My Hero Academia Vol.1 - Actualité manga

My Hero Academia Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 08 June 2016

Critique 1


Voilà un titre qui se sera fait attendre et que les éditeurs se sont disputés ; et à l'instar de l'autre grosse sortie de ce début d'année, à savoir « One Punch Man », il traite du même thème, c'est-à-dire les Super Héros, et toujours à l'instar de OPM, il le fait avec humour sur le ton de la parodie !
Véritable succès au Japon, nouveau poids lourd du Shonen Jump, My Hero Academia est le troisième titre en volume relié de son auteur Kohei Horikoshi à qui on doit Crazy Zoo qui laissait déjà transparaître une certaine folie…
Un titre de super héros qui va tenter de se démarquer de tous les autres shonens du marché, et pour cela Ki-oon, l'heureux acquéreur des droits en France, va nous proposer une mise en avant digne des plus grands fleurons du genre : une sortie  accompagnée du second tome et qui arrive en parallèle de l'animé en simulcast...tous les éléments sont réunis pour qu'on se jette dans l'univers riche de My Hero Academia !

Le monde a évolué en même temps que les hommes : désormais une grande partie de la population possède des capacités hors du commun, nommées « alters ». Ils peuvent être de toutes sortes et se manifestent vers l'âge de quatre ans. Bien qu'on ne se l'explique pas, plus de 80 % de l'humanité possède de telles capacités, et désormais les alters sont devenus la norme, et ceux n'en possédant pas sont laissés de côté. Les super héros, mais également les super vilains font désormais partie du quotidien de tout un chacun.
Izuku Midoriya fait partie des 20 % ne possédant aucun pouvoir, c'est un collégien qui rêve pourtant de devenir lui aussi un héros. Totalement fanatique des super héros, il note sur un cahier tous leurs faits et gestes, leurs capacités, leurs points forts et points faibles...mais subit les moqueries de ses camarades. Son destin va changer le jour où il croisera la route de son idole, le plus célèbre et le plus puissant des héros : All Might !
Ce dernier va être séduit par son courage malgré son absence de pouvoir et va lui proposer de lui transmettre sa force après un terrible entraînement. Ainsi Midoriya va pouvoir postuler pour rentrer dans la plus prestigieuse académie de super héros et rivaliser avec les plus valeureux jeunes héros du monde. Mais le chemin est encore long avant de pouvoir maîtriser ses nouvelles capacités, et malgré l'aide de son puissant mentor, il va devoir convaincre les autres professeurs ainsi que ses nouveaux camarades !

La première question qu'on se pose alors est : quelle est donc la particularité de ce titre ? Qu'est-ce qui fera qu'il sortira du lot ? Qu'est-ce qui fait que Masashi Kishimoto prétend que My Hero Academia sera le successeur de Naruto ?
Son originalité ? Non, parce que malgré tout le bien qu'on peut penser de ce titre il ne se montre en rien original. Il nous présente un jeune garçon sans la moindre particularité mis à part ses rêves de devenir le meilleur (ninja, pirate, hunter, combattant, exorciste…), il suit un modèle surpuissant qui malgré sa grande force possède un secret et bien des faiblesses, et il va suivre un entraînement qui va le confronter à de rudes épreuves ! Sans parler des camarades qui vont partager son destin, y compris des rivaux qui se montrent pourtant supérieurs à lui au départ… Tout ça, on l'a déjà vu des centaines de fois !
Est ce que c'est parce qu'on parle des super héros sur un ton humoristique, contrastant avec le ton du modèle dont la série est largement inspirée, à savoir les comics, où le ton se veut beaucoup plus sérieux et sombre (dans la majeure partie des cas)...pas forcément puisque One Punch Man est arrivé avant dans ce créneau…
Mais peut-être que c'est justement parce que le titre, au lieu de les tourner en dérision, leur rend hommage à ces fameux super héros de comics, tout en conservant ce ton léger et humoristique !
Ce qui fait sans doute l'originalité du titre c'est qu'il aborde le thème des super héros en se basant sur le modèle américain, c'est-à-dire celui des comics, en s'éloignant donc du modèle Japonais renvoyant aux sentais, mais en renversant la tendance : ici la norme sont les pouvoirs, les héros ne sont pas rares et ne se cachent pas, ils pullulent, ils travaillent même pour le gouvernement. A l'inverse d'une série comme X-Men par exemple, ce sont les humains sans pouvoirs qui sont laissés de côtés, raillés, humiliés par les autres !
C'est donc contre ça que Midoriya va devoir lutter, tout en voulant se hisser au sommet : le modèle de narration classique Japonais rencontre le modèle classique des héros, ainsi My Hero Academia représente en quelque sorte le meilleur des deux mondes !

