Nyankees Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 11 Febuary 2020

Chronique 2

Grâce aux éditions Glénat, avec Tokyo Revengers le manga furyô s'est enfin trouvé un nouveau fer de lancer long et de qualité en France, venant combler quelque peu un gros manque, tant ce type de récit n'a pas assez de présence dans nos contrées. Entre autres déceptions liées au genre, on regrette toujours que les séries Gangking, Worst ou encore Clover aient été stoppées dans notre langue il y a déjà plusieurs années, ou que certains titres cultes comme Crows ne soient jamais arrivés jusqu'à nous. Heureusement, Doki-Doki est un éditeur qui, depuis toujours, a su amener certains tires ancrés plus ou moins fortement dans cette veine de récits portés par des loubards japonais typiques, avec à la clé gros caractères, tendance à faire parler les poings, mais aussi mise en avant d'amitiés viriles et de sens de l'honneur. Le plus célèbre représentant chez Doki-Doki reste Sun-Ken Rock, mais n'oublions pas pas mal d'autres oeuvres: l'hyper fun Ping Pong Dash!! (où un loubard se mettait au... ping pong), le court mais prenant Gewalt, le tout aussi bref Guren Five... C'est toutefois de Street Fighting Cat, paru chez l'éditeur en 2017, que la nouveauté de Doki-Doki de ce mois de février se rapproche le plus, dans la mesure où l'auteur Atsushi Okada (dont c'est la première série longue) y mêle le côté furyô à un aspect félin, le manga de chat étant l'un des autres genres "coups de coeur" de la branche manga des éditions Bamboo (on se souvient de Sa majesté le chat, ou tout récemment Félin pour l'autre!).

Dessinée de 2016 à 2019 pour le compte du magazine Shônen Ace des éditions Kadokawa, Nyankees est une série finie en 6 volumes, qui voit le mangaka proposer un concept aussi simple que prometteur: offrir un manga où des chats des rues se livrent ce qu'ils savent faire de mieux, à savoir des conflits de territoire entre bandes... à ceci près que les matous sont représentés ici comme des furyôs ! Chats de gouttière et racailles humaines des rues ayant plus d'un point commun, l'idée est bonne, et démontre rapidement ses qualités ici.

Tout d'abord, pour ses représentations visuelles, où le mangaka s'applique efficacement à retranscrire sous formes furyô les différents chats qu'il installe. Ainsi, Ryûsei, notre héros, un un chat balafré sur la joue, avec un bout d'oreille manquant et une étonnante forme d'étoile sur le ventre, chose qu'Okada respecte bien en lui conférant sa forme humaine. Le chat européen tigré roux Taiga devient un furyô à la banane typique et vêtu d'un gilet orange à rayures, les chats angoras deviennent des colosses afro, la jolie chatte blanche Mii devient une sublime demoiselle aux cheveux courts et clairs, le chat "écaille de tortue" Madara devient un bad boy dont la coiffure rappelle bien son espèce... C'est simple, mais efficace, car il fallait tout simplement y penser. Et quand on ajoute à ça des designs assez réalistes (aussi bien pour les chats que pour les humains), des décors assez soignés ainsi qu'un trait bien brut et pêchu qui n'a aucun mal à porter les moments d'action, on se retrouve avec un cocktail emballant.

Ensuite, l'autre bon point que permet ce concept, c'est assurément la part d'humour décalé. EN expliquant vite et bien dès les premières pages sont concept, Okada peut ensuite jouer sans souci sur le décalage entre les physiques humains de ses héros et leurs comportement félins, ou inversement (des petits comportements humains sous des physiques félins). Il faut par exemple voir la lourdeur un peu cash avec laquelle Ryûsei tente de séduire Mii, comme un chat, alors qu'on les voit en humains. Et on s'amuse volontiers en voyant le gaillard coincé dans un carton, entre de nombreuses autres choses.

Côté scénario... hé bien, pour l'instant, c'est on ne peut plus classique et simple, mais ça devrait bien se tenir en 6 tomes. Nouveau venu dans le quartier de Nekonaki, Ryûsei est un chat errant qui est à la recherche de son ancien maître, un chat tricolore ayant une balafre sur l'oeil. Tout en recherchant celui-ci, il doit se confronter aux règles du quartier imposer par son leader, Taiga, mais notre héros n'est pas franchement du genre à respecter les règles... Au fil de quelques premières rixes rapides, l'auteur installe bien les choses, explique bien l'objectif de Ryûsei, fait ressortir son côté très libre face aux règles, met en place autour de lui une petite palette de visages secondaires aussi standards qu'efficaces, et fait gentiment ressortir certaines valeurs furyô (code d'honneur quand on est vaincu, etc...).

En attendant de voir ce que cette histoire a vraiment sous le coude, Nyankees démarre donc bien avec ce premier volume rythmé et pêchu, pour l'instant très classique côté scénario, mais exploitant avec pas mal de promesses son concept pourtant simple mais assez original. Du côté de l'édition, c'est du tout bon pour Doki-Doki avec une première âge en couleur, un papier bien épais et sans transparence tout en restant assez souple, une très bonne qualité d'impression, et une traduction soignée de Julien Pouly qui sait suffisamment bien jouer entre parler furyô et côté félin. Les choix de lettrage sont également convaincants, et la jaquette reste très proche de l'originale japonaise jusque dans le logo-titre avec sa patte de chat.


