Goblin Slayer Vol.1 - Actualité manga

Goblin Slayer Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 18 September 2018

Goblin Slayer fait peut-être partie des sagas qui feront le plus parler d'elles durant les prochains mois, déjà que le succès commençait à bien grimper ces derniers temps. Initialement un light-novel écrit par Kumo Kagyu et illustré par Noboru Kannatsuki comptant actuellement 7 tomes au Japon, le titre est adapté depuis 2016 en manga par Kôsuke Kurose, tandis qu'une adaptation animée par le studio White Fox verra le jour à l'automne 2018. Visiblement conscient de ce succès imminent, Kurokawa fait fort en cette rentrée 2018 en proposant simultanément les premiers tomes du light novel et du manga, l'occasion idéale pour se plonger dans cette saga de dark Fantasy visiblement originale.

Une jeune prêtresse de 15 ans, visiblement confiante en ses capacités, décide de devenir aventurière. A peine inscrite sur le registre, elle se fait recruter par une bande de débutants qui acceptent une mission peu périlleuse : chasser du gobelin. Malheureusement, l'aventure tourne au cauchemar quand la bande, qui a visiblement sous-estimé leurs proies, devient à son tour le gibier. A deux doigts d'être agressée par l'ennemi, la prêtresse est alors sauvée par un étrange guerrier vêtu d'une armure : le Goblin Slayer, visiblement spécialisé dans la traque de ces créatures...

Âmes sensibles s'abstenir, puisque ce premier tome de Goblin Slayer nous prouve que la série sera sans pitié, avec des passages à ne pas mettre entre toutes les mains. Derrière un synopsis assez classique, une prêtresse se mêlant à un groupe très caricatural d'aventuriers pour sa première mission, le titre de Kumo Kagyu cache une noirceur particulière et apportant un peu de fraîcheur au milieu des multiples œuvres de fantasy tirées de light novel. Une noirceur qui n'est pourtant pas tout à fait gratuite, et c'est la force de ce premier tome : Goblin Slayer semble traiter un univers de dark fantasy classique avec une certaine crédibilité, loin des clichés que l'on peut retrouver dans le genre depuis plusieurs décennies. La bande d'aventuriers présentée en début de tome, dont les membres sont plus clichés les uns que les autres, sert surtout de prétexte à montrer les intonations du titre : Ceux qui ne prennent pas la menace au sérieux subiront les pires sévices possibles, un univers imaginaire n'empêchant un le récit d'être terre à terre. Et justement, ce premier volume nous fait vite ramener les pieds sur terre. Cette poignée de personnages, simplets et clichés mais attachants, font les frais de leur inattention, et une bonne partie de ce premier opus, par son traitement cru et sans pitié de ces quelques mécaniques classiques, joue très habilement avec notre surprise et notre dégout. Difficile de ne pas être désolé pour les personnages subissant le carnage présent, tandis que le Goblin Slayer apparaît comme un guerrier vengeresse presque mystique.

Autre fait intéressant : le récit semble déjà nous questionner sur les actions du guerrier. Son massacre est-il justifié, quand même bien les gobelins seraient dangereux pour l'humanité ? Ses actions donnent parfois l'impression qu'il va trop loin, aussi on se questionne rapidement sur cette légitimité. La série gagnera donc en intérêt à jouer avec cet équilibre sur le long terme.

Une approche aussi crue que passionnante, donc, développée en parallèle à la présentation de l'univers du récit. Ce premier volume dépeint ainsi un monde de fantasy particulièrement classique : une caste d'aventuriers très hiérarchisée, les hauts-fait donnant les plus grands grades, tandis que le monde se divise en plusieurs classes à l'instar des jeux de rôles. C'est peut-être le plus décevant dans ce que propose ce tome, l'univers ne transpirant pas l'originalité, de même pour les ambitions du Goblin Slayer qui sont partiellement évoquées dans la deuxième moitié de lecture. On en attend davantage de l'univers qui peut encore tenir ses promesses, aussi on restera attentif aux tomes suivants. Aussi, le format roman développant toujours plus ce genre d'aspect d'un récit, la lecture du light novel en parallèle peut se montrer très instructive, aussi Kurokawa s'est montré très habile en proposant les deux formats en même temps.

Le petit reproche que l'on peut faire à ce premier tome vient directement du mangaka qui, dans son interprétation du roman original, met souvent l'accent sur les séquences de viol... beaucoup trop même. Là où Kumo Kagyu, dans son écriture, fait comprendre subtilement le tragique sort réservé aux femmes capturées par les gobelins, Kôsuke Kurose en fait des caisses, afin de représenter de jeunes femmes en tenue d'Eve (ce qui n'a rien du tout d'émoustillant, pour le coup). Dommage et un peu gênant, on espère que l'auteur se limitera davantage sur les tomes suivants.

Cette version manga de Goblin Slayer nous permet de découvrir Kôsuke Kurose, mangaka qui a quelques titres à son actif (dont des participations à des anthologies), mais que nous découvrons en France. Sa patte demeure assez efficace, son trait étant plutôt précis la plupart du temps, et les scènes d'actions violentes à souhait. Mais sa patte reste, pour l'heure, inégale, notamment en ce qui concerne la narration pas toujours maîtrisée, quelques séquences de bataille étant ainsi confuses. Mais face à une série qui promet de durer un moment, on suppose que l'auteur a encore bien le temps de progresser.

En définitive, ce premier tome de Goblin Slayer met l'eau à la bouche. Son approche des univers de fantasy, plus crédible et donc violente, balaye quelques clichés du genre tandis que l'univers, assez classique pour l'instant, ne demande qu'à être exploré, au même titre que les personnages. A voir ce que la série donnera sur le long terme, mais elle a quelques ingrédients pour briller parmi les productions du genre, actuellement.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News