Ensuite l’intérêt qu'on ressent pour ce premier opus vient bien entendu de ses personnages. Si Midoriya semble banal et cliché (ce qu'il est, il faut le reconnaître), il ne se montre pas moins attachant. Il est faible et pleurnichard, mais pour autant il est plus courageux que ses camarades possédant des pouvoirs, il pense aux autres avant de penser à lui.
Et bien sur il y a les autres personnages, All Might en tête, archétype du héros surpuissant bodybuildé, aux couleurs du drapeau Américain...difficile de ne pas penser à Superman...et pourtant ce même héros tout puissant (c'est son nom) possède également une grande faiblesse, et dans ce cas renverrait plus à Batman (en beaucoup plus souriant).
Tous les autres personnages possèdent un potentiel intéressant, et la bonne idée de Ki-oon de permettre de lire le second tome de suite après le premier, permet de se faire une meilleure idée les concernant. Bien entendu l'université de jeunes possédant des pouvoirs renvoie immédiatement aux X-Men, mais aussi à l'académie de ninjas de Naruto !

Et puis reste le dynamisme insufflé à la série par l'auteur : cela va vite, les scènes d'action, pourtant peu présentes dans ce premier tome, sont incroyables. La mise en scène globale est vivante et le tout se dévore très rapidement malgré une proportion de texte assez importante.

Pour l'heure on apprend à découvrir les personnages et l'univers, peu de réels enjeux si ce n'est celui de Midoriya, mais quelques pistes sont laissés çà et là. On pense notamment à ce clivage entre ceux possédant des pouvoirs et ceux qui n'en ont pas, on pense au secret de All Might, mais pour le moment il ne s'agit que d'une introduction à un univers qu'on devine incroyable. Et c'est d'ailleurs dans ce sens que l'auteur clôt son premier tome, avec la découverte des costumes des élèves, laissant désormais la place au début des véritables aventures.

Le trait de l'auteur, on le sait depuis Crazy Zoo, est incroyable et insuffle réellement de la vie à ses personnages, c'est particulièrement dynamique, à peu à la manière de Yusuke Murata avec One Punch Man (et surtout Eyeshield 21) ou encore de Yuko Osada et son Run Day Burst.
Le trait est appuyé, presque chargé, mais cela donne une véritable identité au titre.

L'éditeur fait non seulement un sans-faute, comme à leur habitude, mais nous propose en plus tout un univers accompagnant la série.
L'adaptation est excellente et le traducteur retranscrit parfaitement toutes les expressions, ce qui ne doit pas être évident vu le sujet et les multiples références.

Sans être révolutionnaire, ce premier tome se montre véritablement séduisant, sur bien des aspects et on commence déjà à comprendre pourquoi le titre a remporté un tel succès. Et bien entendu, à la sortie de la lecture de ce premier opus, qui a fait plus que titiller notre curiosité, on se jette sur le second également disponible…

La seconde claque super héroïque de ce début d'année ! A vous de voir si elle est plus ou moins violente que la première, mais elle va vous secouer quoiqu'il arrive !


