Chiisakobé Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 18 November 2016

L'automne arrive doucement, et les activités de Shigeji et de ses employés restent partagées entre la reconstruction de San-no-Machi et les travaux sur les terrains ravagés par l'incendie d'Ichi-no-Machi. Le jeune charpentier n'a guère le temps de beaucoup se reposer, d'autant qu'il doit faire face à quelques nouveaux problèmes, notamment concernant Kuro.
De son côté, Ritsu doit faire face à ce qu'elle ressent et redoute. Depuis qu'elle a appris l'avenir qui devrait attendre Shigeji et Yûko, il y a de moins en moins de doutes quant à ses sentiments réels qu'elle garde en son for intérieur. Et en plus, elle reste toujours aussi tourmentée par le comportement de Kiku qui ne cesse de l'observer et va jusqu'à pénétrer dans sa chambre en pleine nuit... mais son comportement est-il réellement un signe de puberté, ou cache-t-il autre chose ?

Commençons par souligner, s'il le fallait encore, toute la minutie des planches de Minetarô Mochizuki, qui a étudié chaque objet, chaque geste, chaque angle, afin de faire ressortir et de capter tout en douceur ce qu'il souhaite. Les choses du quotidien comme les repas. L'arrivée de l'automne avec les feuilles volant au vent. Le travail des charpentiers ou de Ritsu à la maison. Et, bien sûr, tous ces petits comportements et tics qui en disent long si l'on y fait attention. A ce titre, certaines scènes sont réellement impeccables : le début où Ritsu se tourmente allongée sur le sol avec ses cheveux cachant longtemps son regard comme pour ne pas dévoiler ses émotions, le passage tout en émotion plus ou moins contenue où Kiku lâche ses quelques mots forts dans la chambre de Ritsu, la conversation à travers la porte coulissante en ombre chinoise où la silhouette de Ritsu laisse deviner ce qu'elle ressent, ou encore le chapitre 41 où Shigeji montre enfin pleinement ses yeux, comme un symbole de sa volonté de ne plus se voiler la face, de dire les choses et d'aller de l'avant.

C'est tout en douceur que l'auteur nous amène alors peu à peu vers sa conclusion, sans rien oublier des pistes évoquées autour des travaux de charpentier de Shigeji, de son désir de reconstruire Daitomé, de ses relations avec Ritsu et Yûko, du lien entre les orphelins et les deux jeunes adultes qui les ont recueillis, du rôle de personnages secondaires comme Kuro... Et bien que la fin pourrait paraître un peu trop ouverte aux yeux de certains lecteurs, elle conclut pourtant, là aussi avec une émotion toute naturelle et sans surenchère, la thématique essentielle de l'oeuvre : au-delà des constructions et reconstructions des chantiers et de Daitomé, nous avons assisté à la reconstruction humaine de nombreux personnages. Qu'il s'agisse des orphelins affirmant (à leur manière !) leur attachement pour leurs deux parents de substitution, ou de Shigeji et Ritsu qui ont peu à peu su faire face à leur difficulté d'exprimer ce qu'ils ressentent. Une phrase symbolisant bien les enjeux de la lecture est à mettre au crédit de Kuro : A partir de quel moment on devient un homme accompli ? Qui le décide ? Les personnages de Chiiesakobé, quand on les quitte, semblent en bonne voie pour trouver leur réponse à ces questions.

Ainsi s'achève Chiisakobé, fresque humaine fine et visuellement captivante et impeccable dans sa minutie.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News