Laughter in the End of the World - Actualité manga

Laughter in the End of the World

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 22 May 2019

L'année 2018 aura été charnière concernant le manga en France, notamment parce que plusieurs nouvelles maisons d'édition ont émergé. On pense forcément à Vega et sa panoplie de seinen diversifiés, mais aussi à Chattochatto avec Carciphona et la réédition de Quand la neige m'appelle. Un autre édition, belge cette fois, s'est aussi lancé : Shiba Edition. Un nouvel acteur qui mise aussi sur une proximité avec le lectorat puisque la première parution a fait l'objet d'un financement participatif, qui s'est déroulé avec succès. Ce premier titre permet de revoir en France l'autrice Yellow Tanabe, appréciée pour le manga Kekkaishi qui a toutefois peiné à trouver son public chez nous. C'est à travers un one-shot que nous pouvons retrouver la mangaka : Laughter in the End of the World, titre international de Shûmatsu no Laughter. Celui-ci fut publié en 2012, dans les pages du Shônen Sunday. Un titre assez court dans un long magazine, ce qui laisse souvent croire à une série annulée en cours de route... Alors, qu'en est-il de cette œuvre succincte ?


Lorsque le monde fut totalement corrompu, le « démon blanc » surgit pour purifier l'humanité. Bien longtemps après, l'espèce humaine a été largement réduite par cette bataille. On dit que le démon blanc s'est réincarné en de nombreuses créatures humaines, reconnaissables par leur tatouage, et haïes par le reste du monde.


Lucas est l'un d'entre eux, mais il est surtout un voyageur qui parcourt le monde avec sa petite sœur, Haru. Lui seul semble pouvoir vaincre les démons, ceux de son espèce, et va devoir mettre ses talents à profit d'une petite ville souffrant du chantage d'un de ces monstres...


Pour les fans de Yellow Tanabe, retrouver l'autrice le temps d'une courte histoire est sans doute un grand plaisir, tandis que c'est l'occasion pour d'autres de découvrir ses talents. Etant donné le format de l’œuvre, on pouvait s'attendre à un récit aux ambitions limitées, mais force est de constater que la lecture nous donne tort. Le temps de cinq chapitres, la mangaka gratte un univers aux multiples possibilités à tel point qu'il semble assez évident que l'autrice voulait initialement porter le récit au-delà du simple one-shot. Les mécaniques présentées ont beau être celles d'un shônen assez classique, quelques idées, distillées ci et là, montrent que Yellow Tanabe avait de la suite dans les idées.


Pour autant, lancer un catalogue avec un titre court semblait être une bonne idée, d'autant plus que Laughter in the End of the World montre des qualités, quand bien même l'histoire aurait pu aller bien plus loin et ne reste finalement que l'équivalent d'un arc scénaristique de lancement. Yellow Tanabe est douée pour raconter des histoires et introduire un univers, puisque la mangaka prend son temps pour exposer ce monde où des démons sévissent dans les sociétés humaines, et où la peur d'autrui constitue une thématique phare de l’œuvre. Quand bien même l'aventure serait courte, l'immersion est présente, notamment parce que la mangaka nous questionne quant aux personnages, ce qui nous permet de nouer un lien honnête avec eux.


Si l'idée a été maintes fois exploitée dans la fiction, le thème de la différence est omniprésent dans le récit. Plus que la vérité sur l'origine des démons, on se questionne finalement sur la nature véritable de chacun. Les démons sont-ils les véritables monstres de ce monde ? D'ailleurs, l'autrice traite de la fin du monde de plusieurs manières, en s'intéressant aussi aux croyances humaines et à la religion. Le carnet de thématique est assez dense pour un shônen d'aventure aussi court, et on regrette alors que Yellow Tanabe n'ait pas poursuivi l'épopée de Luca et Haru plus longtemps.


Aussi, c'est le dessin de la mangaka qui met correctement en relief cette histoire. Celle-ci a un trait assez épuré, mais dynamique et détaillé à certains moments. On retient surtout la clarté de la narration, ce qui a de quoi donner envie de découvrir davantage son style sur un récit plus long. Malheureusement, trouver l'intégralité des tomes de Kekkaishi, au jour d'aujourd'hui, relève du parcours du combattant.


En résulte un one-shot prenant par la présentation de son univers, et qui présente bien des possibilités grâce aux thématiques implantées, et à ses deux protagonistes attachants. S'il est regrettable que Laughter in the End of the World ne soit qu'une histoire courte, voilà qui lance correctement le catalogue des éditions Shiba, à qui on espère un bel avenir sur un marché francophone pourtant bien garni.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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