Critique 2


Après One Punch Man, il était un titre très attendu en France, My Hero Academia. Difficile même de ne pas être marqué par l’image que nous renvoie le Japon du dernier titre en date de Kohei Horikoshi : le succès de la série a littéralement explosé, au point d’être considéré comme le successeur spirituel de Naruto au sein du magazine Shônen Jump, présentant un univers teinté de super héros prometteur. Difficile de croire que le mangaka qui a échoué commercialement avec le boudé, mais excellent Crazy Zoo a ensuite rencontré un succès incroyable en réadaptant l’une de ses œuvres de jeunesse, et accessoirement sa préférée. Mais c’est le cas, et si nous voyions très bien le titre atterrir chez des éditeurs habilités aux grands shônen de baston tels que Kazé, Glénat ou Kana, la surprise est une fois de plus de taille puisque c’est Ki-oon qui a remporté la licence et bichonne depuis des semaines son nouveau bébé. La date de sortie des deux premiers tomes simultanée en France n’est d’ailleurs pas un hasard et My Hero Academia arrive chez nous en même temps que l’anime qui bénéficie d’un simulcast. Mais finalement, que vaut le nouveau titre d’action de Kohei Horikoshi ? A l’heure ou un shônen de combat classique peine à conquérir un public important, le titre présent est-il plus convaincant que ses jeunes rivaux ?

My Hero Academia se déroule dans un monde et à une époque où le surnaturel est devenu monnaie courante depuis que la plupart des humains ont développé soudainement des pouvoirs. 80% de la population naît ainsi avec un « alter », une transformation interne qui leur octroie un talent, et ainsi émergèrent des super-héros ainsi que de nombreux vilains, au point que les combats entre les uns et les autres soient devenus de véritables routines.
Le jeune Mizuku Midoriya est un inconditionnel de ces sauveurs de l’humanité, au point qu’il connaisse les grands héros sur le bout des doigts et entretienne un carnet de notes pour écrire toutes leurs aptitudes et ses propres remarques à propos des combats qu’ils livrent. Mais s’il s’adonne tant à sa passion, c’est aussi parce que Midoriya rêverait d’être un héros, mais ne le peut pas, car étant né sans alter et donc sans aucun pouvoir… Pourtant, son destin va changer, car il ne suffit pas d’avoir un alter pour devenir un héros. Cette leçon, c’est All Might qui va lui apprendre, le héros le plus célèbre, mais aussi l’idole de Midoriya qui cache un grand secret… Et si notre héros en herbe avait toutes les clefs pour intégrer le lycée Yuei, l’établissement formant la crème des super-héros… ?

Autant le dire de suite : dans sa structure et dans les ficelles utilisées, ce premier tome de My Hero Academia n’a vocation à renouveler le shônen de baston classique, bien au contraire. Ici, tous les éléments qui ont fait la gloire des grands titres de combats sont au rendez-vous, et cela passe par un protagoniste sans don particulier qui va tenter d’accomplir ses rêves, un mentor doté d’une puissance incroyable, d’une formation pour gagner en puissance et une classique phase d’entraînement… Et tout ceci est purement la volonté de Kohei Horikoshi qui confie avoir toujours voulu créer un manga de ce registre. On le ressentait avec Crazy Zoo qui a vite abandonné la comédie pour l’action, et il réitère avec son nouveau shônen, totalement conforme aux standards de la revue.

