Moving Forward Vol.4 - Actualité manga

Moving Forward Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 08 November 2017

Critique 2


Dès la magnifique couverture, Nagamu Nanaji nous rappelle avec force les ultimes événements du volume 3 : pour la première fois en 15 ans, et suite aux paroles d’Outa qui se trouve « nul et pitoyable » devant sa force à elle, Kuko a craqué et a laissé ses larmes couler en public, devant Kiyo et, surtout, devant Sazuku, ce garçon arrivé en ville il y a peu et qui ne cesse de lui balancer des remarques qu’elle trouve blessantes. Et pourtant, c’est une forme de bienveillance que Sazuku va montrer à son égard, au risque de commencer à bousculer ce que l’adolescente a toujours voulu entretenir…


Kuko a désormais conscience qu’Outa ne sera sans doute jamais amoureux d’elle puisque son regard est tourné vers un amour impossible pour Una. Et alors qu’elle émettait déjà le désir de désormais éviter Outa, son choix semble devoir se confirmer quand Una vient à sa rencontre, pour lui avouer la réalité du plagiat, et lui conseiller de ne plus voir Outa pendant au moins quelque temps. La réponse de Kuko quand elle apprend ce qu’Outa a fait est déjà un signe que le comportement qu’elle adopte depuis toujours n’est peut-être pas le bon : en avouant qu’elle ne sait pas comment elle est censée réagir, si elle est censée être contente, on entrevoit déjà qu’elle est perdue concernant l’image qu’elle a toujours voulu renvoyer. Cette image de fille forte et toujours positive était déjà entaillée, Kuko se voyait alors comme une épine douloureuse blessant les autres, et cela va continuer dans ce 4ème volume où elle aura bien des occasions de constater que l’image de fille forte qu’elle a toujours voulu montrer peut blesser les autres, qui se sentent misérables par rapport à elle…  Mais Kuko est-elle si forte que ça ? Quel comportement doit-elle adopter ?


Un début de réponse pourrait arriver via l’apparition d’un nouveau personnage : Morika, la petite amie de Sazuku, que ce dernier présente d’emblée à Kuko comme étant son exacte opposée. Au-delà de son joli minois, on découvre en Morika une jeune fille qui semble très amoureuse de Sazuku, et qui n’hésite pas à le montrer. Elle peut sembler un peu superficielle, mais elle est directe et franche, ne ment jamais et ne se ment jamais. Et si, pour trouver la réponse à ses interrogations et pour éviter de se détester, Kuko devait commencer, elle aussi, par être franche avec elle-même, arrêter de porter un masque, et exprimer ce qu’elle ressent vraiment ?


Mais Kuko n’est pas le seul personnage central du tome, car avec l’arrivée de Morika, c’est également Sazuku que l’on commencer (enfin !) à découvrir plus en profondeur. Le garçon qui n’a pas sa langue dans sa poche s’interroge lui aussi, sur lui-même, sur sa relation avec sa copine qu’il n’hésite pas à qualifier de superficielle… Il a enfin l’air plus tourmenté qu’il ne le laissait paraître avant, on sent bien que quelque chose ne colle pas dans sa relations amoureuse, il avoue lui-même ne pas vraiment comprendre ce que signifie « être amoureux »…


En filigranes, on adore la place que Kiyo et Ibuki prennent dans ce tome. Kiyo est souvent là pour amener une dose de fraîcheur, avec ses pensées quasiment toutes tournées vers Kuko, chose qu’il n’hésite pas à montrer à Sazuku. Quant à Ibuki, elle régale dans sa manière de tout rapporter aux mangas, en déconstruisant en quelque sorte certains clichés de shôjo qui pourraient pourtant arriver… 


