Lonely World Vol.2 - Actualité manga

Lonely World Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 28 September 2021

Toujours accompagnée du golem Bulb et de la petit machine volante Mui-Mui, Shii a fait une nouvelle rencontre en Teefer, golem à visage humain et spécialisé dans la communication. Mais le calme de cette rencontre ne dure malheureusement pas longtemps, dès lors que des cônes retrouvent leur trace et les attaquent. En tant que garde du corps, Bulb n'hésite pas une seule seconde à se sacrifier, avec Mui-Mui, pour permettre à Shii de fuir avec Teefer. Ce dernier peut ainsi mettre la petite fille en sécurité, et même lui perdre de rencontrer d'autres machines bavardes. Mais malgré la sympathie de ses nouvelles rencontres, Shii ne peut se résoudre à laisser derrière elle Bulb et Mui-Mui, qu'elle veut à tout prix réparer... mais comment ?

Ce deuxième volume poursuit l'errance de nos personnages dans cette cité abandonné jonchée de machines autonomes, dans un déroulement assez classique que l'on peut grosso modo diviser en deux parties: l'une auprès de Teefer, et l'autre dans les bas-quartier où la fillette espère pouvoir faire réparer Bulb et Mui-Mui, toujours actifs mais en mauvais état.

Globalement, c'est assez intéressant, essentiellement pour la vision des machines que nous propose Iwatobineko. On pense à Teefer, qui a conscience qu'il faut absolument protéger Shii, dont la présence est précieuse... et cela, même si les golems, sous le contrôle du palais royal avant tout, ne peuvent pas toujours agir comme ils le voudraient. Mais il y a aussi le cas d'un robot à l'allure féminine qui, dans la deuxième moitié du volume, aura un rôle assez considérable auprès de Shii, tout comme Shii aura une importance cruciale pour elle. Dans chaque cas, la mangaka fait assez bien ressentir la triste situation de tous ces robots, entre les produits en vente qui se contentent d'attendre des clients qui ne viendront plus jamais, et les machines dont l'existence semble totalement vaine et dépourvue de but. Mais la simple existence de la jeune humaine Shii pourrait donc, pour certains d'entre eux, avoir une valeur à même d'enfin donner un sens à leur existence. Et pour Bulb, qu'en est-il ? Avec son incapacité à parler et ses agissements, il semble parfois veiller sur Shii uniquement comme la machine obéissant à son maître, et ça se confirme quand il rejette le cordon offert par Shii en disant que ça n'a aucun effet sur lui et que c'est une perte de temps, un bref moment forcément un peu déchirant pour la petite fille perdue et sans repères... mais le fait est que la fillette, malgré ses moments de doute, trouve une certaine chaleur à ses côtés, chaleur dont elle a besoin dans ce monde où elle est la seule humaine. Et qu'à son contact, Bulb, petit à petit, semble lui aussi évoluer pour devenir un peu moins "machinal".

Tout ceci se déroule dans une atmosphère qui, part moment, a vraiment quelque chose d'assez doux-amer ou triste, en particulier pour le sort réservé à certains personnages. Et cette atmosphère se retrouve aussi en Shii qui, peu à peu, est forcément obligée de s'interroger encore: vu qu'elle n'a aucun souvenir de son passé, de sa possible vie dans ce royaume, qui est-elle vraiment ? Tout ce à quoi elle peut se raccrocher de ce côté-là, ce sont les les images de sa mère et du symbole qu'elle a vus en rêve.

En somme, il y a du contenu en toile de fond, et des moments qui pourront éventuellement toucher... et du coup, il reste dommage qu'une nouvelle fois, l'autrice ne parvienne pas encore à hausser d'un cran son rendu narratif et visuel. Tout se déroule de manière un peu trop plan-plan et convenue, tandis que côté dessins il y a encore de grosses lacunes parfois. Iwatobineko est pourtant capable de montrer de très chouettes idées de design, quelques visages touchants chez Shii et certains décors très immersifs. Alors on regrette forcément les passages où, au contraire, les planches apparaissent trop vides avec des décors rachitiques ou inexistants, ou semblent très inégales avec mêmes certaines anatomies ou têtes très approximatives chez Shii (en page 137, par exemple).

Lonely World reste donc, avec ce deuxième volume, un récit qui souffre de pas mal d'inégalités et de limites, mais dont le fond attire pourtant l'attention. Il suffirait que l'autrice parvienne à hausse d'un cran le niveau de sa narration et de son dessin, pour que l'oeuvre gagne tout de suite des points.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13 20
Note de la rédaction






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