Dodoma Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 09 December 2016

Critique 2


Dans l'espoir de libérer son frère Shino prisonnier d'Orbis, Mana entrevoit enfin une solution émise par Olivia : il pourrait exister un moyen de le délivrer en se rendant jusqu'à l'énigmatique tour se dressant à la verticale au milieu de l'océan et reliant la terre au ciel. Mais le chemin pour y parvenir ne se fera pas sans pertes, et les vérités attendant nos héros au bout du voyage ne seront peut-être pas celles qu'ils espéraient tous...

Après deux premiers volumes séduisants qui donnaient l'impression de démarrer à peine la série, c'était avec un mélange d'intérêt et de crainte que l'on attendait le troisième volume de Dodoma, qui est déjà le dernier. Forcément, avec ce qui s'annonçait comme le début du voyage à la fin du tome 2, on s'attendait à une quête plus étirée et à une découverte sur la longueur de ce fascinant univers et de ses composantes (les Dodomas en tête). On attendait forcément quelque chose de riche, et de ce côté-là l'oeuvre s'achève avec une pointe de frustration. Car on le sent bien, que ce soit en observant les nombreux croquis de ses travaux préparatoires entre les chapitres, ou en lisant à la fin son bref message de remerciements et son "pardon" visiblement un peu amer : la série se voulait sûrement plus ambitieuse et a dû être quelque peu rushée. Un rush que l'on constate tout au long du tome, avec des événements régulièrement un peu précipités, une succession de révélations qui arrivent plutôt à la va-vite...

Et pourtant, la conclusion de Dodoma ne déçoit pas, car l'amour de l'artiste pour l'univers qu'il a créé se ressent bel et bien.
Tout d'abord dans son désir d'apporter toutes les révélations essentielles pour que son manga se tienne, ainsi aurons-nous bel et bien ce qu'il faut savoir concernant le monde dans lequel vivent les personnages et l'origine des Dodomas.
Mais ce sont surtout les personnages qui bénéficient réellement d'une grande application malgré le côté un peu rushé. De Mana à Shino en passant par Olivia ou Cucii, chacune des principales figures a son rôle, sa place, et parvient à sa manière à toucher tant chacun d'eux s'applique dans la tâche parfois cruelle qui lui incombe. Cucii pourra-t-il épauler efficacement Mana jusqu'à sa destination ? Les deux frères pourront-ils avouer la vérité à Olivia concernant la mort de son frangin ? Quelle sera la réaction d'Olivia en apprenant cela ? Cherchera-t-elle à se venger ? A-t-elle tout dit à Mana et Shino en les emmenant jusqu'à la tour ? Mana pourra-t-il vraiment sauver son frère ?
On découvre peu à peu des personnages qui paraissent humains, car ils ont tous leurs propres blessures et leurs raisons de devoir agir comme ils le font. Ce qui, on finit par le deviner, ne peut qu'aboutir à une issue tragique... Et à ce titre, on peut dire que la conclusion est magnifique et émouvante dans son aspect dramatique plutôt inattendu et dans le lien unissant les deux personnages principaux.

Globalement, c'est donc bien fait, et porté par un style visuel qui évolue lui aussi. Les deux premiers tomes bluffaient souvent de par le gigantisme des géants et les designs originaux à tendance antique. Ici cet aspect est toujours présent, mais tend à s'effacer à partir du moment où les personnages arrivent à la tour, d'un blanc immaculé. Pour sa dernière ligne droite, l'oeuvre se pare alors d'un style un peu plus épuré, où les fonds blancs se font plus présents, ce qui permet non seulement de mieux faire ressortir les personnages et leur petitesse dans un monde où ils sont ballottés, mais aussi d'instaurer une atmosphère plus paisible nous accompagnant avec une certaine douceur, mélancolie et contemplation jusqu'à la conclusion.

