Naruto - Hachette collection Vol.16

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 14 June 2021

Sakura et la vieille Chiyo poussent Sasori dans ses derniers retranchements. Le membre d'Akatsuki n'a d'ailleurs plus grand chose d'humain : Ses émotions se sont envolées, et son corps est presque entièrement celui d'une marionnette. Le combat entre donc dans sa phase finale, et les deux manieurs de pantins, parents l'un de l'autre, jouent leurs dernières cartes. De leur côté, Naruto et Kakashi suivent la trace de Deidara, responsables des clones qui tiennent tête à l'unité de Gai...

L'arc du sauvetage de Gaara a beau avoir quelques similarités avec la précédente partie de l'histoire, il n'en est pas moins importante puisque nous assistons à la première vraie confrontation avec les membres d'Akatsuki. Dans la première partie de ce nouveau tome de l'édition Hachette (qui correspond aux opus 31 et 32 de l'édition simple), le couperet tombe sur cet arc, et par conséquent sur les différents affrontements dépeints. Il faut alors reconnaître que Masashi Kishimoto procède à une véritable prise de risque en faisant de Naruto un acteur assez secondaire de cette suite, ce dernier n'étant utile que dans l'assaut contre Deidara qui n'est qu'une arrière piste de ce volume. Sakura et Chiyo sont les véritables héroïnes et permettent un combat contre Sasori rythmé et prenant de bout en bout, d'autant plus que les techniques respectives des deux femmes amènent de l'originalité dans ce climax d'arc. Les grandes techniques du ninja blond ne fixent plus les enjeux, l'auteur proposant une résolution à base de techniques de marionnettistes et autres élans tactiques bienvenus.

L'histoire de la capture de Gaara s'achève alors sur un bon rythme, là où ses débuts s'avéraient plus mollassons. On pourra reprocher à l'auteur un petit côté convenu à cette finalité, mais la pertinence réside davantage dans le message proposé : L'histoire de Chiyo est celle d'une vieille génération méfiante, ouvrant finalement son cœur à la jeunesse pour lui confier l'avenir plein d'espoir du monde. Voilà quelques tomes que Kishimoto entretient cette thématique, et la voir renforcée avec une pointe d'émotion se révèle pertinent. Mais on regrettera que l'histoire de Sasori soit finalement abstraite, l'ennemi aurait mérité plus d'approfondissement avant son déclin, d'autant plus que son récit se révèle, au final, très classique.

Un arc s'achève, et celui-ci n'aura pas été vain puisqu'une connexion permet le lancement d'une aventure suivante qui renoue directement avec l'histoire de Sasuke et d'Orochimaru. Une nouvelle fois, traquer le serpent du trio de la légende est de mise, mais la forme de la formule est différente. Kakashi n'est pas de la partie, aussi Naruto et Sakura doivent composer avec Yamato, un nouveau mentor, et Sai, énigmatique compagnon dénué d'émotion. Au-delà de la figure de l'acolyte sociopathe, plutôt bien traitée au demeurant, toute la composition de l'équipe permet d'aller plus loin dans la dimension politique de l'œuvre : Konoha a connu des tensions avec les pays voisins mais aussi en son sein, l'auteur n'hésitant pas à amener des factions opposantes à celle du 3e Hokage, et par extension à Tsunade. L'idée est excellente, surtout quand il est question d'une milice de jeunes shinobis en arrière-plan. Dès lors, l'idée du personnage de Sai est censée, et on se questionne légitimement sur la future évolution du ninja peintre, quand bien même l'auteur aurait recours à quelques ficelles évidentes pour teaser tout ça.

Après cette bonne phase d'exposition, le début de l'aventure est tout aussi enthousiasmant : Yamato est un leader qui a son caractère et qui ne reste jamais dans l'ombre de Kakashi, tandis que les interactions avec Sai sont bien senties, et les réactions de Naruto et Sakura très justes. A propos de cette dernière, il convient de rendre à César ce qui lui appartient : On lit ci et là que la demoiselle est un personnage « inutile », mais il faut reconnaître que sa mise en avant depuis l'arc précédent est particulièrement efficace et bien écrite. Evidemment, cela ne veut pas dire que ça le restera sur le long terme, et nous en serons juge le moment venu.

L'efficacité du manga phare de Masashi Kishimoto ne faiblit donc pas dans cette suite, entre une fin d'arc de sauvetage de Gaara très satisfaisante et une suite particulièrement dense et bien équilibrée dans ce qu'elle aborde. Difficile de ne pas trépigner d'impatience quand on découvre les dernières pages qui mettent le feu aux poudres à une probable succession d'événements qui feront passer Naruto vers une autre étape. Il y a de quoi avoir hâte de découvrir le 17e tome !
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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