Et pourtant… il existe une grande différence entre ce qu’un shônen classique –vite annulé en général– et ce que My Hero Academia propose. Kohei Horikoshi manie à merveille tous les codes classiques du shônen, il sait les choisir et les exploiter sans donner un manga redondant, en tirant le meilleur de ces ficelles pour vite faire décoller. Et c’est pourquoi beaucoup d’éléments dits « clichés » se retrouvent dans ce premier opus : la série met très rapidement en place son univers et va à l’essentiel, le parcours du héros est typique de celui du protagoniste de shônen, mais il n’est pas question de s’étaler sur de longs chapitres de mise en place ou d’entraînement. Tout est parfaitement dosé pour rentre le tout dynamique au possible, faire ressentir une réelle progression dans le tome à tel point que la page finale nous permet de croire que l’auteur ira au-delà de l’introduction basique sur son second volume. Et si cette idée se confirme, alors le choix de Ki-oon de publier les deux premiers opus en simultanée est loin d’être anodin.
Ce n’est pas non plus comme si ce premier tome ne proposait pas de plus-value. En effet, le thème des super-héros est ici abordé de manière très décalée, prenant à contrepied le ton souvent grave des comics américains. Outre les quelques mystères que cette amorce présente à propos des alter, c’est tout un monde fantastique et une société basée sur les héros qui donne du relief à l’œuvre d’après ce premier tome. La série prend rapidement la direction d’un manga à la fois scolaire et à la fois de combat, oui, mais tout ça pour mieux servir de vastes horizons qui ne demandent qu’à être exploités.

On ne crie donc pas au génie, mais on applaudit un auteur qui sait rester dans les sentiers battus et tirer le meilleur de ce que le registre peut proposer tout en plantant un contexte intéressant. La série s’assume notamment au niveau de ses personnages, peut-être même plus qu’un shônen classique qui, pourtant, est qualifié de blockbuster. Mizuku Midoriya en est l’exemple parfait : sous-doué qui n’est même pas doté de pouvoir, l’auteur en fait de base un personnage esthétiquement peu charismatique, ce qui lui donne toutefois un côté attachant et permettra d’établir une réelle évolution sur celui qu’il était au départ, et celui qu’il deviendra sur le long terme. Et à côté de lui, des alliés ou rivaux plus classiques sont présentés, mais poussés à leur paroxysme, voire caricaturés par moment. C’est notamment le cas d’All Might, montagne de muscles (ou presque…) pour démontrer sa puissance et son influence, ce qui est aussi un clin d’œil au grotesque de l’univers comics américain. On s’attache finalement à tout ce petit monde et on se demande alors comment l’intrigue les développera, tout en sachant que le mangaka nous prévient déjà que de nombreuses nouvelles figures apparaîtront par la suite…

A côté de l’histoire, il y a le coup de crayon de Kohei Horikoshi qui s’était montré particulièrement efficace dans Crazy Zoo, grâce à l’aspect chimérique original des personnages. Ici, c’est avant tout le character design qui est très appuyé. Celui du héros comme celui d’All Might ont la particularité d’être originaux et si d’autres semblent plus classiques, on constate dans tous les cas ce traits forcé sur les expressions faciales et l’épaisseur du coup de crayon qui permettent la naissance de figures vraiment vivantes sur le papier. Peu de vrais combats sont montés dans ce premier opus, mais déjà, on retrouve tout le sens du dynamisme de l’auteur. L’action est explosive, riche en détail et en trames, ce qui apporte à ces moments des impacts visuellement très réussis. D’ailleurs, l’auteur n’a pas forcément besoin de combat pour montrer qu’il sait dessiner de superbes planches, il en est ainsi une qui atteste de la détermination et de l’évolution première du héros, représentant un premier instant fort dans la série.

My Hero Academia s'impose alors comme l'un des titres majeurs de l'éditeur, mais aussi l'une des plus grandes nouveautés shônen de cette année, il était donc évident que l'éditeur allait mettre les bouchées doubles sur son nouveau bébé, que ce soit sur la communication du titre que dans la réalisation de la version française. La jaquette, utilisant l’ambiance de la série pour le logo et les références aux pages de comics dans son découpage, s’avère particulièrement réussie et en phase avec la série et son sujet. Aucun problème avec l’impression et le papier utilisé puisque Ki-oon a toujours soigné ses travaux de ce côté-là.
Quant à la traduction, nous la devons à David Le Quéré, un habitué de l’éditeur qui a toujours su coller à la tonalité des récits qu’il adaptait. Son travail sur le titre de Kohei Horikoshi ne fait pas exception à la règle et le texte proposé est tout à fait convaincant, que ce soit dans la retranscription des termes que l’aura donnée aux personnages par leurs propos. Autant dire que nous retiendrons All Might et son « La cavalerie est là ! ».

