Don't fake your smile Vol.3 - Actualité manga

Don't fake your smile Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 14 September 2020

Quand Niji a rencontré Gaku au collège, l'adolescent traînait une sale réputation derrière lui malgré ses talents en judo: on disait de lui qu'il était très bagarreur, qu'il avait déjà envoyé d'autres garçons à l'hôpital, qu'il s'était fait arrêter plusieurs fois par la police...soit autant de rumeurs et de préjugés que la jeune fille a su surpasser pour découvrir un tout autre garçon. Et pourtant, c'est ce même Gaku qui, ivre d'amour pour elle et après avoir fui avec elle dans une ruelle pour échapper à des voyous, est en train de l'embrasser sans son consentement... La scène est assez intense, et Kotomi Aoki l'étire suffisamment dans un but: montrer à travers les pensées de Niji tout ce qu'elle peu bien ressentir en cet instant, et c'est particulièrement ambivalent. Car l'adolescente est forcément bouleversée par cet acte, et ne sait pas forcément où elle en est: son coeur palpite sans qu'elle comprenne exactement pourquoi... mais en contrepartie, nombre de choses la traversent. Car Gaku a beau lui dire en douceur et sincèrement qu'il l'aime, il l'embrasse sans lui demander son avis. Il a beau ménager sa force pour ne pas lui faire mal, il la maintient malgré tout sans son consentement et ne remarque pas qu'elle essaie de lui résister. Et il a beau être un ami précieux pour elle, elle ne eut pardonner si facilement une telle chose, surtout après l'agression qu'elle a subie auparavant...

"Tu crois que m'aimer te donne le droit de m'embrasser ?"

Kotomi Aoki, au fil de ce tome, parvient alors ensuite à décortiquer avec une certaine puissance la complexité de la situation pour ces deux adolescents auparavant si proches en tant qu'amis, mais que ce nouveau geste de trop risque d'éloigner. Droit, Gaku sait parfaitement que, sous le feu de ses sentiments, il vent de commettre ne grave connerie, au point d'aller quémander ne bonne gifle à Hiyori. Et il a beau vouloir s'excuser immédiatement auprès de Niji, il y a des choses qui ne peuvent être pardonnées si facilement. Ainsi, après certaines paroles maladroites et irresponsables (alors qu'il voulait être positif) dans les tomes précédents concernant l'agression de celle qu'il aime, c'est cette fois-ci dans les actes que le lycéen a merdé. Il n'est pas méchant, il aime Niji sincèrement, mais il est la preuve que certains garçons/hommes doivent encore bien changer leur vision des choses vis-à-vis de la gente féminine. En cela, le récit est toujours aussi intéressant à lire autant pour des lectrices que pour des lecteurs, si cela peut permettre quelques prises de conscience à ces derniers.

En tout cas, après ça, on suit avec un certain intérêt deux choses.
Premièrement, la façon dont Niji, forcément un peu déboussolée, finit par lâcher un peu plus ce qu'elle a réellement sur le coeur, derrière le sourire de façade et la force qu'elle voulait montrer depuis son agression. Elle finit par déballer son mal-être, son stress la nuit, sa peur du contact masculin, de se promener dans la rue ou de simplement se déshabiller en voyant le reste des marques de son agression. On comprend bien qu'elle prend sur elle, qu'elle supporte mal les messes-basses des autres qui se demandent si elle a été violée, qu'elle a le sentiment qu'on la fait passer pour fautive... puis qu'elle est tiraillée entre ce qu'elle semble ressentir pour Gaku et ce qu'il lui a fait, une chose qu'elle peine à pardonner totalement car cela signifierait aussi pardonner l'autre agression qu'elle a subie.
Et deuxièmement, forcément, la question de la réconciliation u non entre la jeune fille et Gaku... et de côté-là, l'autrice marche un peu sur des oeufs, évoque assez bien le désir sincère de Gaku de se faire pardonner, mais plus encore le chamboulement intérieur qu'il peut y avoir en Niji. Les avancées là-dessus semblent un peu rapides et simplistes, surtout dans le train, mais Aoki sait très bien conserver l'intérêt, et surtout elle rappelle bien que ce qu'a fait Gaku, à savoir embrasser sans consentement, c'est un délit puni par la loi !

Reste que si la série reste vraiment efficace pour tout ce qui a été dit précédemment, on est ici un peu circonspect face au principal "fil rouge" de l'intrigue, à savoir le cas de l'agresseur M. Kiryû. Alors que Hiyori a dit à Niji de se méfier de l'enseignant, voici que la jeune fille se laisse embarquer facilement dans la voiture de ce dernier, et que Hiyori lui-même a un comportement pas du tout méfiant à la fin du volume, le tout amenant sur un climax de dernière page assez étrange... On verra bien dans le prochain tome où a mangaka veut en venir avec ça.

En somme, on se demande parfois ce qui peut passer par la tête de nos héros au vu de certains comportements, mais en dehors de ça Don't Fake your Smile continue d'avoir un sacré souffle dans les émotions de ces adolescents, et de développer un propos assez fort autour des conséquences de l'agression de Niji, du baiser volé de Gaku et de certaines autres petites choses qui en disent long sur la condition féminine en société.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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