Noah’s Ark Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 12 December 2019

Quatre nouveaux récits indépendants sont au programme de ce deuxième volume de Noah's Ark.

En se basant sur un livre publié au Japon à la fin des années 1980, le premier récit nous raconte, à travers la création de la première brigade cynophile du Japon dans les années 1970, le parcours fou d'une chienne berger allemand abandonnée par ses maîtres, récupérée au CPA et formée pour devenir la première chienne antidrogue japonaise. Le récit se veut assez détaillé et plutôt intéressant concernant l'histoire de cette première brigade et surtout les différentes étapes de la formation, mais à travers le parcours de la chienne Shelly on entrevoir surtout un nouvel exemple de la cohabitation entre l'humain et le chien. Un cohabitation ici bénéfique, même si elle est faite de hauts et de bas, puisque malgré l'amour du maître pour son chien, le moindre problème pourrait cruellement mettre fin à sa carrière de chienne-renifleuse et la renvoyer d'où elle vient...

Un très beau premier récit, qui précède une deuxième histoire plus fantaisiste voie un peu enfantine dans sa tonalité, puisque l'on y suit un renard qui, par la force des choses, en vient à s'occuper d'un jeune faon. Ici, les humains sont quasiment absents hormis un fermier, et le mangaka, à travers ce renard auquel il offre la parole, conte surtout l'histoire d'une amitié naïve, un peu mièvre mais jolie entre deux animaux issus d'espèces différentes. Ou quand l'instinct parental animal rappelle quelque peu celui des hommes dans le perpétuel cycle de la vie, cycle d'autant plus présent qu'en fin de récit ce sera autour du faon devenu adulte de protéger son "père spirituel" face aux dangers du monde sauvage.

Et puisque l'on parle de sauvagerie, le troisième récit l'est assurément en changeant encore de ton, pour nous raconter l'histoire dramatique d'un vieil homme, ancien matagi (chasseur traditionnel du nord du Japon), voyant la haine et l'instinct de chasseur le reprendre le plus violemment et tragiquement possible après qu'un imposant et agressif ours sauvage a massacré tous ses proches, y compris son tout jeune petit-fils. Honjô n'hésite pas à offrir quelques cases sanglantes choc dans ce récit de vengeance dur et à l'issue fatale, qui nous montre encore un autre aspect, cette fois douloureux, de la cohabitation entre humains et animaux sur notre planète.

Le dernier récit, lui, est le plus bref avec ses 16 pages, et narre simplement, à travers les yeux et les discussions de deux mouettes, le portrait d'un type de poissons un peu méconnu (le hokke), une facette de la pêche de poissons par les hommes, et certaines conséquences de l'activité humaine dans ce domaine.

Kei Honjô force parfois un peu trop le trait, mais chaque histoire possède sa propre tonalité et, surtout, a quelque chose de différent à véhiculer sur la cohabitation entre hommes et animaux sur la planète, cohabitation pouvant être positive ou moins positive mais étant toujours essentielle.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






MN Actus
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