« Classique, mais efficace », voilà une expression qui correspond à merveille à ce premier tome de My Hero Academia qui a pour qualité de rester fidèle aux codes du nekketsu, mais en utilisant les ficelles avec brio, proposant un thème accrocheur et un univers aussi barré qu’intrigant, le coup marqué par la patte graphique si particulière du mangaka. A ce stade, difficile de dire si ce titre est l’héritier spitiruel de Naruto au sein du Shônen Jump, mais une chose est sûre : le divertissement est plus qu’efficace et ce premier tome est enthousiasmant d’un bout à l’autre. Dans le genre et pour un premier tome de shônen classique, difficile de faire mieux.


Critique 3

Il a quinze ans, mesure un mètre soixante-six et aime le porc pané avec du riz. Lui c’est Izuku Midoriya. Il vit dans un monde où la majorité des individus possèdent un pouvoir appelé « alter » ; néanmoins, il fait partie de ceux qui n’en n’ont aucun. Et pourtant, depuis tout petit, il rêve d’être un de ceux-là qui apportent la paix sociale : ces « super héros » qui font taire ceux qui utilisent leur « alter » à mauvais escient : les « super vilains ». En ville, aux détours d’un croisement, il est courant qu’une rue soit le lieu d’affrontement opposant lesdits super héros aux super-vilains, en pleine heure de pointe : Izuku Midoriya n’en manque jamais une miette, il note les moindres détails dans son petit calepin. Son souhait le plus cher : rencontrer le plus grand des héros, celui dont tout le monde parle : le rutilant « All Might » ; et, justement, il se pourrait bien que leurs routes se croisent…
Voici donc venir la dernière « tête de gondole » de chez Ki-Oon. A ce titre, les mauvaises langues s’empresseront sans doute de médire qu’il s’agira du énième mainstream dont ils aiment régulièrement en alimenter le marché ; cependant, cela serait assez exagéré en l’espèce. En effet, ici, la matière peut-être considérée davantage complexe. Car si « Boku No Hero Academia » – de son appellation japonaise – présente certains aspects ultra-classiques, il n’en possède pas moins quelques reliefs plutôt agréables. Certes, un titre surestimé comme le sont régulièrement les choses dites « grand public », mais parfois également un peu sous-estimé par les moqueurs.

Tout d’abord, précisons clairement que si « My Hero Academia » revêt les apparats les plus communs du genre nekketsu, il fait partie de ces séries estampillées shonen – public adolescent masculin –, mais qui sont, en réalité et en substance, davantage des kodomos – autrement dit à l’attention d’un lectorat encore plus jeune que cela –. En conséquence, il conviendra de porter une analyse à travers ledit référentiel, afin de ne pas porter, à son sujet, un regard biaisé. D’ailleurs, comme il sera développé ci-après, si votre enfant est attiré par l’univers des superhéros à la sauce américaine, « My Hero Academia » pourrait constituer une porte d’entrée assez opportune dans le monde du manga ; et ce, probablement, dès l’âge de huit ans, en fonction de son éveil personnel.

Certains iront peut-être jusqu’à dire que le postulat de base – inversion de la proportion supers-héros & commun des mortels – est novateur ; mais, en les faits et étrangement, cela ne change rien au contenu : l’on retrouvera ici la recette la plus fidèle qui soit aux prédictions habituelles du staff de la Shueisha ; à tel point qu’il sera parfois ressenti que cette chose aura d’ores et déjà été lue maintes fois, et un peu satiété. Néanmoins, cette charpente shonen ultra-ordinaire est contrebalancée par le professionnalisme d’un auteur – Kohei Horikohi – qui abreuve sa prestation d’une implication très appréciable portée par une mise en scène dynamique et un dessin d’une personnalité pleine de panache ; quand bien même il pourrait être fait grief, à quelques endroits, d’une relative lourdeur de la narration, à raison d’une quantité de texte parfois un brin dispensable.

