Racailles de l'autre monde (les) Vol.1 - Actualité manga

Racailles de l'autre monde (les) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 19 April 2021

Chronique 2 :

Depuis quelques mois les Isekais ont le vent en poupe, à tel point qu'on en voit absolument partout, toutes les licences les plus importantes semblent s'y mettre, de Dragon Ball à Saint Seiya, en passant par City Hunter ou encore Baki!
Pour ceux qui ignorent encore ce qu'est qu'un isekai, il s'agit d'un récit mettant en scène un ou plusieurs personnages qui se retrouvent projetés dans un monde qui n'est pas le leur et qui possède des règles bien différentes du sien! Le plus souvent l'isekai est associé à la fantasy mais pas uniquement (et pourtant les exemples dans ce domaine pullulent depuis quelques mois / années). Et si le plus souvent il s'agit d'un personnage de notre monde qui voyage dans un monde de fantasy, cela peut aussi être l'inverse à l'image de "Dead Mount Death Play" (chez Ki-oon également) où un nécromancien commandant des hordes de démons voyage dans un monde dépourvu de magie...le notre!
Mais ici ce sera un isekai dans le sens classique du terme avec des lycéens de notre monde qui voyagent dans un monde de fantasy!

On retrouve aux manettes de ce nouveau titre qui compte actuellement trois volumes au Japon, Hiromasa Okujima dont un autre de ses titres, "Assistant Assassin" est en cours de publication chez Omake. Il est ici seul aux manettes, s'occupant du dessin mais également du scénario!
Le petit plus de ce titre est qu'il nous sort des sentiers battus maintes et maintes fois par les isekai de fantasy en mélangeant le genre avec une bonne grosse dose de furyo! Et c'est peut être ce qui va sauver le titre et lui permettre de se démarquer du genre!

Shinichi est un bagarreur dans l’âme, défiant sans cesse les leaders des autres gangs des lycées voisins! Avec ses trois potes de bastons Shiro, Masamune et Ryuji, ils se sont attribués le titre des "quatre rois célestes"...bien que nombre de loubards du secteur aiment à s'affubler de titre plus ou moins pompeux et galvaudés!
Mais Shinichi, bien qu'en seconde a fini par atteindre son objectif de devenir le leader de son lycée technique ainsi que du quartier, ayant déjà écrasé tous ceux qui auraient pu prétendre à ce titre...il estime alors n'avoir plus aucun défi à relever et perd alors toute motivation...
Jusqu'à ce qu'un nouveau défi absolument incroyable se présente à lui: à la suite d'un tremblement de Terre non annoncé, les quatre lycéens se rendent compte que leur lycée est désormais entourée d'une foret...rapidement il vont se retrouver face à une jeune fille poursuivi par un tréant! Shinichi parvient à découper le monstre à l'aide d'une tronçonneuse et passe alors pour un héros aux yeux de la jeune fille ainsi qu'à ceux des habitants de son village! Les quatre camarades sont contraints d'admettre l'invraisemblable: ils ont voyagé dans un autre monde! Shinichi retrouve toute sa motivation et se fixe désormais pour objectif de renverser le roi du mal qui fait régner la terreur sur ce monde!

Je n'en plus des isekai!!!! J'en ai marre d'en voir partout à (presque) toutes les sauces, en particulier dans des séries mythiques comme City Hunter ou Saint Seiya! A croire que les auteurs (ou plutôt les éditeurs) sont devenus incapables de créer un récit autre qu'un isekai! Je veux bien entendre que cela soit à la mode mais à ce point cela a réussi à m'en dégoûter!
Autant dire que je n'attendais pas spécialement ce titre, je n'étais même pas spécialement motivé pour le lire...et pourtant je suis contraint d'admettre que non seulement j'ai apprécié cette lecture mais qu'en plus je me suis bien amusé!

