Nos c(h)oeurs évanescents Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 03 December 2020

La chorale a remporté le premier prix au concours intersectoriel, et est donc qualifiée pour les phases de poule du concours national... mais cela, les collégiens l'ont accompli sans Yutaka. Depuis qu'il a rencontré le jeune prodige russe Vladimir Popov, quelque chose semble avoir semé le doute à l'intérieur du jeune garçon. "Popo" lui a affirmé que malgré sa belle vois son interprétation de la chanson de Miles ne dégageait absolument aucune personnalité. Et, depuis, Yutaka reste amorphe dans sa chambre, s'interroge, et est devenu incapable de chanter, lui qui était auparavant si heureux en pratiquant tout simplement le chant. Tandis que les phases de poule arriveront dans un peu moins d'un mois, les membres de la chorale, eux, tâchent de continuer à progresser et à se préparer malgré l'absence marquante de leur soprano phare. Pas le choix pour les jeunes adolescents: il leur faut continuer, quand bien même l'un d'entre eux est absent et ne reviendra peut-être jamais. Parmi celles et ceux qui pensent ainsi se trouve Machiya. Mais certains enfants ne peuvent se résoudre à ne rien tenter pour faire revenir Yutaka, et parmi eux se trouve la timide Ise. Celle-ci parviendra-t-elle enfin à exprimer correctement ce qu'elle ressent ? Dans cette optique, c'est Machiya elle-même qui risque d'avoir un impact décisif sur elle...

On le dit depuis le début, Nos C(h)oeurs évanescents est une oeuvre qui a quelque chose de très choral, tant les interactions entre les personnages permet petit à petit de mieux connaître certains d'entre eux et de les voir évoluer, petit à petit. Ce quatrième volume, peut-être plus encore que les précédents, fonctionne particulièrement bien sur cet aspect, car c'est tout à tour plusieurs visages qui se voient abordés avec attachement et efficacité.

Ainsi, alors que le jeune Vladimir est à l'origine du trouble touchant Yutaka depuis le tome précédent, à la fin du présent volume on a une situation quelque peu inversée, une sorte de réponse de Yutaka au jeune russe qui, à son tour, en ressort troublé quant à sa vision des choses. Cela, on le doit à toute une évolution du jeune soprano japonais au fil de ce volume, tant il s'ouvre enfin à des nouveaux horizons: comme le dit si bien Machiya, "Avant, il ne connaissait que le plaisir de chanter... Mais maintenant, j'ai l'impression qu'il a découvert le plaisir d'être écouté".

Et cette ouverture, Yutaka la doit dans ce tome à ses camarades de la chorale, en tête desquels une Ise occupant enfin une place centrale ici. Une place qui prend tout son sens à travers sa discussion avec Machiya. On découvre d'abord mieux en Ise une jeune fille qui, depuis toute petite, n'a jamais réussi à exprimer ses émotions, comme si elles restaient coincées au fond d'elle, situation dont elle souffre puisque ses cousins se moquent d'elle, la taquinent sans qu'elle parvienne à rétorquer quoi que ce soit, si bien qu'elle a le sentiment que personne ne fait attention à ce qu'elle ressent. Machiya est un peu l'exacte inverse: quitte à apparaître parfois sévère, elle dit bien souvent ce qu'elle pense sans détours. Les deux adolescentes auraient alors simplement pu être des opposées, c'est d'ailleurs l'impression qu'on peut avoir quand Machiya répond sèchement à Ise en début de tome. Mais il y a ici une chose essentielle entre elles deux qui survient: la communication, dès lors que Machiya invite Ise chez elle pour discuter. Et tandis que l'on découvre un peu plus la famille de Machiya, Ise en ressortira grandie, en comprenant bien qu'il faut s'exprimer pour être compris.

Et c'est donc en réussissant à exprimer son ressenti qu'Ise sera l'élément déclencheur du renouveau de Yutaka, et de son évolution puisqu'il souhaite à présent aussi communiquer aux autres son bonheur de chanter, en ne pensant plus uniquement à son bonheur personnel.

Pour accompagner le tout, la patte de Yuhki Kamatani est toujours aussi ravissante. En plus des designs maîtrisés et appuyés, les envolées lyriques sont toujours aussi bien trouvées, ne serait-ce que celle où Machiya compare Ise à une chrysalide ou à une fleur. Les pensées des personnages nous invitent bien souvent à ressentir leur fond, leurs pensées face à telle situation, au plus près, l'oeuvre ayant alors quelque chose de très sensoriel. Et les nombreuses métaphores visuelles restent aussi ravissantes que poétiques et intelligentes, que celles-ci soient grandes ou plus discrètes (comme les petites notes de musique se baladant sous le pied fracturé de Dimitri à la fin de l'avant-dernier chapitre).

Kamatani nous offre alors un volume riche, complet, bourré de qualités dans sa narration et dans ses visuels, et abordant vraiment joliment ses personnages et leurs avancées ensemble. Etant donné que l'on atteint la moitié de la série avec ce tome, il ne fait aucun doute que Nos C(h)oeurs évanescents a encore bien des choses à nous réserver.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






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