sport on ne peut plus dynamique et qu'il semble pourtant difficile de mettre en page. Mais la première rencontre présentée est fluide, et même assez haletante. Alors, il y a de quoi être curieux de voir le rendu, sur un match plus intense encore.

Mais plus encore que la réédition en elle-même, ce qui a fait grand bruit en France, c'est bien les circonstances de cette réédition. Outre la déception des fans de l'auteur de ne pas avoir droit à la version deluxe, sachant que le choix des éditions Kana se défend, bien des points autour de cette nouvelle version ont fait râler. Le plus important d'entre-eux, c'est cette offre promotionnelle consistant à découper à coin de l'ouvrage, pour l'envoyer à l'éditeur afin d'obtenir un poster exclusif au bout de quelques tomes. L'initiative est louable, mais la simple idée de devoir découper un morceau de son bouquin a de quoi donner des sueurs froides à tout amoureux du livre. A côté de ça, il y a de quoi se questionner sur la frise que composeront les dos des 20 tomes de cette édition. Kana a créé son propre visuel, éclipsant les dos colorés (mais ne constituant aucune frise) de l'édition japonaise contre un rendu grisâtre et, avouons le, peu engageant pour quiconque verra les tomes sur une étagère. Un autre choix discutable, donc.
Sur le reste, la qualité d'édition reste de bonne facture, mais n'est pas forcément transcendante. Pas de page couleur, un papier fin, et une traduction inchangée par rapport à la première édition. Dans ces circonstances, le prix, de 9,90€, semble assez fort. A titre de comparaison, pour moins d'un euro de plus, les éditions Glénat proposent une réédition de Ranma ½ de bien meilleure facture, avec papier de qualité, quelques visuels couleur, et traduction revue. On peut alors comprendre que cette réédition de Slam Dunk ait fait du bruit.

Pourtant, pour quiconque aimerait se lancer dans la série phare de Takehiko Inoue, cette nouvelle édition est une bonne initiative, ne serait-ce parce que son prix final s'avère moins élevé que celle de l'édition originale, pour quiconque l'achèterait aujourd'hui. D'autant plus que Slam Dunk est un titre important, tant pour son auteur que pour le Shônen Jump qu'il a marqué en son temps, et mérite donc d'être possédé par tout lecteur de manga qui se respecte.
  
   
Chronique 1
  
Il y a des titres qui marquent des générations entières et Slam Dunk est de ceux là! La titre est apparu en 1991 au Japon, il fut l'un des premiers shonens sportifs tel qu'on les connaît aujourd'hui, bien avant l'arrivée des Eyeshield / Haykyu / Hinomaru Sumo...et j'en passe, il est clairement celui qui a posé les bases du genre, qui a posé les codes qui sont encore utilisés de nos jours par les mangakas!
Et puisqu'on parle de mangaka, au commande de ce titre qui compte pas moins de 31 tomes, on trouve l'exceptionnel Takehiko Inoue, oui le même Inoue qui nous a offert (à son rythme) Vagabond et Real, des œuvres complexes et profondes! Le monsieur est désormais tellement connu et reconnu qu'on en oublie presque qu'il fut un assistant de Tsukasa Hojo.
Et on constate ici avec ses premiers pas que le maître a grandement évolué, tant dans son trait que dans sa manière de raconter des récits! Pour autant Slam Sunk était déjà un pur coup de génie, une œuvre référence qui même après toutes ses années conserve sa fraîcheur et son efficacité!
Outre son coté référence pour les titres du genre sportif, Slam Dunk possède également une aura particulière pour le lectorat Français; en effet Kana l'avait édité une première fois en 1999, alors que le manga commençait à peine à percer en France, autrement dit pour beaucoup parmi les lecteurs les plus âgés (et là je pleure en écrivant cela), Slam Dunk fut l'un des premiers titres qu'on a pu lire avec les Dragon Ball - Fly - Hokuto no ken - Yutu Hakusho - Bastard...une époque lointaine où le marché n'était pas encore saturé et où il n'étais pas si dur de tout lire ou presque!
Le titre a donc marqué tout une génération de lecteurs ce qui contribua à lui conférer cette aura aussi bien au Japon qu'en France!