Nagamu Nanaji accorde toujours autant de soin à sa peinture du quartier de Kitano-shô et de Kobe : ses décors sont souvent bien présents et participent toujours autant à l’immersion, la mangaka ayant à cœur de les dépeindre avec réalisme et de coller à l’époque où le récit se déroule. L’artiste est également toujours aussi séduisante dans ses planches d’une grande finesse côté découpage et narration, entre certains parallèles très évocateurs entre les personnages, des gestes muets qui en disent long, des non-dits subtils qui laissent deviner ce que peuvent ressentir les personnages… Ses dialogues restent fins et pleins de sens, chose que la traduction rend impeccablement, surtout lors de certains passages très fins, comme lors de la différence entre « avoir de la chance » et « en avoir, de la chance ». Enfin, on aime toujours autant les nombreux bavardages de la mangaka pendant ses chapitres oud ans sa postface. Que ce soit en évoquant des choses légères ou en parlant de son manga, Nanaji se livre beaucoup.


Avec son ton toujours aussi subtil et réaliste, Nagamu Nanaji continue de s’intéresser en profondeur à ses jeunes personnages qui doutent, se cherchent, doivent apprendre à se comprendre, à s’exprimer comme ils veulent et à s’aimer. Par là, la mangaka poursuit son abord complexe des rapports humains et conserve toute notre attention pour la suite.


Critique 1


Le vase devenu trop plein a fini par déborder. Kuko a finalement extériorisé toute sa peine en public, devant son meilleur ami et Sazuku. Les choses ne pouvaient pas être pires pour notre héroïne. Celui qu’elle aime (Outa) se sent misérable face à elle, et la voilà qui s’ouvre à un étranger (Sazuku) jusqu’ici plutôt désagréable. Pourtant c’est précisément cet inconnu, pas aussi froid et imperturbable qu’on pourrait le croire, qui va permettre à Kuko d’aller de l’avant et de supporter son mal-être. 


« Les choses que vous comprenez, soyez contents de les comprendre… Et les choses qui vous échappent encore, vous n’avez qu’à attendre le jour  où vous finirez par les comprendre. »


Ce quatrième opus de Moving Forward poursuit l’intrigue en cours, tout en nous proposant de nouvelles perspectives. Kuko doit ainsi continuer de se préoccuper de ses sentiments à l’encontre d’Outa, mais qui semblent hélas mener à une impasse. Néanmoins, de nouvelles éclaircies semblent en contrepartie faire surface. Alors que notre héroïne se dirige de plus en plus vers une forme de déception amoureuse, Sazuku entre enfin dans la danse. Nagamu Nanaji a décidé qu’il était temps à ce jeune homme jusqu’ici peu impliqué de se découvrir à nous. 


Le lecteur suit donc l’approfondissement espéré et attendu du personnage de Sazuku. Ce dernier sera même le réel point fort de ce présent tome. Sous ses airs antipathiques se cache un jeune homme qui est également soumis à la complexité humaine et aux aléas sentimentaux. Franc en toutes circonstances, mais davantage humain, c’est lui qui sera le vrai moteur du récit. Puisque c’est lui qui viendra apporter cette touche de légèreté à Kuko, venant ainsi rafraîchir et adoucir l’amertume ainsi que la nostalgie qui se dégage du titre. On découvrira quelle est la situation que vit Sazuku avec sa petite amie, tandis qu’il développera une complicité insoupçonnée avec Kuko. 


Sazuku apporte un vent nouveau, tandis qu’Outa apporte tristesse et lourdeur. Celui-ci est rongé par la culpabilité et par le désarroi que provoque son amour impossible. Il se sent comme un être pitoyable. Il est tout l’opposé de l’héroïne qui brille par sa sensibilité et par sa force de caractère. L’auteur nous dépeint des protagonistes complexes, différents des uns et des autres et profondément humains.


En somme, Moving Forward confirme notre intérêt pour la série entre sentiments troublés, personnages profonds et incertitudes du quotidien. Bien que faisant partie de la longue tradition des shojos, l’œuvre a cette petite touche mélancolique et poétique pour nous conter les aléas de la vie de Kuko. 


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
titali

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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