Les personnages, bien que, ici aussi, très stéréotypés, sont aisément identifiables : chacun ayant ses traits caractéristiques et, quelquefois, ses idiolectes. Le personnage le plus intéressant à ce stade sera sans doute celui d’All Might, le plus réputé des supers-héros : tenue bleu-blanc-rouge exultant la musculature hirsute, mèches blondes en pointes vers le ciel et sourire saillant. Sa réplique fait toujours mouche : « La cavalerie est là ». Malheureusement, s’agissant d’Izuku Midoriya, l’auteur a opté pour la conceptualisation d’un protagoniste principal le plus commun qui soit – édulcoré, anodin et vide – afin que le lectorat le plus large puisse s’y identifier ; cela en devient résolument triste lorsqu’il est pris lecture d’une note de l’ouvrage dans laquelle l’auteur lui-même s’en félicite… d’autres de ses confrères considèrent que lorsque le personnage principal est fade le manga est mort-né ; mais pas lui. Evidemment, cela n’enlève rien aux autres qualités de ce premier jet, cependant cela n’en renforce pas l’éventuelle originalité du titre.

Du côté du fil rouge, il sera, ici également, difficile de faire plus terre-à-terre : Izuku Midoriya, jeune garçon sans pouvoir rêve de devenir le plus grand des supers-héros. La trame se développe en vertu d’un cahier des charges assez scolaire : une sorte de « top-chef » à la sauce comics américains : le protagoniste principal passe divers examens dans le cadre d’un processus lycéen axé supers-héros tout en se faisant des amis et rivalités parmi les autres élèves. Aussi, les scènes d’action assez rares et brèves sont plutôt bien dépeintes.

En ce qui concerne l’édition, La qualité du papier et l’ancrage sont agréables. Le lettrage est pas mal et la couverture tout autant, notamment le design sélectionné pour le titre. La traduction de David Le Quéré est quasi-impeccable. Une édition cohérente pour un plaisir de lecture bel et bien présent.

S’il n’y a point eu, pour l’instant, une séquence qui puisse hautement interpeller, il ne s’agira ici que d’un ouvrage introductif. L’auteur a posé nombre de bases afin que l’œuvre puisse prendre un envol éventuel ; bien qu’il demeure difficile, à ce stade, de savoir ce que pourra véritablement réserver le récit : à suivre donc. Amateur de nekketsu en tout genre, vous devriez être assez satisfait ; lecteur de shonen de la tranche d’âge haute, vous pouvez prendre lecture de ce premier tome afin de juger par vous-même, mais cela vous semblera probablement moins destiné.


Critique 4


À défaut de vivre dans une grotte, impossible de ne pas remarquer qu'en ce moment les super héros sont à l'honneur, et ce n'importe où. Entre les bastions Marvel et DC qui poursuivent la sortie d'adaptations cinématographiques de leurs héros ou encore en manga avec un One-Punch Man qui aura su vite trouver sa place dans le marché français, difficile de louper un tel phénomène. Et justement en parlant de manga, il y a depuis peu un autre titre qui fait beaucoup parler de lui : My Hero Academia. Dernière série à succès du Weekly Shonen Jump, il lui aura fallu peu de tomes pour conquérir le Japon et déjà être décliné en anime, en goodies et même en jeu vidéo. Ce sont les éditions Ki-Oon qui ont acquis les droits pour sa parution française, et autant dire que la communication sur ce titre n'aura pas été faite à demi-mesure, surtout avec une sortie simultanée des deux premiers tomes en même temps que la parution de l'anime sur la toile ! Mais derrière cette mise en avant grandiose, My Hero Academia vaut-il son succès ?

