Orange - Ichigo Takano Vol.5 - Actualité manga

Orange - Ichigo Takano Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 29 March 2016

La date fatidique du 15 février, jour du suicide de Kakeru, approche doucement, mais inexorablement, et Naho, désormais pleinement soutenue par Suwa et les autres qui ont eux aussi reçu une lettre, a le sentiment que l'avenir de Kakeru est bel et bien en train de changer. Peu à peu, le jeune garçon est parvenu à ouvrir un peu son coeur, et même s'il conserve encore de nombreux tourments liés à son sentiment de culpabilité concernant la mort de sa mère, des événements comme la fête du sport permettent d'entrevoir de la joie chez lui. L'espoir de le sauver est là... mais dans la vie, rien n'est facile, et quelques paroles malheureuses peuvent vite réveiller les pires douleurs. Alors que le Jour de l’an arrive et que la petite bande se réunit pour l'occasion, la lettre affirme que ce jour-là, après une discussion, Naho et Kakeru se disputeront sans plus jamais avoir le temps de vraiment se réconcilier après... Naho et les autres seront-ils réellement capables de changer le futur ? Et si oui, quel futur changeront-ils ?

A l'approche de la conclusion d'Orange, ce cinquième et dernier volume commence de façon marquante, avec une confrontation moins heureuse entre Naho et Kakeru, qui vient relancer un tant soit peu le suspense quant à la conclusion du récit. Les pensées de Naho, les larmes commençant à couler de ses yeux ronds et purs, son sentiment de voir échapper tout ce qui avait été construit sont autant d'éléments qu'Ichigo Takano fait ressortir avec force sans avoir besoin d'en faire trop, et on se demande dès lors quelle tournure vont prendre les choses.

Mais avant la dernière ligne droite, un autre passage vient apparaître. Un passage nous centrant pleinement, pour la première fois, sur le point de vue de Kakeru. Celui qui a fini par se suicider. Dans les grandes lignes, Takano retrace tout ce qu'on a vu dans la série, en mettant cette fois l'accent sur ce que le jeune garçon pouvait bien penser de cette bande d'amis qui l'a accueilli, du drame lié à sa mère, de son sentiment de solitude dans ce drame dont il se sent coupable. Peut-il réellement réussir à se débarrasser de ses regrets ? Hormis sa grand-mère sans qui il serait entièrement seul, manquera-t-il vraiment à quelqu'un s'il disparaît ? Quand on pense ainsi, le moindre petit élément, comme la réapparition du téléphone de sa mère et de ce qui y est écrit, peut vite faire basculer quelqu'un...
L'intérêt de ce passage et du fait de l'amener maintenant ? Accentuer l'intensité dramatique, bien sûr, mais pas uniquement. Car en nous refaisant vivre certaines choses du point de vue de Kakeru, Ichigo Takano nous montre à quel point il peut être délicat et difficile de réellement comprendre l'autre, et la scène de dispute du Nouvel An en est un excellent exemple. Alors que Naho se sent coupable à cause de ses paroles, est-ce vraiment ainsi que Kakeru la voit lui aussi ? Ou est-ce envers lui-même qu'il fait des reproches ? Une chose est sûre, en tout cas : pour veiller sur ceux qu'on aime, il ne faut rien lâcher.

C'est exactement ce que Naho et les autres feront. Les voir persister dans leur désir de sauver Kakeru, jusqu'au bout, est un bonheur naturellement émouvant où se mêle la mélancolie des regrets et la peur de voir celui qu'ils aiment disparaître.
On aurait pu avoir un petit regret sur le rôle un peu plus secondaire des amis de Naho, mais non, car ils ont été joliment mis en avant auparavant et on sait bien tout ce qu'ils ressentent eux aussi. Izu et Takako restent des amies d'une grande bienveillance qui s'appliquent à soutenir notre héroïne, tandis que Hagita, sous ses airs un peu plus lointains, conserve sa capacité d'analyse et amène également des réflexions intéressantes sur la possibilité ou non de changer l'avenir. Quant à Suwa, on sait bien tout le sens du sacrifice qu'il est en train de montrer, sacrifiant ses sentiments pour le bien de son ami et de celle qu'il aime.
Entourée de ces amis aussi touchants que sincères, Naho n'a plus qu'à faire ce qu'elle doit faire : ne pas avoir peur d'aller de l'avant. Et la narration introspective de Takano fait à nouveau des merveilles tant, sans étirer les choses, elle cristallise toutes les craintes de la jeune fille via des pensées fines et bien placées. La peur de placer des paroles malheureuses, de voir tout ce qui a été construit disparaître soudainement. La crainte de blesser l'autre et de se blesser soi-même. La difficulté de s'accepter, d'effacer ses regrets, ou de faire en sorte de ne pas en avoir. Autant de problèmes humains qui font le quotidien de nombre de personnes, pour un résultat où l'ultime message de la mangaka est de ne pas avoir peur de se confronter aux autres et à soi-même afin de ne pas avoir de regrets, et de ne pas oublier la valeur de la vie et de l'être humain. Car même si l'on ne peut pas changer le passé ou modeler le futur, c'est bien nous qui construisons l'avenir.

Et les Naho, Suwa, Izu, Takako et Hagita du futur, dans tout ça ? Rassurez-vous, ils ne sont jamais oubliés et viennent faire régulièrement écho dans le récit, Ichigo Takano parvenant même à amener à travers eux des explications succinctes, mais suffisantes sur la façon dont ils ont envoyé les lettres (preuve d'un récit construit depuis le début, les mots d'un certain professeur vus il y a quelques tomes ont leur importance), sur les incohérences qu'entraînerait le changement de leur passer, et sur l'importance du concept des mondes parallèles.

Au bout de 5 volumes brillamment menés, Orange ne déçoit donc aucunement. Ichigo Takano a pu mener son récit comme elle le souhaite d'un bout à l'autre, sans s'égarer, et délivre un récit fort, porteur de nombreuses valeurs humaines, et s'achevant de façon aboutie laissant une impression indélébile. Les 4 premiers tomes n'étaient pas une illusion : voici bel et bien un futur classique dans sa catégorie.

Pour fermer de dernier tome, on retrouve également le dernier chapitre de la minisérie "Un printemps dans les étoiles", bonus qui sera venu ponctuer chaque tome et qui s'avère fort sympathique à suivre.

Enfin, notons qu'Akata a décidé de mettre les bouchées doubles pour marquer comme il se doit cette série qui fera sans nul doute date dans son catalogue, en proposant en marge de l'édition simple du tome 5 une édition limitée qui, pour 2€ de plus, est vendue avec un coffret. On peut d'abord remercier l'éditeur d'avoir proposé ce coffret avec uniquement le tome 5, afin de ne pas frustrer les fans de la première heure ayant déjà les 4 premiers volumes. Quant au coffret lui-même, il vaut sans mal ses 2€ supplémentaires : le carton est bien épais, les illustrations sont différentes des couvertures et bien choisies, leur qualité d'impression est au top, il n'y a pas de jour ni de sensation que les tomes sont trop serrés une fois les 5 volumes dedans... l'objet est superbe.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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