Détective Conan Vol.27

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 19 June 2018

Critique 2


Conan, Ran et Kogoro passent des vacances à Karuizawa, l'occasion pour « Mouri l'endormi » de profiter de la piscine et des jeunes filles en bikini. Comble du hasard : Eri, la mère de Ran, est aussi présente, passant un week-end en compagnie de collègues avocats. La lycéenne tente une nouvelle fois de rabibocher ses parents, mais une des collègues de sa mère est retrouvée morte. Plus grand soucis encore : Kogoro se trouvait endormi, éméché, dans le lit de la chambre de la victime...


Avec ce 27ème opus, Gosho Aoyama signe un tome classique dans sa formule, qui regroupe trois affaires en plus d'en ouvrir une quatrième. Mais quelque chose démarque cet opus des précédents : les trois premières histoires vont apporter certaines choses aux personnages secondaires de la série.


La première a pour originalité première de s'intéresser de nouveau à la relation entre Kogoro et Eri. C'est donc cet aspect des personnages qui intéresse avant tout, notamment parce que l'auteur parvient toujours à rendre cette sincérité entre les deux intéressés, apportant un éclaircissement sur leurs visions des choses tout en parvenant à faire traîner leur arc narratif en longueur.


On apprécie aussi la prise de risque de cette affaire en chambre close puisque Kogoro, endormi sur les lieux du crime, se trouve être le suspect principal ! L'occasion pour Eri de briller seule, une excellente idée puisque le personnage est particulièrement charismatique et fait partie des plus brillantes têtes pensantes de la série.


Pour la seconde histoire, ce n'est pas un meurtre classique que nous propose l'affaire, mais une enquête autour d'un pyromane, qui va se recouper avec l'histoire de l'inspectrice Satô, dont le père policier est tragiquement décédé en service il y a des années. Creuser le personnage, qui n'apparaît que trop peu dans Détective Conan, apporte beaucoup de fraîcheur, sans compter que c'est ses liens avec Takagi qui se renforcent ici.


L'affaire en elle-même se révèle intéressante, parfois un peu simple dans ses rebondissements, mais qui tient en haleine, notamment parce qu'elle concerne directement des personnages importants de la série. Peu à peu, on sent que quelque chose se noue entre Satô et Takagi, une piste scénaristique qu'on espère voir se concrétiser par la suite.


La dernière histoire complète traite d'un meurtre en salle d'arcade, une idée pour le coup inédite. Mais l'intérêt majeur de l'affaire vient de l'introduction d'un nouveau personnage récurrent : Jodie Saint-Emilion. Professeure de lycée haute en couleur et particulièrement attachante, elle sort rapidement des sentiers battus, Gosho Aoyama donnant rapidement l'impression que nous la reverrons plus tard... Et effectivement. Car au-delà de l'affaire assez intéressante dans sa résolution, la toute fin de cette intrigue a de quoi secouer, puisqu'il est clairement fait écho de l'intrigue principale : le rajeunissement de Shinichi...


Enfin, l'intrigue qui s'ouvre se tourne davantage vers les Detective Boys. Mais parce que l'auteur aime garnir son cocktail de relations diverses et variées entre ses personnages, afin d'éviter à sa série d'être redondante, un semblant de romance inédit est introduit, Mitsuhiko en pinçant pour... Haibara ! Évidemment, rien de trop sérieux étant donné la différence réelle d'âge entre les deux individus, mais une relation qui fait sourire. Le tout contraste d'ailleurs avec le danger qui cible les deux individus, proie d'un assassin. Aussi, on reste très curieux de connaître la résolution de cette affaire.


Critique 1


L'arc Vermouth continue tranquillement de se mettre en place dans ce tome 27 de Détective Conan.



Dans un premier temps, le jeune détective doit élucider une affaire de meurtre en chambre close dans un hôtel où le détective Mouri se trouve être le principal suspect, tranquillement endormi (sous l'effet de l'alcool) dans le lit de la victime et donc seul avec elle au moment des faits. Son pantin préféré étant embarqué par les flics, Conan va devoir trouver un autre moyen de dévoiler la vérité afin d'éviter au détective Mouri de passer le restant de ses jours derrière les barreaux. Malheureusement, l'inspecteur chargé de l'affaire est une vieille connaissance: Yamamura du département de Gunma, un empoté qui a bien failli ruiner une précédente affaire par son incompétence légendaire. Sa seule chance de sortir Mouri du pétrin est alors de guider la femme du célèbre détective, l'avocate Eri Kisaki, sur le chemin de la vérité. Mais Eri est en froid avec son mari dont elle vit séparée depuis des années, et la victime est une de ses connaissances professionnelles. Connue pour n'avoir jamais perdu un seul procès, la reine du barreau mettrait-elle sa carrière parfaite en jeu pour innocenter son ingrat de mari que tout accable dans cette histoire ?

Cette affaire, on s'en doute, est principalement axée sur le personnage d'Eri Kisaki et sur sa relation complexe avec le détective Mouri. Se cherchant autant qu'ils se rejettent, leur relation est pour la première fois mise à l'épreuve au cours de cette affaire. Si on peut regretter le caractère hasardeux de leur rencontre dans cet hôtel, on peut aussi comprendre la volonté de l'auteur à les réunir, pour une fois, par le fait du sort plutôt que par les manigances de Ran. Est-ce le destin qui met aujourd'hui ces deux âmes à cette épreuve ? La perspective d'une réconciliation durable est-elle encore possible à travers la résolution de cette affaire ?