Cela peut paraître drôle, mais My Hero Academia semble être le parfait "rival" de One-Punch Man : si le héros du premier est devenu l'homme le plus fort de la Terre, celui du second est justement une des rares personnes à ne pas posséder de super pouvoir et à être considéré comme un looser. Nous suivons ici Izuku Midoriya, jeune garçon de 14 ans qui est un grand passionné de super héros et c'est simple, depuis sa plus tendre enfance il souhaite en devenir un. A l'époque actuelle où il vit, c'est un rêve qui ne semble au final pas si compliqué puisque 80% des gens ont un "alter", soit un super pouvoir ! Mais malheureusement pour lui, sa vie va prendre un tournant quand il apprendra que contrairement à ses parents, il n'en possède pas et est voué à rester quelqu'un de...normal. Cependant, Izuku souhaite toujours intégrer le lycée Yuei qui forme les plus grands super héros, et il se trouve justement qu'un beau jour il va être sauvé par All Might, son plus grand idole ! De fil en aiguille, notre héros va avoir l'opportunité d'intégrer le lycée de ses rêves, mais pour cela il va subir un entraînement très dur et son périple ne fait que commencer !

Vous l'aurez remarqué, My Hero Academia commence avec des bases très classiques du genre shonen : un héros faible plein de rêves qui vit dans un univers où l'on maîtrise des capacités hors normes, et qui souhaite être reconnu et devenir fort. On ne va pas se mentir, de tels clichés auraient de quoi effrayer les gens en quête d'originalité, mais il y a un mais, car si My Hero Academia se base sur un schéma type qui a déjà fait ses preuves, il le fait avec une telle fraîcheur que l'on oublie ce fait et c'est avec un grand plaisir que nous suivons dès le début le jeune Izuku. Il est assez drôle en premier temps de suivre un héros qui ne possède vraiment aucune capacité et qui se doit de mentir pour évacuer la menace comme quoi les plus faibles sont virés de l'école. Ce qui fait le charme de ce premier volet est surtout sa panoplie de personnages qui sont tous hauts en couleur et qui dévoilent leur caractère peu à peu; on pense notamment à Katsuki Bakugo le rival du héros qui lui vise plutôt à être un super héros pour la fortune et la gloire que cela peut engendrer. All Might est également la figure comique de ce début de récit lorsque l'on se rend compte de ce qu'il se cache réellement derrière ce gros tas de muscles.

En somme, My Hero Academia n'a rien de révolutionnaire dans le fond, le thème a déjà été abordé plusieurs fois et la plupart des personnages ne sont pas si éloignés des archétypes habituels. Mais le titre arrive à se rendre unique par le talent de son auteur, déjà remarqué sur Crazy Zoo, à savoir insuffler et certaines vitalités à son univers et surtout à ses personnages. L'action est continuelle, la mise en scène impeccable, ça va vite et ça transpire la motivation de l'auteur à nous faire passer un moment plus qu'agréable à la lecture. Il n'y a qu'à voir ses planches qui sont déjà très professionnelles et qui démontrent un certain talent pour la narration. Son trait est tout aussi poignant, jonglant entre des dessins fins et des traits un peu plus grossiers et très marqués qui font ressortir davantage les personnages (All Might en tête).

Cette nouvelle série de Kohei Horikoshi fait donc un très bon départ qui nous donne  particulièrement envie de lire la suite. Maintenant que le lecteur a compromis l'univers, on a hâte de découvrir les enjeux du manga et vers quoi l'aventure de notre pauvre Izuku va se tourner, d'autant plus qu'un tel univers peut promettre de belles choses à l'avenir.

Enfin, notons également le travail de titan qui a été fait pour ce manga et surtout pour promouvoir sa sortie : difficile de ne pas être tenté par cette académie des héros ! Concernant le livre en soi, Ki-Oon reste fidèle à son image et nous livre un produit de qualité sur tous les plans.



Critique 4 : L'avis du chroniqueur
Kiraa7

16 20
Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

15.5 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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