Fluff for the Flightless - Actualité manga

Fluff for the Flightless

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 07 August 2020

Découverte chez Taifu Comics en août 2018 avec sa toute première oeuvre professionnelle, le tout doux Ne me quitte pas, la mangaka hagi est revenue le mois dernier chez l'éditeur avec son boy's love suivant, Kamisama to Tobenai Tsukai, renommé dans notre pays Fluff fot the Flightless. Prépublié au Japon en 2018-2019 dans le magazine Canna des éditions Printemps Shuppan (le magazine de Hidamari ga kikoeru, Je pense à toi...), ce récit totalise 6 chapitres (plus un petit bonus pour l'édition en volume relié), pour un joli total d'environ 260 pages.

Nous voici plongés ici dans un petit univers fantastique, et plus précisément au coeur de la montagne céleste, régie par des divinités. Divisée en 32 parties, son sommet (la partie 1) est dominée par Sa Seigneurie, qui régit les autres dieux, tandis que plus la numérotation s'agrandit et plus les numéros désignent les parties les plus basses et éloignées de la montagne, la partie 32 étant ainsi la moins "huppée" et la plus éloignée, et n'ayant d'ailleurs au début du récit aucun dieu attitré. C'est dans ce cadre divin qu'il existe des serviteurs, chaque dieu devant en avoir un. Formés par Sanzashi qui est à la fois leur superviseur et le messager de Sa Seigneurie, chacun de ces serviteurs peut être particulièrement fier de ses superbes ailes blanches qui lui permettent de voler pour mieux accomplir sa fonction... Chacun, sauf Shin, cas à part, dont les ailes ne se sont jamais développées, au point de rester minuscules et noire et de ne pas pouvoir lui servir à voler. Depuis sa plus tendre enfance, la jeune garçon est alors la risée de tous, victime de moqueries, et mis à l'écart. Mais après des années de formation, on lui confie enfin un dieu à servir ! Seulement, la divinité en question est pour le moins spéciale: mystérieusement apparue sur le mont 32, elle a l'apparence d'une immense boule de poils blanche, tout juste ornée de deux grands yeux et de tout petits membres. Derrière cette apparence loin d'être divine, Shin découvre pourtant un être à la profonde gentillesse, qu'il a même l'étrange sentiment d'avoir déjà connu... Mais l'arrivée de cet être colle également au début de dangers plus grands au sein de la montagne: celle de la "corruption", une sorte de substance noire mettant en grand péril la santé des dieux, et qui se répand de plus en plus...

Hagi nous immisce dans un monde qu'elle maîtrise parfaitement, dans la mesure où sa part fantastique/divine/folklorique est omniprésente, où son fonctionnement est très clair, et où son développement est largement suffisant pour porter d'un bout à l'autre le récit. Ce récit, il s'agit donc avant tout de celui voué à lier deux êtres ayant d'emblée un point commun: leur côté résolument à part, ce qui permet à l'autrice de jouer sur des sujets délicats autour de la différence et de son acceptation. Ainsi, avec son apparence de boule de poils, sa part de mystère et ses capacités surprenantes concernant la "corruption", le nouveau dieu du mont 32 peut susciter l'inquiétude de certains qui, au contraire de Shin, ne tâcheraient pas d'apprendre à le connaître et de voir sa gentillesse. Quant à Shin, le non-développement de ses ailes lui vaut depuis toujours d'être exclu... alors finira-t-il par trouver un jour sa place ?

La réponse à cette question sera évidemment présente, tout comme il y aura bien des conclusions concernant les autres enjeux, à savoir le danger de la "corruption" et, peut-être plus encore, ce que sont réellement Shin et sa divinité l'un pour l'autre. Sur ce dernier point, hagi ne cherche pas forcément à entretenir un gros mystère, puisque des bribes de souvenirs/flashbacks viennent vite faire comprendre l'essentiel et que Shin lui-même comprend assez vite ce qu'il en est. En réalité, l'autrice préfère exploiter cette évolution pour mieux peaufiner certains doutes, tourments et relations de ses héros (y compris les secondaires comme Sanzashi, Yatsude et la déesse de l'eau), pour un résultat qui, en plus d'apparaître bien complet, ne se fait jamais pesant et conserve un ton assez lumineux et positif.

Qui plus est, le style de la mangaka colle bien à cette tonalité. Les designs sont fins, variés, et expressifs, les planches sont claires, les décors sont suffisamment présents... Et il y a bien sur l'apparence du dieu du mont 32, dont on ressent bien le côté duveteux et qui continue à apporter un aspect assez chaleureux.

En définitive, comme le laisse bien deviner son titre, Fluff for the Flightless est un récit fantastique tout doux et assez lumineux, mais pas que: il s'agit aussi d'une histoire fort jolie et plaisante à parcourir, ne serait-ce que pour son petit univers efficace, ses personnages facilement attachants et ses quelques thèmes autour de la différence et de l'exclusion. Signalons aussi qu'il s'agit d'un manga 100% soft, pour celles et ceux qui n'apprécieraient pas les moments plus chauds dans les boy's love.

Côté édition, on a droit à un livre facile à prendre en main avec son papier souple, suffisamment épais et dépourvu de transparence. L'impression est très honnête, tout comme les choix de police. Enfin, on appréciera la première page en couleurs, ainsi que la traduction fluide de Karen Guirado.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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