Plus que l'affaire en elle-même, c'est donc l'histoire autour qui retient principalement l'attention, même si l'enquête reste également assez sympathique. Si son déroulement se révèle relativement simple et que certains éléments se devinent assez facilement, la vérité de cette affaire n'est par contre pas si évidente à trouver, réservant quelques surprises.

La deuxième affaire du tome est particulièrement intéressante pour sa part puisqu'elle traite de l'affaire du meurtre du père de l'inspectrice Sato, le commissaire Masayoshi Sato, décédé 18 ans plus tôt en tentant d'interpeller le principal suspect d'une affaire de braquage de banque. Ces événements continuent aujourd'hui de hanter la séduisante inspectrice et ce passé refait brutalement surface quand, en parallèle d'une autre affaire, l'inspecteur Takagi parvient à l'élucider, mais il est malheureusement enlevé avant d'avoir pu lui révéler la vérité. Pour sauver son collègue, Sato n'a d'autre choix que d'affronter les fantômes de son passé en résolvant cette affaire elle-même et en confrontant directement le meurtrier. Pendant ce temps, la police de Tokyo concentre tous ses effectifs sur la traque d'un mystérieux pyromane semant le chaos dans la ville. Ces deux affaires, à priori sans lien, vont étrangement converger vers une même fatalité.

On retrouve là du très grand Gosho Aoyama avec une intrigue riche et complexe brillamment menée par sa narration et où les deux affaires finissent par donner le meilleur d'elles-mêmes à mesure qu'elles se croisent. L'implication personnelle et émotionnelle de l'inspectrice Sato tient évidemment une grande place dans le déroulement de cette intrigue, ayant perdu un être cher autrefois et risquant aujourd'hui d'en perdre un autre. Malgré son statut de victime du destin, la jeune inspectrice a décidé de se battre jusqu'au bout, tout en étant terrifiée au fond d'elle par ce qu'elle pourrait découvrir. Si on avait déjà craqué sur ce personnage par son charisme et par son statut de femme d'action intrépide, elle dévoile ici l'un de ses visages les plus intimes, gagnant encore considérablement en aura et en profondeur. On découvre la part de femme sensible qui se dissimulait derrière ce visage souriant et déterminé d'une femme d'action que rien au monde ne semble pouvoir arrêter. Le temps fort de ce développement reste bien sûr la scène de la confrontation avec le coupable où les deux visages de Sato entrent pour la première fois en harmonie parfaite, arrivant à faire ressortir tout le caractère personnel et intense de ce face à face. Assurément la meilleure intrigue de ce tome et même tout simplement l'une des meilleures du manga !

La troisième affaire est déjà plus banale, traitant d'une affaire de meurtre dans une salle d'arcade où un joueur meurt durant un jeu de combat. Les joueurs ressentant les coups portés, s'agit-il d'un accident dû au jeu ou bien est-ce une mise en scène soigneusement orchestrée par le meurtrier ? Pas spécialement prenante et accusant des longueurs, le principal intérêt de cette intrigue reste l'introduction d'un nouveau personnage récurrent qui va se trouver au coeur des événements de l'arc Vermouth: Jodie Saintemillion, la nouvelle professeur d'anglais de Ran et de Sonoko. Si elle apparaît initialement sympathique et très extravertie, elle dégage néanmoins une aura mystérieuse qui se confirme à mesure qu'on approche de la fin de l'intrigue. Qui est vraiment cette femme ? Conan doit-il se méfier d'elle ?

Le tome s'achève sur le premier chapitre d'une nouvelle affaire où, au cours d'une partie de cueillette de champignons dans les bois, Ai et Mitsuhiko assistent à un meurtre et échappent de justesse au tueur. Tentant de retrouver leurs compagnons, ils découvrent que l'assassin fait partie des trois chasseurs qui les accompagnent dans leurs recherches. Comment les prévenir sans alerter le coupable et sans avoir à se dévoiler ? Si l'idée de base de cette histoire est sympathique, elle n'a pas grand chose à voir avec la dimension enquête du titre et l'intrigue manque de toute façon quelque peu d'intérêt.

Gosho Aoyama tente de compenser cela en abordant plus en profondeur la psychologie du personnage de Mitsuhiko, connu pour être le plus précoce et le plus compétent des jeunes détectives. On découvre ainsi la frustration du jeune garçon à l'égard de son sentiment d'infériorité vis à vis de Conan, réalisant que les jeunes détectives sont entièrement dépendants de ses compétences lors de leurs enquêtes. Si ses deux camarades s'en accommodent bien, Mitsuhiko a plus de mal à l'accepter pour sa part. Les choses ont empiré après qu'il ait réalisé sa propre attirance à l'égard d'Ai, attiré par sa maturité et son côté mystérieux, tout en étant jaloux de la relation particulière qui l'unit à Conan, réalisant que ces deux-là leur cachent des choses (bien qu'Ai casse vite cette vision romantique avec son ironie légendaire). Si cet aspect du personnage de Mitsuhiko et de sa relation avec Ai était effectivement important à aborder tôt ou tard, on peut regretter le manque de liens forts avec le déroulement de l'intrigue à proprement parler, ces scènes semblant un peu sortir de nulle part. On a connu l'auteur autrement plus inspiré et bien plus subtil dans le traitement de ses personnages.

Au final, un tome de Détective Conan d'un niveau honnête avec quelques très bonnes intrigues (les deux premières) et d'autres moins bonnes (les deux suivantes) mais qui présentent toutes l'intérêt de mettre en avant des personnages secondaires de la série avec des développements importants à la clé, tout en installant certains éléments qui prendront de l'importance plus tard dans l'arc Vermouth.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
GlassHeart

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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