Demon Slayer Spin-off

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 07 December 2021

Toute série à succès (ou presque) a aujourd'hui droit à ses dérivés. On ne compte plus le nombre d'exemples entre Fairy Tail, L'Attaque des Titans, Seven Deadly Sins, One Piece ou encore Shaman King. Ainsi, quand le succès de Demon Slayer explose en 2019, il était difficile pour l'éditeur Shûeisha de ne pas céder à la tentation du spin-off. C'est ainsi qu'un premier projet en deux chapitres centré sur le personnage de Giyu Tomioka vit le jour dans le Shônen Jump en avril 2019, suivi de deux autres chapitres cette fois dédiés au charismatique Kyojuro Rengoku en octobre 2020, afin de profiter du succès retentissant du film Demon Slayer : Le train de l'Infini.
Le tout est dessiné par Ryôji Hirano, mangaka connu au Japon pour une poignée de titres mais qui ne fut jamais publié dans nos contrées à ce jour. Ce même Ryôji Hirano dessina à partir de 2019 le manga humoristique en 4 cases Kimetsu no Aima. En décembre 2020, au Japon, toutes ces créations de l'artiste sont compilées en un unique ouvrage que Panini a eu le bon goût de nous proposer sans trop attendre. Voilà qui compose le one-shot Demon Slayer : Spin-off, revisitant l'oeuvre de Koyoharu Gotôge de différentes manières par les mains d'un autre auteur.

Chacune des deux histoires se déroulent à un point précis du scénario, soit en amont soit lors des débuts de l'aventure de Tanjirô. C'est ce deuxième choix que fait l'intrigue autour de Giyu Tomioka, peu après sa rencontre avec le héros de l'histoire. Aux côtés de Shinobu Kochi, le pilier de l'insecte, le taciturne pourfendeur soit mettre au clair une affaire concernant probablement un démon, dans un village de montagne. L'histoire dédiée à Rengoku, elle, est plutôt de l'ordre du préquel puisque son intention est de montrer le combat qui permis à l'ardent combattant de succéder à son père au titre de pilier de la flamme. Il est loin d'être le seul héros de cette seconde histoire puisque, à côté, la jeune Mitsuri Kanroji fait ses débuts hésitants en tant que pourfendeuse, et découvrira le leitmotiv qui motivera son épée et sa détermination.

L'objectif du one-shot est particulièrement intéressant, puisque les intrigues proposées nous mènent plus intimement aux côtés de certains piliers, autrement dit les pourfendeurs les plus fascinants de la série de Koyoharu Gotôge. Loin de prétendre amener de nouvelles clés ou des révélations supplémentaires, Ryôji Hirano se fait plaisir et nous fait plaisir en croquant deux missions distinctes s'appuyant sur deux binômes, Giyu et Shinobu d'une part, puis Rengoku et Kanroji. Le récit principal mettant les piliers à contribution à tour de rôle, profiter de focus supplémentaires n'est clairement pas une expérience qu'on refusera, d'autant plus que chaque alchimie a ici un sens. Plus que donner des informations supplémentaires à l'univers, le mangaka creuse la psychologie de chacun des quatre personnages dans des situations certes classiques mais très bien rythmées, et croquant à belles dents l'univers de base de l'œuvre. On comprend alors que le choix du mangaka ne s'est pas fait à la légère tant Ryôji Hirano a saisit les personnages tout comme les mécaniques esthétiques de l'œuvre de Koyoharu Gotôge qu'il tente de retranscrire à sa sauce. Parfois un peu trop, même, aussi on sent une volonté de se rapprocher au mieux de la mangaka dans son trait, plutôt que de laisser exploser ses propres interprétations visuelles.

En terme d'intrigue, le spin-off Demon Slayer est d'un très bon acabit, à la fois respectueux du matériau de base qu'habile pour développer des situations intéressantes jouant sur la psychologie des quatre piliers (ou piliers en devenir) concernés. On ne cachera pas que l'arc dédié à Rengoku est plus plaisant par sa manière d'en dire davantage sur le parcours du personnage et sur celui de l'attachante Kanroji. Pour ces raisons, on ne pourra que conseiller au lecteur de s'attaquer à ce dérivé après avoir atteint l'arc du village des forgerons, ne serait-ce pour mieux comprendre la futur pilier de l'amour et ne pas être spoilé par quelques sous-entendus concernant l'un des personnages du récit.

Ryôji Hirano, s'il peine à exprimer sa propre identité, livre indéniablement un dérivé plaisant et qui honore sa fonction de gaiden à 100%. A côté, ses gags en quatre cases ne plairont probablement qu'à une partie du lectorat, mais ils font partie intégrante des propositions de l'artiste à l'univers Demon Slayer. C'est mignon et rigolo sans pour autant qu'on soit hilare, et ce « bonus » permet à l'ouvrage de dépasser les 215 pages tout en restant dans la même gamme de prix que les opus classique, une démarche bienvenue de la part de Panini.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction






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