Hayate the combat butler Vol.17 - Actualité manga

Hayate the combat butler Vol.17

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 07 December 2015

Tome après tome, et malgré les errances de traduction des premiers tomes et quelques petits coups de mous, Hayate the combat butler continue de nous divertir au gré des frasques délirantes d'une galerie de personnages toujours plus attachante. Concrètement, hormis pendant quelques moments se focalisant sur le passé et les tourments intérieurs de Nagi ou de Hayate, l'efficace recette est quasiment toujours restée la même... mais après 17 volumes et 4 ans de prépublication japonaise sans la moindre pause (Hata en est particulièrement fier dans sa postface !), l'heure est venue pour le mangaka d'incorporer enfin dans sa série un arc différent qu'il avait en tête depuis le début.

Ce tome commence pourtant dans la même ligne directrice que les précédents avec de petits chapitres humoristiques. Ici, Nagi se retrouve à louer un DVD estampillé "18+" et ne s'attendait sans doute pas à ça au niveau du contenu, ce qui est l'occasion pour Hata d'offrir quelques références au cinéma d'horreur. Là, Hinagiku se retrouve bien embêtée dans un costume de superhéros de spectacle pour un résultat offrant notamment de gros clins d'oeil à Gundam... Mais c'est aux alentours des deux tiers du tome que tout bascule, quand une simple phrase anodine et joyeuse de Nagi dédiée à son majordome adoré réveille en Hayate des souvenirs d'un lointain passé qui ne l'a jamais quitté... un passé on ne peut plus cruel.

"Toi et moi, nous resterons ensemble pour la vie."

Soudainement, c'est la plongée dans l'enfance d'un Hayate radicalement différent de ce qu'il est ensuite devenu. On découvre un petit garçon pleurnichard, dépourvu de la moindre lueur de bonheur. Il est la cible privilégiée des autres enfants voire des adultes dès qu'un problème comme un vol se présente, pour une seule raison : la réputation désastreuse de ses parents, en qui le petit Hayate place néanmoins, encore et toujours, sa confiance d'enfant, comme la seule accroche d'espoir qu'il conserve dans ce monde qui le rejette. Jusqu'à ce que...
On devinait déjà toute l'horreur des parents de Hayate dès le premier tome de la série, cela ne fait que se confirmer dans ce retour en arrière où l'on découvre des parents qui se fichent royalement de leur enfant, voire pire encore... Mais quand son dernier éclat de confiance est brisé et que l'envie de mourir s'empare du jeune garçon, une rencontre providentielle se fait et va le changer a jamais.

Elle s'appelle Athéna Tennôsu, elle a le même âge que Hayate, mais paraît plus mûre intérieurement, et Hayate la rencontre dans un lieu captivant, un vaste champ de fleurs, puis un gigantesque château perché sur une falaise où les deux enfants choisissent de vivre ensemble pour échapper aux cruautés de la réalité.
La petite Athéna, rapidement surnommée A-tan par Hayate, est un personnage qui a vite fait de nous conquérir. Sa situation jamais expliquée clairement, au sein de ce château où elle est entièrement seule avant l'arrivée de Hayate, lui confère quasiment une aura de déesse que son nom confirme, mais quelques indices discrets, comme un journal faisant mention de sa disparition, laissent supposer toute autre chose. A par bien des aspects, elle rappelle Nagi : son caractère légèrement capricieux, son amour parfois jaloux pour Hayate en font une enfant pétillante, mais derrière cette facette on devine très rapidement une profonde solitude que Hayate, épris, aura à coeur de combler... pour toute la vie ? La façon dont Hayate raconte ses souvenirs, avec quelques phrases laissant deviner une issue tragique à tout ceci, nous fait clairement comprendre que non. Mais une chose est sûre : c'est cette rencontre qui a changé en profondeur le jeune garçon, l'a rendu plus fort physiquement et moralement, et lui a conféré cette faculté à vouloir rester positif dans toutes les situations.

Dans tout cela, l'humour est beaucoup plus discret, mais est encore présent, que ce soit via la jalousie d'A-tan par exemple, ou encore la toute première rencontre de Hayate avec Izumi qui fait joliment écho à ce qui s'est passé dans les tomes précédents. L'ambiance est-elle pour autant dramatique ? Par la situation de ces enfants, oui, mais avant même l'aspect tragique c'est une tout autre ambiance qui s'installe et nous captive. Une ambiance poétique, onirique, véhiculée par le cadre fantastique : ce champ de fleurs, ce gigantesque château esseulé, ces roses, ces colonnes, c'est éléments fantastiques comme le miroir des connaissances, c'est impression (via l'image récurrente de l'horloge) que le temps est comme arrêté dans cet espace où les deux enfants amoureux vivent uniquement à deux et heureux... On a un cadre et une atmosphère totalement irréelle, comme hors du temps, et se référençant clairement au cultissime Utena (même le nom de la petite Athéna/A-tan s'en rapproche). Le résultat est assez fascinant, est propice à de nouveaux mystères (pourquoi Maria enfant est-elle apparue dans le miroir des connaissances ?) et permet d'en accentuer certains mieux que jamais (l'intrigue autour du frère de Hayate), hata montrant alors qu'au-delà des gags, il a bien pensé la trame principale de sa série depuis le début.

Le résultat, c'est un volume riche et surprenant, réellement à part dans la série. On a hâte de découvrir la fin de ce flashback, même si l'on sait déjà qu'elle sera tragique.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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