Enfant et le maudit (l') Vol.6

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 17 May 2019

Traqués par les soldats, le Professeur et Sheeva ont laissé derrière eux la tante de la petite fille, qui s'est transformée en arbre, ainsi que la maison où ils vivaient tous les deux. Le tout, afin de rejoindre un village déserté, où on ne devrait pas les retrouver tout de suite. Trouvant dans une vieille bâtisse qui appartenait à des amis de la tante de la fillette, tous deux entament leur nouveau quotidien... mais la dureté du monde n'est jamais très loin. Entre prises de conscience et nouvelles révélations, quelles nouvelles épreuves attendent l'attachant duo ?

Le sixième volume de L'Enfant et le Maudit est visuellement aussi ravissant que ses prédécesseurs. Soignant toujours ses compositions, ses contrastes de noir/blanc, ses jeux d'ombre et plein de petits détails d'ambiance (ne serait-ce qu'une goutte d'eau tombant en s'infiltrant entre les failles du plafond), Nagabe nous invite en permanence à scruter en détails ses planches, pour attirer notre attention sur la moindre chose, sur une ombre menaçante, sur un bruit... ou, plus encore, sur certains regards perdus de Sheeva. La fillette a beau essayer de toujours se montrer enthousiaste, le Professeur en prend conscience en la regardant: cette petite ne peut qu'être affectée par tout ce qu'elle traverse. Il aimerait alors, peut-être plus que jamais, la prendre dans ses bras pour la consoler... mais le peut-il vraiment, lui qui n'ose pas la toucher à cause de la malédiction ? Sur ce point, la force de certains événements pousse la situation entre les deux personnages à avancer d'un grand pas, surtout à partir de la page 135. On espérait cela depuis longtemps, ça a enfin lieu, et Nagabe dépeint ce simple geste avec sobriété et application, amis en faisant bien ressentir à quel point de moment est important et témoigne encore de l'affection que se portent Sheeva et le Professeur, qui désirent tant se protéger l'un l'autre.

En dehors de ça, des événements, il y en a bien d'autres dans ce volume. Tandis que les soldats poursuivent leur traque jusqu'à tomber sur certains indices concernant le Professeur, ce dernier reçoit une visite inattendue et porteuse de nouvelles révélations. Ce sont alors de nouvelles bribes d'informations qui filtrent sur le "Maudit": son impossibilité de se rappeler comment il est devenu ainsi, sa certitude qu'il vient de l'intérieur, sa famille, ses origines... Nagabe lance des pistes très intéressantes, mais ne se limite pas à son héros, en évoquant aussi certains éléments sur l'histoire des habitants de l'extérieur, le pouvoir des enfants noirs, le secret de leur naissance et des missions que leur confie Maman...

L'artiste alterne ainsi entre nouveaux enrichissements de son univers, lentes avancées du récit, sublime mise en valeur de la relation entre Sheeva et le Professeur, et simples moments de vie comme une joyeuse bataille de boules de neige. L'un de ces moments de joie salvateurs qu'on rêverait tant de pouvoir partager encore plus longtemps avec cet attachant duo, mais hélas la cruauté de cet univers n'est jamais très loin...
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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