Fleurs du mal (les) Vol.10 - Actualité manga

Fleurs du mal (les) Vol.10

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 07 June 2018

Critique 2


En Aya, Takao a trouvé quelqu'un en qui il tient et peut-être apte à lui apporter un bonheur peut-être banal, mais bien réel. Alors quand cette dernière s'est réconciliée avec Koji, il a bien pris conscience des sentiments qu'il renferme en lui et, comme libéré de sa torpeur, a fait irruption dans le café où la jeune fille travaille pour lui déclarer son amour sans faillir, devant des clients hagards. Se déclarer ainsi, surtout au Japon où se faire remarquer en public n'est pas vraiment conforme aux règles tacites de la société, a mine de rien signifié beaucoup de choses concernant Takao... et contre toute attente, Aya a répondu favorablement à ses sentiments, en laissant en plan à la fois son petit boulot et son ex petit ami.


Takao sort donc désormais avec celle qui l'a en quelque sorte "sauvé" à son tour de sa torpeur mélancolique, un nouvel avenir pourrait s'ouvrir à lui... mais avant ça, pour pouvoir regarder pleinement en avant, il sait plus que jamais qu'il se doit de se confronter une dernière fois à son passé. Aussi, quand ses parents lui apprennent que son grand-père est hospitalisé dans une situation grave, il choisit de faire le voyage avec eux jusqu'à l'hôpital. Jusqu'à Gunma. La ville où son grand-père a passé toute sa vie. La ville dont il a tant souhaité s'extirper. La ville où il a vécu tant de choses, avec Sawa.


"Si tu regrettes vraiment... tu vas avoir toute la vie pour nous le montrer !"


La première moitié du volume signe donc le retour du jeune garçon dans sa ville natale, pour la première grande étape de la confrontation à son passé, où il a sans doute des choses à se faire pardonner. Une chose que Shuzo Oshimi rend à merveille sur le plan visuel: au sein d'une ville qu'il a tant voulu fuir et qui paraît toujours aussi calme/terne dans les vues que l'auteur en offre (sans oublier les petits éléments métaphoriques, peu nombreux, mais toujours là quand il faut), les regards souvent méprisants que son entourage lui jette ne trompent pas. Et l'ambiance de l'hôpital et de ce qui s'en suit, parfaitement rendue par les cadres paisibles tout juste ponctués de morceaux de bavardages, accentue impeccablement les choses. Les visuels restent vraiment primordiaux chez un artiste qui continue de peaufiner sa patte, tandis que les mots, les dialogues, se contentent toujours d'aller droit au but, sans superflu, avec d'autant plus de force dans le propos. Takao s'excuse, Takao semble bel et bien avoir des regrets... Mais Takao revoit aussi surgir devant lui une figure de ses années de collège qui, contrairement à ses camarades, n'a jamais quitté cette ville, y est restée en étouffant et en ayant l'impression d'avoir tout raté, y compris à retenir sa plus proche amie. En quelques pages, Oshimi offre à Ai un rôle lourd de sens, et la jeune fille ne s'arrête pas à ça puisqu'elle sera celle qui déclenchera la possibilité, pour Takao, de peut-être partir se confronter à l'ultime fantôme de son passé.


Sawa. Qu'est-elle devenue ? Est-elle seulement encore vivante ? Si oui, notre héros aurait-il réellement envie de la revoir, à l'heure où il arrive enfin à l'"oublier" auprès d'Aya ? Les réponses qui se dessinent dans la deuxième moitié du volume sont alors fascinantes, à la fois pour l'abord des personnages (la réaction puissante d'Aya, le désir de Takao de ne plus fuir...), et pour l'installation d'une atmosphère impeccable pendant toutes les dernières dizaines de pages, entre les vues de la petite ville de Tokawa, la signification symbolique du nom de cette ville (qui peut signifier littéralement "l'autre côté..."), et les dernières pages jouant à merveille sur les regards et les gestes.


