Miyuki au pays des merveilles - Actualité manga

Miyuki au pays des merveilles

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 15 August 2011

Du CLAMP ! Du CLAMP remis au goût du jour ! Voilà qui, à priori, devrait faire parler dans les chaumières et bondir des cœurs. Car ce nom est synonyme de qualité et parfois de très belles découvertes littéraires, dans le domaine du manga. Alors on comprend fort bien que les éditeurs rééditent ce qui va bien marcher, quitte à débourser très largement des coûts de fabrication importants. Mais sur cela, nous reviendrons en fin de post. Donc, un ancien CLAMP qui nous revient. On s’y jette, un peu inconsciemment malgré la légèreté de la couverture qui aurait du, oui aurait du nous mettre en garde. De plus, c’est un one-shot, malgré que ce ne soit pas réellement un argument au vu de, par exemple, les très corrects Shirahime Syo ou Shin Shunkaden. Allons-y donc, et advienne que pourra. L’histoire ? Oui, l’histoire. Miyuki est une jeune fille qui va à l’école, au travail, au cinéma, joue aux jeux vidéos, se fait belle devant la glace, regarde la télé, affectionne la lecture ... Sauf que, imaginez que chacune de ces situations fassent un chapitre. Comme idée directrice, la pauvre Miyuki qui se fait toujours attraper par un moyen ou un autre dans un monde parallèle, plus ou moins en rapport avec son activité du moment. Elle traverse ainsi des univers étranges comme celui de X-1999, un ring de combat, le pays d’Alice au pays des merveilles, et que sais-je encore ... Et nous, pauvres lecteurs, sommes obligés de l’y suivre si l’on veut finir la lecture de ce tome. Le détail absolument indispensable ? A chaque fois que Miyuki croit se réveiller, ses fantasmes loufoques semblent la rattraper. Never end, donc. Peu original et surtout redondant ...

Et donc oui, pas d’autre concept. Pas de secret caché, pas de double sens. On ne fait que suivre Miyuki dans ses délires, la bouche béante tant on peut se montrer ébahi de tant d’inutilité. Sans intérêt, sans approfondissement, sans psychologie, sans même d’histoire en fait, ce one-shot est, dans son simple résumé, une catastrophe. D’autant que, rappelons-le, aucun chapitre n’a de réelle fin. Et donc, on reste dessus en s’imaginant tout recommencer ... et l’envie de se pendre arrive avec. Pourquoi, pourquoi les CLAMP sont-elles parties sur un tel échec ? Car si le concept est déjà décevant, avec un développement un minimum conséquent et une héroïne intéressante (du moins plus que le haricot vert qui cuit tranquillement entouré de tant d’autres pendant que vous lisez ces lignes), on aurait pu avoir quelque chose. Pas de transcendant, mais quelque chose. Car il y a autre chose, qui détruit encore plus -oui, c’est possible- un univers totalement absurde et sans aucun intérêt. La pauvre Miyuki passe la majorité des pages de ce manga à se faire déshabiller par les jeunes femmes fatales qui peuplent chaque monde qu’elle visite. En gros, des filles en chaleur qui sautent sur notre pauvre héroïne et l’entraînent dans leur délire. On aurait l’impression d’assister à un recueil d’illustrations purement dessinées dans le but d’offrir du fan service, alors que les CLAMP n’ont pas cette habitude, du moins pas sans un très bon scénario derrière.

La vie de Miyuki est pourtant importante au sein du studio : déjà, la plupart des chapitres font référence à une série des mangakas (X-1999, Angelic layer, Wish, Magic knight rayearth), en plus dans la longue série Tsubasa Reservoir Chronicles les quatre auteurs ont semé Miyuki dans les pages des différents mondes traversés par nos héros. On dirait donc que cette fille sans caractère, sans personnalité, sans histoire, est chère à leur cœur. Pas au notre, en tout cas, et de façon définitive. Pourtant, les graphismes sont attirants et c’est là la seule patte reconnaissable du talent du studio. Ce n’est pas ce qu’elles ont fait de mieux, mais les visages sont expressifs (et pourtant il n’y a pas grand-chose à faire passer), la lecture fluide malgré de gros passages embrouillés, bref c’est beau. Sans plus. Mais ça l'est d’autant plus avec l’édition de Tonkam. En effet, l’éditeur a voulu jouer gros là-dessus, et pour être sûr de vendre quelque chose d’aussi mauvais, ce sont les petits plats dans les grands ! Couverture en triptyque qui nous permet d’ouvrir le premier rabat aimanté et de découvrir un intérieur tout en dessin, couleurs et travail perfectionné du trait des CLAMP. C’est presque une relique que l’on ouvre avec précaution et envie. L’intérieur n’en est pas moins satisfaisant : papier glacé, traduction absolument parfaite, adaptation des onomatopées, nombreuses illustrations couleurs ainsi que les croquis utilisés pour l’OAV du manga. Bref, c’est une œuvre d’art ... si l’on enlève l’histoire au milieu. C’aurait pu être un artbook que cela n’aurait pas gêné ... Le seul défaut sera l’adaptation française du titre : cette traduction est une réelle erreur de la part de l’éditeur, puisque les CLAMP travaillent depuis longtemps autour du thème du « land », et notamment du « wonderland » et de nombreux dérivés de leur travail sont basés sur cette idée, ce qui ne se retrouve pas du tout ici ...

Il faut par contre y mettre le prix ! Justifié, mais difficile à accepter quand on se souvient de la lecture, absolument désolante et totalement pitoyable. Alors, après avoir savouré ce trésor d’édition (malgré un titre qui reste un sujet de grimace), on se le demande : cette « histoire » le méritait-elle ? Et la réponse se trouve dans les paragraphes précédents. Quel gâchis d’une qualité remarquable pour un titre à oublier. Rapidement. Voire, à ne pas acheter tant ce serait une grossière erreur.
 


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

7 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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