Goldorak Vol.1 - Actualité manga

Goldorak Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 20 Mai 2015

Après un one-shot très intéressant, mais inabouti et trop rapide dans son déroulement, Goldorak connut à partir de 1975 un reboot en 4 tomes où Gô Nagai, uniquement au scénario, laissa sa place de dessinateur à Gosaku Ota, pour un résultat qui, sur le plan du scénario, apparaît d'emblée plus convaincant, Nagai ayant cette fois-ci tout le temps de bien introduire les choses en nous présentant d'abord un Actarus sur Terre depuis déjà quelques années, mais ne se souvenant plus de son passé. Vivant donc depuis un certain temps aux côtés de Vénusia, de Rigel, du Pr Procyon et des autres dans le ranch, il a noué des liens forts avec eux, et qui apparaissent plus crédibles que dans le one-shot puisqu'ils ne sont pas expédiés en quelques pages, certaines pages nous permettant même de profiter d'une ambiance plus quotidienne qui manquait au one-shot et qui permet de bien cerner les relations entre les personnages, à commencer par l'amour secret de Vénusia pour Actarus.


Mais ce calme apparent est bientôt anéanti par l'arrivée des troupes de Véga, déterminées à anéantir la Terre et à récupérer le robot Goldorak, qui leur avait échappé à l'époque de la destruction de la planète Euphor. Face à cette situation, tous les souvenirs d'Actarus lui reviennent : prince d'Euphor ayant vu ses parents, ses amis et tous les habitants de sa planète tués sauvagement par les armées végaliennes, il se doit de protéger la Terre et ses amis en combattant les sbires de Véga. Et dans cette mission, il lui faudra aussi compter sur l'aide d'Alcor, qui, autrefois, a déjà sauvé la planète aux commandes du robot Mazinger Z !


La lutte contre les armées de Véga redémarre donc et s'avère moins linéaire et basique que dans le one-shot, puisque cette fois-ci nous avons un peu plus le loisir de découvrir les antagonistes importants comme le commandant Minos, et surtout parce que Gô Nagai délivre quelques rebondissements s'écartant de la simple succession de combats, notamment avec le cruel passage sur Aphélie, fille du Duc d'Euphor et ancienne amie d'enfance et amoureuse d'Actarus, puis avec en fin de tome l'ouverture d'un arc sur les mykéniens, ennemis de Mazinger Z offrant donc ici un pont sympathique et intéressant entre Goldorak et Mazinger. A cela s'ajoutent des vérités confirmant le goût de Nagai pour les personnages tourmentés, pour la cruauté et pour la face sombre de l'humain, on pense notamment au déchirement d'Actarus et Aphélie, à l'identité réelle des Golgoths, ou à la fin de tome voyant Alcor commettre un acte dur face à une chose qu'il ne peut accepter, à savoir s'allier avec son pire ennemi pour sauver la planète... De même, certains mystères arrivent pour nous garder accrochés, à commencer par les raisons poussant Véga à vouloir s'emparer de Goldorak, ou par la fresque millénaire de la fin de tome entretenant le flou sur les origines du robot géant.


Niveau scénario, ça s'annonce donc plus riche, plus retors et plus sombre encore que le one-shot. Cela dit, certains points pourront laisser les lecteurs clairement dubitatifs, à commencer par le comportement d'Alcor, qui pourrait même choquer un peu les fans du dessin animé. Beaucoup moins noble, plus prétentieux, se bagarrant avec Actarus, tournant autour de Vénusia comme un pervers au point de s'imaginer en train de la violer, régulièrement un peu tourné en ridicule... le jeune homme est loin d'être mis en valeur et offre plus d'une fois des comportements un peu incohérents (parfois il montre une rivalité un peu haineuse envers Actarus, parfois il le soutient comme un bon camarade)... Est-ce vraiment "ça" qui a autrefois sauvé la Terre aux commandes de Mazinger Z ?


L'autre élément qui pourrait rebuter est le dessin de Gosaku Ota, clairement moins fouillé que celui de Nagai. Si certains décors et quelques scènes denses parviennent à sauver les choses, on a un rendu moins travaillé. Le design des personnages est beaucoup plus libre (Actarus est à des années-lumière de la figure qu'on en a habituellement), moins fin, plus caricatural/simpliste, voire un peu SD parfois, les robots ont un rendu très variable (ils en jettent sur certaines pages où l'on ressent bien leur gigantisme, puis sur d'autres on dirait des jouets, la faute à des perspectives régulièrement maladroites)...


La série semble donc partie pour compenser certaines lacunes du one-shot en offrant un scénario plus consistant, et cela malgré des éléments qui laissent circonspect comme le comportement d'Alcor. Mais à côté de ça, on perd au change au niveau de l'impact visuel... Le résultat est une oeuvre maladroite, mais intrigante et intéressante, et dans tous les cas très différente du dessin animé.


Côté édition, on est sensiblement sur les mêmes bases que pour le one-shot, à ceci près qu'il y a désormais un résumé au dos de la couverture, et que l'on a droit à plus de pages en couleur et en bichromie et à une petite frise sur le dos des tomes ! Il reste malgré tout cette absence de textes de présentation et ce problème de transparence du papier.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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