Peaufinant encore ses visuels, offrant des réparties riches de sens et sans superflu, Oshimi continue de gérer parfaitement le parcours de Takao. A un tome de la fin, la série a tout pour nous offrir une conclusion grandiose.


Critique 1


Acceptant le bonheur qui se présente à lui et étant maintenant en couple avec Aya, Takao doit maintenant se confronter à son passé et aux erreurs qu'il a pu commettre. Une occasion se présente lorsque son grand-père, vivant toujours dans sa ville natale, se trouve hospitalisé, ses jours semblant comptés. Rapidement, la violence de son passé lui fait face, mais le jeune homme y trouvera aussi une petite lueur d'espoir pour accepter les événements qui se sont déroulés bien auparavant...


En atteignant la barre symbolique des dix tomes, Les Fleurs du Mal de Shûzo Oshimi approche aussi de ce dénouement puisque c'est l'avant-dernier opus qui nous est proposé. Une fin que l'on sentait approcher tant la série menait le héros au terme de son développement en s'acceptant tel qu'il est, et acceptant le bonheur qui se présente à lui en la personne d'Aya. Mais parce qu'il ne peut se détacher de son passé, le confronter semble être l'ultime étape logique de la série, ce que propose l'intrigue dès le début de ce dixième tome.


Shûzo Oshimi nous a toujours montré une mise en scène qui fait sens, une manière de montrer les événements réfléchie en toute circonstance, et ce dixième volet ne fait pas exception. Le retour de Takao dans sa ville natale est synonyme d'une ambiance glaciale : les mots sont assez succincts, le héros sent qu'il n'est pas le bienvenu, et on ressent clairement le malaise de la rencontre entre notre héros et les événements passés. Une impression assez paradoxale tant on a cherché à comprendre les agissements du protagoniste aux côtés de Sawa, les deux adolescents subissant le malaise de ce que la société leur impose, bien qu'il soit difficile d'excuser leurs actions pour autant. Cette fois, et au même titre que Takao, nous avons conscience que le héros doit assumer ses erreurs, et éventuellement les réparer, seule manière pour lui d'évoluer dans le sens positif du terme.


Un récit lourd de sens et qui se savoure d'une traite tant chaque passage de ce tome dix apporte quelque chose au récit, mais aussi aux personnages. La rencontre entre notre héros et une vieille connaissance permet de faire le bilan des événements qui se sont déroulés des mois auparavant, tout en permettant à l'intrigue d'évoluer sans facilité. Le schéma que suit Shûzo Oshimi est particulièrement bien défini, chaque étape du parcours de Takao ayant une ambition et accomplir et guidant astucieusement vers une autre étape de la « rédemption » du jeune homme.


Et Aya, dans tout ça ? La demoiselle, petite-amie du protagoniste depuis le tome précédent, n'est certainement pas laissée sur la touche. Montrant le binôme comme un couple, le mangaka admet qu'Aya doit évoluer comme son cher et tendre. En résulte une séquence toujours brillante d'une tension due à sa mise en scène, instaurant une certaine crainte de voir le petit paradis qu'a su se créer Takao s'effondrer. En résulte une fin de tome qui fait monter chez le lecteur une certaine appréhension, mais aussi une hâte de tourner les pages... Et l'effet est réussi : le tout se dévore avec inquiétude, l'inquiétude des événements qui pourraient survenir, et l'impatience de découvrir comment se déroulera la rencontre finale. Celle-ci, charnière dans l'aboutissement du récit, nous dévoilera le message final livré par Shûzo Oshimi dans son œuvre. On ne doute pas un seul instant que l'auteur nous proposera un onzième opus satisfaisant, captivant par son intrigue et dense par ses personnages. On redoute la fin comme on l'attend, et on se prépare déjà à devoir dire au revoir à Takao, et tourner la dernière page d'une intrigue qui se sera révélée captivante par ses thématiques et intelligente dans son traitement, du début à la fin.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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