Chainsaw Man Vol.11 - Actualité manga

Chainsaw Man Vol.11

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 12 November 2021

Makima, le démon-domination, a affiché son véritable objectif en assassinant Power et en faisant sortir Denji hors de ses gonds : Profiter du pouvoir de Chainsaw Man pour créer le monde dont elle a toujours rêvé, puis l'éliminer pour montrer sa toute puissance. Denji semble être à bout quand une aide miraculeuse lui survient...

Après un dixième volume magistral et sans merci, comme le lecteur comme pour Denji, Tatsuki Fujimoto achève Chainsaw Man avec ce onzième tome. Ou plutôt, il conclue la première grande partie de son récit.

Une Makima toute puissance, un Denji monstrueux mais dépassé, une situation désespérée... Il est difficile de savoir à quoi s'attendre pour la fin du récit en ouvrant l'ultime volet. Le mangaka ne lissant jamais son œuvre quitte à la rendre pessimiste, l'idée d'une « bad end » n'est pas insensée. Mais pour en arriver là, il faut découvrir les dernières cartes qu'a l'auteur sous le coude, des jokers si caractéristique de l'artiste : A la fois irrévérencieux et pertinents.

La grande bataille contre Makima évolue jusqu'à la quasi finalité du tome, laissant finalement peu de pages pour l'épilogue. Durant tout ce temps, l'auteur amène différents rebondissements, des coups de théâtre qui redonnent de l'espoir en vue d'une potentielle victoire de Denji. Un combat qui, une fois encore, repose aussi sur les prouesses visuelles et narratives de l'auteur. L'affrontement se veut hargneux au possible, et sanglant, sa mise en dessin véhiculant une atmosphère viscérale, preuve que le dernier combat de Denji est aussi le plus éprouvant qu'il ait à subir. Mais Fujimoto va plus loin qu'un simple combat final dans les symboliques évoquées. Chainsaw Man n'est plus un démon vengeur ici, mais un véritable héros donnant de l'espoir au peuple. Ce simple propos en dit long sur l'évolution du protagoniste de l'histoire, sur sa condition mais aussi sur ses motivations impactées par un tel constat. Et en terme de propos, l'auteur évoque de nouveaux des thèmes souvent abordés dans la série mais aussi dans Fire Punch, son œuvre précédente, comme si une boucle devait être bouclée. Il y a des symboliques fortes mais certains traitements, qu'on préfère vous laisser la joie de découvrir tant le pari est parfois audacieux pour un récit du Shônen Jump.

Et au delà de ce trépident combat final teinté de bien des subtilités, c'est sur sa mélancolie forte que repose aussi le final de Chainsaw Man. Au sein même de l'affrontement, les retournements de situation amenés parviennent souvent à rappeler à Denji les liens humains qu'il a tissé. Une « injustice » de l'opus précédent semble réparée via une séquence poignante, douce mais tellement puissante, tandis que l'épilogue lui-même parvient à nuancer le portrait de Makima avec une poésie que seul Tatsuki Fujimoto semble être capable de dépeindre dans une telle histoire. Fascinante, effrayante... et tout simplement humaine. Voilà la fin du portrait de l'ennemie phare de l'histoire celle qui nous aura inquiété, subjugué, et peut-être attendri.

Parce que l'auteur nous propose une fin d'une densité folle, chacun tirera sûrement son propre bilan de ce dernier volet. La surprise (pour celles et ceux qui étaient passés à côté de l'information, si tant est qu'il y en a), c'est l'ouverture vers une future deuxième partie, que Fujimoto n'a pas encore entamée à ce jour. Quelques pistes permettent d'émettre de premières hypothèses, et suscitent surtout la hâte de découvrir ce que le mangaka pourra nous raconter par la suite. Un premier grand arc de Chainsaw Man s'achève, de manière magistrale à bien des égards, et la suite se fera cruellement attendre. Pour patienter, on espère pouvoir découvrir prochainement une version physique de Look Back, le récent et génial one-shot de l'auteur, mais aussi ses deux recueils d'histoires courtes. En assez peu d'années, Tatsuki Fujimoto est imposé comme l'un des mangaka les plu prometteurs de la nouvelle génération, un artiste passionnant à l'inventivité foisonnante, qui ne cherche pas à composer avec les standards du moment. Si bien que l'exposition qui lui sera dédiée au Festival International de la Bande-Dessinée d'Angoulême n'a rien d'une idée saugrenue, les premières étapes de sa carrière méritant d'être présentées au grand public. De cette fin de Chainsaw Man, et étant donné l'activité de l'auteur, on peut émettre bien des idées et des espoirs quant à nos prochaines retrouvailles avec ses univers. En attendant, on relira Fire Punch et la présente œuvre avec autant de plaisir, mais aussi pour en découvrir de nouvelles richesses et nuances.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

19 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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