Cigarette and Cherry Vol.1 - Actualité manga

Cigarette and Cherry Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 21 September 2020

Prenez un garçon arrivant tout juste à l'université en ville après avoir été enfermé pendant trois ans dans un lycée réservé aux garçons, en pleine cambrousse: forcément, pour lui, il y a comme un goût de libération... surtout à l'idée de pouvoir enfin fréquenter des filles, voire sortir avec l'une d'elles et enfin perdre son pucelage ! C'est, en tout cas, bel et bien ce que notre héros a en tête, et pour l'occasion il s'est préparé du mieux qu'il pouvait, en se décolorant les cheveux pour (croit-il) paraître plus classe, et en étudiant assidûment son précieux livre de drague, véritable bible pour lui. Mais le jeune garçon risque vite de se rendre compte qu'il y a un gouffre entre son bouquin et la réalité, dès lors qu'il flashe sur une étudiante en train de fumer seule. Véritable beauté aux longs cheveux noirs et à l'allure un peu froide, cette doctorante qui est donc bien plus âgée que lui voit arriver largement ses techniques de drague amatrices, du haut de son expérience... Mais il a beau être benêt, le garçon n'est pas du genre à lâcher l'affaire, et sa compagnie ne déplaît pas forcément à la sublime fumeuse, qui s'amuse volontiers de ses tentatives de drague malhabiles qu'elle repousse via de fines réparties, mais qui semble aussi parfois la toucher dès que ce gentil et immature puceau devient plus sincère dans ses approches. Si séduire est un art délicat, est-ce l'amour qui attendre ces deux-là au bout du chemin ?

Troisième titre de la jeune collection Life de Kana après Just Not Married et First Job, New Life!, Cigarette and Cherry était, au moment de l'annonce de la collection en janvier dernier, initialement prévu à partir de juin, mais suite au confinement qui a décalé pas mal de choses l'oeuvre débarque finalement en ce mois de septembre, ce qui n'est pas forcément un mal puisque cela correspond à la période de rentrée estudiantine et que ça colle parfaitement au propos de la série ! Lancé au Japon en 2017 dans le Manga Cross des éditions Akita Shoten, ce manga est a priori prévu pour s'achever au tome 10 (le tome 9 est prévu dans son pays d'origine en octobre), et il s'agit de la première oeuvre publiée en France de Daishirô Kawakami, mangaka ayant débuté sa carrière en 2014 et ayant auparavant signé deux autres courtes tranches de vie de 3 et 4 tomes.

Cigarette and Cherry suit un schéma au premier abord assez simple, en se composant de chapitres courts d'une dizaine de pages où l'on commence d'abord par découvrir notre héros dépourvu de la moindre expérience et l'étudiante qui lui a tapé dans l'oeil. Très vite, on remarque un parti pris du mangaka qui ne se démentira jamais au fil de la lecture: ses personnages n'ont aucun nom, aucun prénom, comme si Kawakami cherchait à les rendre anodins, vraiment comme tout le monde... car après tout, nul doute que nombre de nouveaux étudiants ont été un peu comme notre héros en arrivant à la fac, en souhaitant changer d'allure, se trouver une copine, en envisageant donc les années universitaires comme un vrai nouveau départ dans une vie plus libre. Une douce immaturité on ne peut plus naturelle à la sortie du lycée, et que notre héros va donc expérimenter de plein fouet en courtisant souvent maladroitement une étudiante plus âgée, plus expérimentée, plus mâture, qui a forcément connu bien plus de choses que lui (sans doute pendant ses années étudiantes, d'ailleurs), et qui a donc, au premier abord, absolument tout de la parfaite beauté inaccessible.

Ce duo naissant donne forcément lieu à un sacré paquet de situations humoristiques, ne serait-ce que grâce au côté benêt, maladroit et inexpérimenté du garçon, et aux réparties souvent délicieuses que la fille lui envoie subtilement ou sans détours pour déjouer ses techniques de drague que l'on voit arriver des kilomètres à l'avance. Sur la longueur ça aurait pu devenir lassant, mais heureusement l'auteur enrichit vite la série avec d'autres choses, notamment à partir du moment où entre en scène l'amie et collègue de notre héroïne dans le café où elle travaille. Cette collègue, elle non plus jamais nommée, entretient d'emblée un sentiment de rivalité mutuel et assez puéril avec notre héros, tous deux étant décidément en admiration devant leur parfaite étudiante adorée. Mais cette collègue est aussi une personne qui, forcément, connaît notre héroïne bien mieux que le garçon, et qui laisse déjà deviner certaines douleurs passées en la doctorante. Car en plus d'être superbe, intelligente et mature, notre héroïne laisse d'ores et déjà deviner en elle une pointe de mal-être, des problèmes amoureux dans son passé, un certain dégoût envers les gens incapables d'être francs avec elle... Avec son immaturité et même parfois sa vision puérile et un peu à la ramasse de la gente féminine, notre héros saura-t-il gagner an maturité pour la comprendre ? Il ne fait aucun doute que cette prise de maturité sera l'un des enjeux de la série sur la longueur... si tant est que la toute dernière page, marquée par un petit climax très gros mais assez efficace, ne vienne pas déjà chambouler un peu plus les choses.

Sur le plan visuel, il y a bien quelques visages plus inégaux par moments, mais dans 90% du temps c'est beau voire très beau. Kawakami ne néglige pas les décors réalistes quand il le faut, mais l'essentiel est vraiment à cherche chez les personnages, entre une héroïne dont on ressent vraiment toute la beauté mature, un héros à l'apparence plus immature et plus expressive qui colle bien à sa personnalité un peu bête, et une collègue tout aussi soignée. Le découpage est clair, et la mise en scène s'applique beaucoup à mettre en avant les deux personnages principaux.

Au bout du compte, on tient là un premier volume franchement agréable, qui heureusement est loin de se limiter à un simple gag-manga où le héros se ferait rejeter à chaque petit chapitre, et qui tisse déjà avec application bien d'autres choses autour notamment du lent gain de maturité du héros et de la découverte de l'étudiante. Cela nous promet une chronique amoureuse estudiantine emballante, que l'on espère voir confirmer ses qualité dans le deuxième volume, paru en même temps que le premier.

L'édition française est dans la ignée de ce que l'éditeur a l'habitude de nous offrir pour sa collection Big Kana, avec un papier fin mais d'honnête qualité, et une impression correcte. On appréciera beaucoup la première page en couleurs, ainsi que la traduction vraiment efficace de Rodolphe Gicquel, ce dernier n'ayant aucun mal à coller à les personnalité des personnages et à faire ressortir certaines réparties. La jaquette, elle, se veut assez proche de l'originale japonaise, avec toutefois un recentrage de l'illustration de l'héroïne et un logo-titre moins envahissant, ce qui est clairement mieux.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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