On va très rapidement rentrer dans le vif du sujet, il ne faudra que quelques pages de présentation pour cerner les personnages et leurs vies...du furyo classique qui va rapidement se mélanger avec de la fantasy...mais ici la fantasy sera tournée en dérision puisque nos héros vont non seulement découvrir un monde plein de magie mais surtout ils vont vivre cette aventure comme un RPG!
Le premier "combat" dans ce monde et vraiment des plus savoureux: face à un tréant (un arbre vivant) Shinichi va se fracasser les poings comme un idiot avant de se rappeler qu'ils sont dans un lycée technique (détail qui a son importance) et va donc vaincre le monstre à coup de tronçonneuse!
Mais c'est dans le village que l'on va surtout constater à quel point l'auteur se fait plaisir: l'ancien du village va observer les points de compétences des personnages comme dans n'importe quel RPG, ainsi chacun des quatre bagarreur va se voir attribuer une classe en fonction de ses MP, ses HP et sa force!
Et très honnêtement je ne l'avais pas vu venir celle là! A priori tout le reste sera présenté comme une quête classique de RPG avec des boss, de l'expérience à gagner pour augmenter ses niveaux et ses compétences, des quêtes secondaires avec des items magiques à récupérer...
Tout y est mais tout ceci est tourné en dérision et c'est notamment pour ça que cela fonctionne! On a un Shinichi avec 0 en intelligence, les quatre lycéens qui se retrouvent face à une épée magique à sortir de la pierre (tel Excalibur) qui vont la libérer à coup de perforateur puis d'un burin...des codes détournés pour un humour qui fonctionne!

Bien entendu qui dit monde de fantasy dit également bestiaire de fantasy et là encore l'auteur va détourner les codes avec humour en nous présentant un orc à tête de porc, rejeté par les humains mais également par les porcs, un slime que Masamune veut rapporter à son petit frère, des insectes meurtrier simplement vaincus à coup d'insecticide...

Donc l'aspect comique du mélange des deux univers et de la bêtise des personnages fonctionnent à merveille, cependant on peut légitimement se demander si une telle recette tiendra sur la durée, on peut également en avoir marre de n'avoir que des héros de 16 ans, d'autant que là Shinichi apparaît bien trop fort pour un ado de cet âge...
Donc le premier volume fonctionne sans mal et il y a de quoi être vraiment curieux pour la suite, mais avec quelques réserves toutefois, pas sur que les gags qui nous font rire maintenant le feront tout autant dans quelques volumes.

Le dessin est soigné et dynamique, la mise en scène collant davantage avec le furyo qu'avec la fantasy, les personnages sont expressifs et se montrent rapidement attachants.

Un bon premier tome qui renouvelle de la meilleure des façons un genre déjà redondant et dont on pensait avoir fait le tour. Et malgré quelques interrogations on ne demande qu'à être rassuré par la suite!


Chronique 1 :

Depuis quelques mois, Hiromasa Okujima semble être un mangaka qui a le vent en poupe dans notre pays. Avec son côté un peu barré et décalé, l'auteur fut d'abord découvert à partir de mai 2020 aux éditions Omaké manga avec Assistant Assassin, une série d'action teintée d'humour, centrée sur un jeune homme assistant de mangaka le jour et assassin la nuit. On l'a ensuite retrouvé l'automne dernier dans un tout autre genre, aux éditions Boy's love, avec Akamatsu (et) Seven, où il met en image un scénario de Shoowa avec son style "furyo" bien à lui. Et en ce tout début de mois d'avril, le voici donc aux éditions Ki-oon avec l'une de ses séries les plus récentes !

En cours de parution au Japon depuis le tout début de l'année 2020 dans le magazine Gekkan Action de Futabasha sous le titre Isekai Yankii Hachiôji (Eight Princes Go to the Teppen), Les racailles de l'autre monde est une série compte actuellement 3 volumes dans son pays, et qui a l'idée saugrenue (et donc très chouette) de mêler furyo et isekai, pour un résultat se voulant surtout humoristique.

Avec ses trois potes Shiro Fujisawa, Ryûji Horii et Masamune Kato, le lycéen Shinichi Hoshino forme ce qu'il appelle les "4 Rois Célestes": ces loubards, à force de bastons, ont conquis leur établissement scolaire, le lycée technologique Hagon à Hachioji dans la banlieue de Tokyo. Et encore et toujours, ils continuent de se fritter contre les autres bandes du quartier pour affirmer leur domination. Seulement, maintenant qu'il règne en maître sur le lycée, Shinichi a comme un coup de blues, un manque de motivation. Cet objectif, c'était tout ce qui guidait sa vie. Et il a bien peur de ne plus rien vivre d'excitant dans son existence, lui qui semble dores et déjà condamné à reprendre l'usine minable de son père une fois ses études finies. Il n'a plus envie de rien, aimerait connaître des choses qui lui feraient se sentir exister, et rêve alors de tomber sur des adversaires à sa hauteur... Mais sans doute ne s'attendait-il pas à voir son désir exaucé par un voyage vers un autre monde typé fantasy ! Suite à un séisme bizarre, les quatre garçons sont effectivement téléportés dans un autre monde, qui plus est avec le bâtiment de leur lycée (mais sans les profs et autres élèves). C'est alors le début, pour eux, le début d'une nouvelle aventure où ils risquent fort de s'éclater, tout en éclatant des trucs.

