Petits vélos (les) Vol.1 - Actualité manga
Petits vélos (les) Vol.1 - Manga

Petits vélos (les) Vol.1

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 27 Octobre 2016

Après notamment Le maître des livres ou Yako & Poko, les éditions Komikku poursuivent leur aventure dans la tranche de vie un peu spécialisée en nous amenant Les petits vélos, un titre qui nous permet de découvrir en France la mangaka Keiko Koyama, et qui est plus connu au Japon sous le nom Kawauso no jitenshaya-san.
Comme son nom l'indique, cette série nous plonge dans le monde des vélos... mais le fait d'une manière bien à elle en nous présentant des personnages animaliers ainsi qu'un lieu où vont venir se croiser nombre d'individus.

Ce lieu, c'est le Strade Bianche (du nom d'une course cycliste italienne), un lieu original puisqu'en plus de permettre de déguster cafés, pizzas ou autres boissons et plats, il est avant tout un magasin de vélos ! Celui-ci est tenu par Véloutre, qui s'y connaît sacrément dans le domaine, et qui est bien épaulé dans sa tâche par la tout aussi passionnée Yôko, son employée.

Les chapitres de ce premier tome se veulent globalement courts (il y en a 19, et font généralement 8 pages), et si chacun d'eux s'avère plutôt indépendant, Koyama en profite bien pour enrichir petit à petit un univers qui, s'il peut d'abord demander un petit temps d'adaptation, devient assez vite plaisant à suivre, pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, chaque nouveau chapitre, chaque nouveau conseil de Véloutre ou de Yôko à leurs clients sont l'occasion d'en découvrir un peu plus sur nombre d'aspects liés au vélo. Ainsi le lecteur pourra-t-il en apprendre plus sur les types de vélos (vélos de route, VTT, tandems, vélos pliants, vélos couchés...) ainsi que sur certaines de leurs composantes ou sur divers détails techniques (l'entretien, par exemple). Mais ce n'est pas tout puisque sont évoquées aussi des choses comme les différentes pratiques professionnelles ou amatrices (cyclisme sur route, keirin, randonnée...), les vertus (moins de stress, sensation agréable du vent, entretien du corps...) et autres détails ( l'importance de rester prudent à vélo, le ravitaillement en course cycliste, les grandes courses cyclistes dans le monde...).
Il faut toutefois bien se dire que si Keiko Koyama a le mérite d'aborder le sujet sous de nombreux angles, elle ne rentre pas non plus de façon poussée dans les détails, ce n'est pas son but. Le manga reste ainsi plutôt accessible, car pas non plus trop pointu.

Si vous ne vous intéressez pas spécialement au vélo ou que vous vous y connaissez déjà suffisamment dans le domaine, vous pourriez toutefois trouver un autre intérêt à la lecture dans l'aspect tranche de vie, où, un peu à la manière du Maître des livres chez le même éditeur, les différents passages de clients au Strade Bianche vont permettre de mettre peu à peu en place toute une palette de personnages voués à s'entrecroiser régulièrement. Du commercial à son assistante en passant par un mangaka, par des enfants, par le maire ou bien sûr par Véloutre et Yôko, ce premier volume instaure d'ores et déjà plusieurs visages plus ou moins récurrents, dont on prend plaisir à cerner un peu la personnalité. Le meilleur étant forcément Véloutre, tantôt un peu flemmard, tantôt complètement passionné dès qu'on parle de vélo, et toujours un peu amusant.

L'ambiance générale se veut plutôt légère, à la fois chaleureuse, conviviale et amusante, si bien que si l'on accroche à ce style la lecture peut devenir un joli petit bol d'air frais, d'autant que cette impression est renforcée par le fait que les personnages sont tous des animaux.

Cela nous amène à la patte visuelle de Koyama, évidemment marquée avant tout par ce choix d'offrir des personnages animaliers. Il est bon de noter d'emblée que la mangaka utilise essentiellement la palette graphique, ce qui se ressent. On croise d'ores et déjà pas mal d'espèces, et de la loutre à la brebis en passant par le tapir, le sanglier, le dragon de komodo, le tigre ou le capybara, on constate que Koyama se plaît à choisir plutôt des animaux assez caractéristiques physiquement. Elle les croque de façon suffisamment crédible pour qu'on reconnaisse facilement les différentes espèces, mais son trait se veut avant tout simple et accessible afin de porter l'ambiance légère. Il ne faut donc pas s'attendre à de réelles prouesses graphiques, mais le style colle bien à l'ambiance voulue. Certains décors sont néanmoins charmants. On note toutefois une tendance à parfois trop remplir les choses avec des trames.

Du côté de l'édition, le papier et l'impression de  Aubin sont comme toujours très satisfaisants, et Fabien Nabhan livre une traduction soignée, notamment ponctuée de quelques petits jeux de mots, dont certains noms renvoyant à des personnalités (mention spéciale à Bernard Tapir et Audrey Toutou !). On appréciera également la jaquette aux couleurs attirant l'oeil, et le logo ponctué d'un petit cycliste dans le creux du o. Enfin, n'oubliez pas de soulever la jaquette afin de découvrir un plan du Strade Bianche !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
14 20
Note de la rédaction