Détective Conan Vol.9

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 22 July 2015

Critique 1

Conan s’habitue à sa nouvelle vie de « petit garçon » et les joies que ça implique, notamment jouer avec l’équipe des Détectives Boys… Mais l’une des parties de cache-cache tourne mal et Ayumi se retrouve enfermée dans le coffre d’une voiture pilotée par deux individus peu bienveillants…

Deux nouvelles enquêtes et une troisième affaire non conclue forment ce neuvième volume. La routine s’est désormais installée dans Détective Conan et si quelques enquêtes enrichissent l’intrigue de certains détails qui les rendent haletantes, la majeure partie reste dans le très classique et c’est alors à Aoyama de prouver que malgré ce rythme de croisière, il est capable de faire preuve d’inventivité.

Ce n’est pas tellement par la première affaire aux allures de course-poursuite qu’il nous le démontre. Le tout s’ancre dans le thème des Détectives Boys avec une ambiance assez enfantine où tous les rebondissements résident surtout dans les gadgets confectionnés par le professeur Agasa… Le tout appuie surtout et avant tout les relations entre les jeunes détectives, mais l’intrigue ne propose que peu d’éléments qui passionneront le lecteur.

En revanche, ce volume se rattrape largement sur sa suite et notamment l’affaire de milieu de tome qui propose un meurtre au sein d’un cercle d’amis de Kogoro qui devient, pour le coup, la véritable vedette de l’investigation. Si dans la formule rien ne change et que le crime pensé par l’auteur est une nouvelle fois ingénieux, ce petit arc s’apprécie surtout et avant tout pour la facette de Kogoro Mouri qui est représentée, celle d’un homme de fierté qui ne laissera pas passer une injustice du côté des siens, de quoi se réconcilier avec le personnage. Notons aussi que c’est une affaire peu accessible qui s’offre au lecteur puisque celle-ci puise dans la culture historique du Japon.

Enfin, le dernier crime du tome trouvera sa révérence dans le prochain tome et nous laisse d’ailleurs sur un cliffhanger comme le mangaka aime si bien en créer. On retrouve ici une formule qu’on apprécie particulièrement, celle utilisée dans le cinquième tome avec l’affaire de l’homme aux bandages : celle d’un meurtre dans un contexte de tempête, dans un lieu duquel les protagonistes ne peuvent s’échapper. L’intrigue fait monter le doute grâce aux personnalités vénales et peu attachantes des personnages secondaires, de quoi soupçonner chaque individu, mais en jouant la légèreté sur l’impression de danger qui ne survient que tard. Sur les premiers chapitres, la tension est très faible puisqu’aucun ne sent la mort planer sur lui, quand bien même un premier cadavre serait apparu. Néanmoins, pour la complexité de l’affaire, on reste curieux de voir quel dénouement Gosho Aoyama pourra nous proposer.

Nous voici donc avec un volume typique de Détective Conan : Des enquêtes ne concernant pas l’intrigue principale des hommes en noir, une mise en avant des Détective Boys à travers une ambiance moins mature, et d’autres affaires faisant primer l’inventivité des meurtres et des résolutions. En somme, c’est un neuvième tome de bonne facture qui s’offre à nous, mais loin d’être du Détective Conan exceptionnel.


Critique 2
Alors que Conan et les Detective Boys jouaient à cache-cache dans le parc, Ayumi a le malheur de se retrouver coincée dans le coffre de voiture de deux tueurs de jeunes filles activement recherchés par la police. Avec l'aide de son nouveau skateboard à énergie solaire inventé par le professeur Agasa et avec l'aide du badge des Detective Boys qui lui sert d'émetteur pour contacter Ayumi, Conan et ses amis partent dans une folle course-poursuite à travers la ville, cherchant à établir l'itinéraire des ravisseurs à partir des maigres indices qu'ils peuvent parvenir à récolter. Le temps presse, car la vie d'Ayumi est en danger et la nuit commence déjà à tomber, les coupables risquant de leur échapper.

Suite à cela, Conan et Ran accompagnent Kogoro Mouri dans une station thermale pour la réunion des anciens membres de son club de judo à l'occasion d'une célébration estivale à Tochigi. Avant de se rendre au feu d'artifice, les amis profitent de la journée pour faire une partie de ping-pong tandis que Yumi, l'ancienne madone du club, préfère se retirer dans sa chambre afin de se reposer, l'esprit préoccupé par ses problèmes. Pris de court par l'heure, ils finissent par se rendre au feu d'artifice en oubliant d'aller la réveiller. A leur retour, ils découvrent dans sa chambre son corps abattu d'une balle dans la tête. Tout porte à croire à un suicide qui se serait déroulé pendant leur partie de ping-pong, mais des éléments contradictoires viennent vite réfuter cette théorie. Seulement, tous les anciens membres du club avaient un alibi à l'heure établie d'après l'examen légal du corps. Comment le meurtrier aurait-il pu falsifier l'heure du décès ? Conan trouvera la réponse à ce saisissant mystère dans une vieille légende japonaise...