Il ne faut que quelques pages d'introduction à Okujima avant de lancer pleinement son récit, et très vite on comprend bien que l'on n'aura pas tout à fait un isekai standard, mais plutôt un manga se manquant gentiment (mais à coups de bastons, quand même) des écueils du genre. Ainsi, d'emblée, Okujima pose des bases on ne peut plus clichés du genre:sitôt une fillette puis un village rencontrés, ils se retoruvent pris dans une légende qui fait briller les yeux des villageois, dont ils ne comprennent rien, comme quoi ils feraient partie des "huit princes" mythiques devant se rassembler pour aller combattre le seigneur du mal. Et si, concrètement, absolument rien de leur point ne dit qu'ils sont vraiment des élus, peu importe: s'il faut se bastonner, pas de souci, surtout si le roi du mal pouvait s'avérer un puissant adversaire à la hauteur de Shinichi !

A partir de là, les situations classiques détournées s'enchaînent. Après avoir compris vite fait qu'ils sont dans un autre monde comme on en voit tant dans pleins de mangas (l'occasion pour l'auteur de se moquer gentiment de certaines séries, et même d'offrir l'inévitable référence à L'école emportée de Kazuo Umezu, un des premiers mangas pouvant être vus comme un isekai), nos héros se retrouvent donc dotés des classiques niveaux, tableaux de compétences et classes, avec quand même quelques donnes surprenantes à la clé (Masa qui est de la classe des bouffons, Shinichi qui a une classe inconnue en plus d'avoir 0 en intelligence...). Et pour faire progresser tout ça, il faudra évidemment accomplir des missions et effectuer des combats contre des monstres.
Côté bestiaire, Okujima alterne entre deux choses: des monstres classiques du genre (slime, mimic) qu'il détourne parfois (il faut voir Masa tripoter le slime comme si c'était un jouet, et vouloir en rapporter à son petit frère), et d'autres créatures plus décalées, comme ce champignon un peu particulier, ou cet arbre mangeur d'hommes.
Côté missions, on est sur des bases là aussi classiques du genre: sauver une fillette, protéger le village de l'attaque d'un orc et de ses sbires à tête de chevaux, aller récupérer dans un donjon "l'épée de l'élu"... mais c'est par leur manière d'effectuer les missions, rarement académique ou classique du genre, que Shinichi et les siens amusent. L'arbre et bien trop fort ? Aucune importance, suffit d'y aller à la tronçonneuse. L'épée de l'élu est impossible à retirer du rocher ? Pas grave, quelques coups de burin et de marteau, et c'est dans la poche, même si aucun d'eux n'est l'élu.
Et côté bastons, l'auteur joue efficacement sur le décalage entre la situation et les valeurs de furyo de Shinichi: il préfère les duels à mains nues, même quand il pourrait trucider l'orc à la tronçonneuse, se dit toujours que son adversaire devient forcément pote avec lui après une bonne baston, démontre une ardeur et une force de caractère à même de surpasser les différences de niveau... donnant ainsi un cocktail assez réjouissant.

Ajoutons à ça un style visuel bien typé furyo et soigné, e ton a affaire à un début de série prometteur, en attendant de voir comment le mangaka se renouvellera et étendra les choses, la seule petite pointe de déception étant que le volume est court en atteignant difficilement les 160 pages. Affaire à suivre, donc, mais voici un début très encourageant, pour un récit qui ne se prend pas trop au sérieux avec son petit détournement des clichés de l'isekai !

Cette chronique ayant été faite à partir d'une épreuve numérique fournie par l'éditeur, pas d'avis sur l'édition.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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