Vingt ans plus tard, il paraissait aberrant que Kana n'ait pas encore proposé de réédition de ce chef d’œuvre cultissime...le mal est désormais réparé avec la nouvelle édition en date au Japon, toute récente puisqu'elle ne date que de 2018. Celle ci comptera 20 tomes au lieu des 31 de la première...pas des doubles tomes donc mais tout de même des volumes plus denses et plus épais.
Cette édition proposera également de nouvelles couvertures, redessinées par le maître lui même! Ainsi il est frappant de constater l'évolution entre le dessin sur la couverture et ceux proposées dans les premières pages...
Bref un vrai régal! Mais il est possible que certains d'entre vous ne connaissent pas encore Slam Dunk...il faut donc réparer cette erreur!

Hanamichi Sakuragi est un collégien bagarreur, arborant une banane, symbole des voyous...mais le plus gros problème de Hanamichi c'est qu'il ne plaît pas aux filles et qu'il encaisse râteau sur râteau!
En arrivant au lycée il rencontre la belle Haruko qui semble séduite par son physique et lui demande s'il fait du basket! Hanamichi ignore tout de ce sport mais prétend le contraire pour tenter de séduire la jeune fille! Mais il va alors être confronté à Kaede Rukawa, un élève de seconde comme lui, mais qui était une star du basket dans son collège! Bien entendu malgré sa grande gueule, Hanamichi ne peut pas lutter face au talent de son rival! Il n'est de plus pas au bout de ses peines puisqu'il va rentrer en conflit avec le capitaine de l'équipe de basket du lycée...qui n'est autre que le frère de Haruko!
Suite à de multiples quiproquos, notre jeune voyou va intégrer le club de basket (toujours pour séduire Haruko) où il finira par attirer l'attention, plus par sa détermination et sa détente naturelle que par son talent!

Tout ce qui précède l'entrée dans le club de basket de Sakuragi ne sont que des prétextes pour amener le personnage jusque là! Qu'il s'agisse des rivalités avec les terminales, des scènes de baston, voire même de la relation "amoureuse" des personnages, tout cela sera bien vite éclipsé par le basket et la construction de l'équipe!
En effet à l'inverse de Real où le basket n'est plus qu'un prétexte pour développer les personnages et leurs problématiques, ici c'est l'inverse, Inoue va s'attarder sur le basket, le reste ne sera qu'accessoire.
Mais il faut replacer tout ceci dans le contexte de l'époque, en effet lorsque le titre est paru au Japon (en 1991), non seulement les shonens sportifs n'étaient pas légions, mais surtout le basket n'était pas particulièrement un sport mis en avant au Japon, il a donc fallu que l'auteur passe par des moyens détournés pour attirer son public: cela passe donc par de la baston (ce que Inoue mettra particulièrement en avant lorsqu'il s'agira d'intégrer un nouveau membre dans l'équipe plus tard...mais justement on verra ça plus tard), mais cela passe aussi et surtout par beaucoup d'humour! Et à ce niveau on est servi! Et on le doit en grande parti à la personnalité extravagante de Sakuragi, en grand benêt attachant!
Lors qu'il est contrarié et qu'il pète un câble, il règle ça à grands coups de boules, ses camarades bagarreurs allant parfois jusqu'à se sacrifier en encaissant ses redoutables coups de tête pour éviter qu'il ne dérape sur d'autres personnes!
On a aussi Akagi le capitaine de l'équipe qui est sans cesse assimilé à un gorille ce qui donne souvent des situations savoureuses

Tout ça pour dire qu'il ne faudra pas longtemps avant d'être séduit par ce titre qui pour le moment n'est pas encore totalement rentré dans le vif du sujet...on a bien compris que ça allait traiter de basket mais pour le moment ce sport est relégué au second plan...mais cela ne durera pas. On sait qu'on va assister à un changement de ton; est ce que le titre sera toujours aussi drôle? Oui! Est qu'il va être toujours aussi intéressant et palpitant? Plus encore qu'il ne l'est!

Graphiquement, bien que déjà très correct, on est loin de niveau de maîtrise que Inoue finira par atteindre, mais cela ne l’empêche pas de nous livrer déjà des planches remarquables contribuant notamment à mettre en valeur ses personnages.

Nous avons là le début d'un grand classique et les premiers pas d'un grands maîtres, et rien que cela justifie l'achat de ce premier opus si vous ne possédez pas déjà la première édition.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

15 20
Note de la rédaction






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