Chronique 1

Les félins sont toujours aussi populaires, y compris du côté du manga. Doki Doki est un éditeur qui aime mettre ces chers matous en avant via différentes œuvres, mais le fait parfois de manière étonnante, comme ce fut le cas avec Street Fighting Cats. Il réitère en ce début février 2020 avec Nyankees, œuvres signée Atsushi Okada, que nous découvrons en France par la même occasion. Un manga félin et coup de poing en 6 volumes, qui fut prépublié dans le Shônen Ace de l'éditeur Kadokawa Shoten entre 2016 et l'année dernière.

Les chats des rues, aussi vifs que ronrons, sont représentés ici par le prisme de loubards qui se livrent des guerres de territoires. Ces chats sont aussi libres qu'ordonnés, agissent en bande et sous la direction d'un chef défini, sur un territoire bien distinct. Les terres de Nekotani sont un jour bouleversées par l'arrivée de Ryûsei, un chat balafré qui profite bien de sa liberté et n'hésite pas à courir la féline. Ce dernier va semer la zizanie sur ce domaine, tout en poursuivant un but précis : retrouver un boss de gang tricolore...

Le furyo n'est pas un genre qui a particulièrement fonctionné en France, aussi chaque sortie est un petit événement en soi. Pourtant, Doki Doki ne propose pas une série comme les autres, puisque Nyankees est aussi bien un furyo qu'un manga félin, qui parlera un tout petit peu plus aux amoureux des chats, et à ceux qui en auraient dans leurs foyers. Le pitch de ce premier tome est assez simple et le concept original, Atsushi Okada présentant des guerres entre matous des rues en les représentant sous forme humaines, via des loubards souvent baraqués, aux côtés de jolies filles mignonnes qui retranscrivent les femelles que n'importe quel chat des rues chercherait à s'amouracher. Une idée un peu crue mais pourtant véridique : une femelle des rues constitue une véritable proie pour des meutes de mâles en chaleur.

Pourtant, sans jamais se détacher de l'idée que ses personnages sont des chats, l'auteur arrive à équilibrer la balance entre les aspects félins, et les pures idées de manga furyo. On trouve, dans ces récits, une certaine idée de la noblesse des gang et de la camaraderie, chose que le mangaka retranscrit avec ces clans distincts, dans lesquels les membres masculins protègent les femelles, et agissent de manière soudée sous la direction d'un boss respecté. La réalité des rues chez les chats n'est pas vraiment la même, mais qu'importe puisque Atsushi Okada rééquilibre la chose avec bon nombres d'aspects venant confirmer que ses protagonistes sont bel et bien des matous, avec leurs particularités qui viennent faire mouche au sein du récit.

Et c'est dans cette utilisation des codes félins chez ses personnages que l'auteur apporte un premier tome véritablement drôle, et qui fera rire particulièrement ceux qui connaissent un minimum les comportements des chats. On sent bien que le mangaka a observé ces comportements, aussi ses fiers membres de gang prennent plaisir à s'enfermer dans un carton trop petit pour eux, ou à se retrouver vite déconcentrés par tout un tas d'éléments de leur environnement, aussi bien un lézard qui passe dans le coin qu'un citadin qui jette quelques restes... Ceci mêlé à l'ambiance traditionnellement sérieuse des mangas de gang et de baston, et on obtient un résultat vraiment originale et hilarant par instant.

Le dessin d'Atsushi Okada répond bien à cette ambivalence. Son trait est un poil épais paix expressif et vif, et l'auteur représente aussi bien ses gars des rues, baraqués à souhait, que les amas de félins qui donnent cette impression particulière de sourire, qui présente roubignoles dans certaines situations pour les mâles, et dont le seul défaut graphique sera peut-être de présenter des pelages un peu trop soyeux pour des chats des rues. Un défaut qui n'est qu'une broutille, les chats restant suffisamment bien dessinés pour qu'on passe outre cette petite incohérence graphique.

Du côté de l'édition, Doki Doki livre une très bonne copie grâce à un papier épais, une page couleur en amorce de volume, et une bonne reprise de la typographie japonaise pour le logo français, qui associe la froideur des gangs à la patoune féline.
La traduction, elle, a été confiée à Julien Pouly, qui livre un très bon travail, dynamique et en phase avec le titre.

Alors, si ce premier tome de Nyankees est accessible au plus grand nombre, il parlera un peu plus aux amateurs des félins qui connaissent bien les comportements et manies de ces boules de poils. Il en résulte un début de récit aussi drôle qu'intense, et qui n'oublie pas de présenter un petit fil rouge dont on est quand même curieux d'apprécier la continuité. Un bon démarrage, donc, d'autant plus qu'on se réjouit de la durée globale du titre, six volumes semblant idéale pour permettre au titre de ne pas trop tourner en rond.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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