Enfin, la réputation de Kogoro Mouri ne cesse de grandir dans la presse grâce à l'aide discrète de Conan et aujourd'hui le détective est convié par un célèbre chef d'entreprise à la réception d'anniversaire de sa fille Reika, qui célèbre ses 24 ans, afin de divertir les autres invités avec ses histoires. De son côté, la jeune héritière a profité de l'occasion pour réunir plusieurs beaux partis, prenant plaisir à les voir se disputer ses faveurs, car son futur mari héritera également de la présidence du groupe. Mais la fin de la réception est gâchée par le sabotage des voitures de plusieurs convives, les forçant à établir un convoiturage pour le retour. Alors que les choses se mettent en place, Reika décide de rester dans sa résidence secondaire en compagnie de ses prétendants et du détective Mouri, qui n'est pas en état de conduire, avec Ran et Conan. Très vite, Reika disparaît mystérieusement de la maison et l'un de ses prétendants est retrouvé mort noyé dans une fontaine. Pris au piège par un individu qui les a isolés du monde extérieur en sabotant les voitures et en coupant la ligne téléphonique, le groupe se met à la recherche de Reika tout en étant conscient que le meurtrier pourrait très bien être l'un d'eux... voire Reika elle-même. Les choses prennent un tournant encore plus déroutant quand Ran, qui n'a aucun lien avec les autres occupants de la maison, manque de se faire tuer à son tour. Que recherche vraiment l'assassin ?

Ce nouveau tome de Détective Conan se révèle plutôt classique dans l'ensemble avec des intrigues guère originales pour les habitués de la série. La première intrigue n'est qu'une simple histoire de course-poursuite, sympathique, mais sans réelle tension dramatique, qui est essentiellement tournée vers l'action et qui sert surtout à préciser les relations au sein du groupe des Detective Boys avec des amourettes d'écoliers sans intérêt (Ayumi aime Conan ce qui attire la jalousie des deux autres qui vont tout faire pour chercher à l'impressionner). La seconde ne brille pas non plus par l'originalité de son histoire qui a surtout pour mérite de mettre en avant le détective Kogoro Mouri pour une fois, illustrant un côté plus sérieux du personnage alors que celui-ci est déterminé à identifier celui qui a brisé l'harmonie de son cercle d'amis pour finalement réaliser avec mélancolie combien les gens et leurs sentiments peuvent changer au fil des ans. Enfin la dernière affaire repose à nouveau sur le principe du roman "Dix Petits Nègres": un groupe de personnages isolés du reste du monde se retrouvent aux prises avec un tueur psychopathe qui pourrait bien se trouver parmi eux. Le tome propose la totalité de l'enquête, le lecteur disposant de toutes les informations nécessaires pour trouver la vérité, mais il faudra cependant attendre le volume suivant pour en découvrir le dénouement tragique. Une lecture sympathique en soi, mais rien de bien original là non plus, l'affaire de l'homme aux bandages du tome 5 ayant déjà abordé ce concept de manière plus convaincante et bien plus glauque.

Cependant, ce manque d'originalité dans l'écriture des intrigues n'empêche pas le tome de proposer une lecture vraiment plaisante au lecteur qui continue de suivre sans problème les aventures du jeune détective, et on retient aussi quelques nouvelles trouvailles excellentes qui vont vite devenir des codes phares de la série. En premier lieu, on retient l'effort de Gosho Aoyama de construire ses intrigues policières sous un angle plus scientifique, ce qui va considérablement enrichir l'intérêt de la série. Au cours de l'affaire de la station thermale, le lecteur est ainsi introduit à certains concepts scientifiques bien connus des professionnels, mais largement ignorés du grand public qui vont permettre ensuite au lecteur de réfléchir les affaires sous un angle plus sérieux et en prêtant davantage d'attention à certains détails visuels. Ici, l'astuce employée par le meurtrier et son mode opératoire reposent intégralement sur ce concept scientifique qui lui a permis de fausser l'heure du décès et de se construire son alibi, le lecteur pouvant dès lors ressentir combien ces connaissances vont devenir importantes par la suite dans la résolution des enquêtes. Enfin, visant certainement à retrouver une certaine saveur de la littérature policière où les auteurs arrivent à écrire des scènes perçues à travers les yeux du coupable sans pour autant avoir à révéler son identité, l'auteur introduit aussi le concept de "l'ombre", un avatar mystérieux permettant de représenter le coupable en pleine action sans rien dévoiler de son identité ou de ses caractères physiques. Cette idée originale lui permet ainsi de mettre en scène une tentative de meurtre où le tueur s'en prend directement à Ran avec toute la tension dramatique et le suspense qui peuvent se dégager de ces moments riches en intensité. Une superbe trouvaille narrative qui va là aussi devenir rapidement l'un des codes principaux de la série.

On se retrouve ainsi avec un tome qui propose étrangement des histoires assez classiques alors que, de l'autre côté, il nous apporte aussi de réelles trouvailles narratives pleines d'originalité qui vont considérablement renouveler l'intérêt du titre par la suite et contribuer à redéfinir la série telle qu'on la connaît aujourd'hui. Le talent de narration et le travail sur la mise en scène de Gosho Aoyama continuent de faire mouche avec des dessins assez soignés et des dialogues toujours très fournis et, au final, on se retrouve devant un bon tome qui, sans figurer parmi les plus mémorables, n'en demeure pas moins agréable à lire.

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
GlassHeart

14 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
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14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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