Chiisakobé Vol.3 - Actualité manga

Chiisakobé Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 04 November 2016

Comme Daitomé, avant lui, le chantier de San-no-Machi est parti dans les flammes, confrontant Shigeji à la pire des situations. Pourtant, le jeune charpentier affirme vouloir reprendre le chantier, si le commanditaire l'accepte, et après avoir bouclé ses autres projets. Au risque de s'endetter encore plus. Shigeji pourrait-il seulement, dans ces conditions, réussir à mener à bien l'entreprise comme l'a fait son père, alors qu'il s'entête à refuser le soutien financier de Yokohama ? Ses collègues trouvent tout ça insensé. Ritsu, elle, considère qu'il vaut largement mieux être entêté que lâche... Mais le choix de Shigeji est-il seulement pur entêtement ?

Le nouvel incendie qui a touché cette fois-ci San-no-Machi amène donc d'importants bouleversements, à commencer par un début de tome où les événements poussent Shigeji à enfin avouer pourquoi il a fait certains choix étranges, notamment vis-à-vis de Yokohama et de Masaru. Comme quoi, des paroles simples peuvent parfois débloquer certaines situations...

Les problèmes ne s'arrêtent pourtant pas aux travaux de charpentier de Shigeji et à son optique de reconstruire Daitomé, car une nouvelle fois le quotidien s'avère lui aussi fortement mouvementé, ne serait-ce que via Ritsu qui, étrangement, se montre de plus en plus désagréable envers Shigeji sans que celui-ci ne sache pourquoi. Sans compter la tournure que semble devoir prendre la relation de Shigeji avec Yûko, et les soucis liés aux enfants avec Attchan la pleurnicheuse qui imagine des trucs effrayants et Matakichi qui commet un acte terrible...

Minetarô Mochizuki parvient à faire avancer avec clarté les différents éléments de son récit, et le fait par le biais de son travail visuel toujours aussi soigné, où chaque emplacement objet, chaque décor et chaque angle de vue a son importance. On se régale face à certaines trouvailles mettant en avant l'importance de l'observation visuelle (à tout hasard, la page 20 où le lecteur observe Ritsu qui elle-même observe Shigeji), mais aussi de l'"observation sonore", car il peut parfois être tout aussi parlant de savoir écouter les sons. A ce titre, on peut penser aux réguliers "hé hé" de l'une des fillettes signalant les pensées négatives qui la réjouissent, ou encore à la magnifique scène de discussion entre Shigeji et Ritsu à travers une fenêtre coulissante qui les sépare. On s'amuse face à certains éléments (à tout hasard, le masque que Ritsu enfile pour couper les oignons, ou le passage où Ritsu fait les courses avec les fillettes), et l'on reste toujours aussi subjugué par la puissance évocatrice des tics des parties du corps des personnages, qui transmettent toujours aussi joliment leurs sentiments. On peut notamment penser à certaines des réactions contenues de Ritsu, ne serait-ce que quand elle apprend l'avenir qui devrait attendre Shigeji et Yûko. Et la minutie de Mochizuki est telle que l'on en arrive à reconnaître facilement les personnages simplement via certaines parties de leur corps.

Le troisième et avant-dernier volume de Chiisakobé, riche et pertinent autant scénaristiquement que visuellement, marque également par le rôle de Shigeji, qui semble ici porter pleinement les deux notions répétées par son père : la volonté, celle de reconstruire San-no-Machi et Daitomé, ainsi que l'humanité, qui apparaît pleinement à travers les événements se déroulement vers la fin du tome avec Matakichi. Pourtant, on entrevoit également un home qui reste encore ancré dans le doute, ce qui se ressent autant dans les raisons pour lesquelles il avait disparu plusieurs années, que dans celles pour lesquelles il ne souhaite pour l'instant pas offrir de funérailles à ses parents.

L'oeuvre reste habile, maîtrisée, profonde, et elle devrait captiver tout autant dans son dernier opus.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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