Dodoma s'achève donc sur un sentiment un peu contradictoire. D'un côté, la conclusion dramatique assez inattendue est magnifique dans ce qu'elle dégage, et on y ressent tout le désir de Jun Shiraishi de conclure comme il se doit son oeuvre. Mais d'un autre côté, on ressent constamment que tout a dû être un peu précipité et que le mangaka n'a visiblement pas eu l'occasion d'exploiter toutes les possibilités de son univers. Il n'en reste pas moins une courte série certes un brin frustrante, mais qui se tient très bien et constitue un vrai beau divertissement, capable de très facilement emporter son lecteur.


Critique 1


Alors qu'ils sont en route vers la grande tour au milieu de l'océan pour libérer Shino d'Orbis, Mana et ses compagnons sont attaqués par trois Dodoma qui semblent bien décidés à les éliminer!
Un grand combat s'engage alors pour la survie et dans l'espoir d'atteindre le salut et la vérité!

Quel plaisir de retrouver enfin le troisième opus de cette belle série, mais quelle tristesse de déjà lui dire au revoir! En effet, nous tenons là le dernier tome de la série...un titre que se sera montré aussi marquant que bref! Et si une si belle histoire ne devait pas trop s'étendre au risque de perdre justement son cachet, son intérêt, on aurait tout de même aimé en profiter un peu plus...mais la question ne se pose plus; Dodoma se termine ici et nous sommes donc contraints de l'accepter!

Ce volume commence dans la rage et la furie avec un affrontement opposant pas moins de cinq Dodoma! Cinq géants qui luttent au milieu d'une ville déjà ravagée, détruisant les bâtisses dans leurs mouvements amples et violents. C'est assez amusant, on a l'impression d'assister à un combat de Golgoths ou de Kaijus ravageant la ville devant les yeux apeurés des humains ridicules! Et paradoxalement cela n'a rien de réellement amusant: des vies vont être perdues, des personnages vont se sacrifier pour leurs camarades...l'aspect simplement "fun" de ce combat de géant laisse rapidement la place au désarroi et aux larmes.
Malgré ce combat opposant des géants, ce seront ici les humains qui tiendront donc un rôle important puisqu'ils mettent en place une stratégie de combat pertinente! Et dans cette lutte, la guerre et l'injustice reprennent leurs droits et le drame va commencer à s'installer...pour ne plus nous quitter jusqu'à la fin!

Suite à ce combat, on redescend justement vers une dimension plus humaine, les Dodoma sont laissés de coté pour une succession de révélations... Enfin quand on parle de dimension humaine, on en vient à se poser la question de qui parmi tous les personnages est réellement humain! On découvre que le récit au-delà du fantastique, flirte également avec la SF, et qu'il s'agit d'une guerre dépasse le simple cadre de cette planète...un choc! Entre trahisons, bassesses, révélations stupéfiantes et drames, nous assistons à une conclusion absolument bluffante qui va secouer le lecteur, rien de moins!
Lorsqu'on a commencé la lecture de cette série, on s'attendait à trouver un beau récit d'aventures empli de poésie, ce qui fut le cas, mais nous ne attendions certainement pas à trouver autant de tristesse et de mélancolie, autant de sang et de drames!

Le lecteur assiste donc impuissant à une conclusion poignante, au milieu de toutes les révélations, certes quelque peu rapides. On aurait tout de même préféré un développement plus conséquent, notamment pour le dernier acte qui aurait grandement profité de quelques explications supplémentaires, mais c'est aussi une manière de placer le lecteur dans la même situation que Mana: subissant les événements tout en étant dépassé et incrédule, jusqu'à un final aussi touchant que déprimant... Mais l'auteur ne nous laisse pas ainsi, larmoyant, il nous offre un dernier rêve avant de clore définitivement sa série, une dernière vision onirique, un dernier sourire doux amer avant de tourner la dernière page et dire ainsi adieu aux personnages!

L'auteur a réussi le tour de force de rendre des personnages tellement attachants en seulement trois volumes, avec titre qui a su nous faire voyager et rêver!
Preuve en est qu'il n'y a pas nécessairement besoin de nombreux volumes pour nous offrir un conte touchant et poignant!

On pourrait trouver ce final un peu rapide, voire même frustrant, mais s'il est effectivement dur, il n'en reste pas moins fort et touchant!
Une belle série s'achève et elle aura marqué les esprits!


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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