SANDA Vol.5 : Critiques

SANDA

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 27 Novembre 2025

Chronique 3 :


Le festival de la minorité bat son plein dans la joie et la bonne humeur, mais quasiment personne ne se doute de ce qui est sur le point de se jouer en coulisses: le directeur Hifumi Oshibu a effectivement chargé Fumi Namatane, la leader de la 4e 10 où sont rassemblés les élèves tueurs d'adultes, d'éliminer Santa Claus, et pour attirer sa cible à elle elle prend à parti M. Yagiuda qu'elle n'hésitera aucunement à tuer aussi s'il le faut. Incapable de se résoudre à combattre une enfant, le commandant des Chemises rouges semble sur le point de succomber, avant que la vaste carrure de Santa n'apparaisse. Bien différent de Santa Rouge, Santa Noir protège aussi bien les adultes car il ont été enfants, que les enfants voués à devenir adultes. En somme, il traite enfants et adultes de la même façon... mais ce n'est pas pour autant qu'il peut se résoudre à faire preuve de violence contre des enfants. Alors, a-t-il la moindre chance de s'en sortir face à Namatane et aux autres enfants de la 4e 10 ? Et si oui, comment ? Et comme si ça ne suffisait pas, notre héros devra aussi, inévitablement, en découdre à nouveau avec le directeur lui-même, ce vieil homme qui voue un culte à la jeunesse au point de lui-même vouloir toujours rester jeune...

Qu'on se le dise, c'est donc un tome très orienté action qui nous attend, mais entre les mains d'une autrice comme Paru Itagaki cette action n'est jamais vaine ni gratuite: à travers chacun de ses conflits, la mangaka a toujours de nombreux sujets traités, et c'est à nouveau le cas ici bien sûr. Tout d'abord dans le combat contre la jeune Namatane, combat où il est hors de question pour Santa/Sanda d'être violent car ça irait contre sa nature-même, mais surtout car il a sans doute conscience que ce n'est pas comme ça que, au-delà de l'idée de se sauver lui-même, il pourra sauver cette enfant de ses propres démons. Des démons liés à son passé et à sa mère, comme on le savait déjà, et qui prennent encore une tournure nouvelle tant, derrière son image de tueuse d'adultes sans foi ni loi, on sent surtout une petite fille perdue, meurtrie à force de ne voir personne faire réellement attention à elle.

Plus touchant qu'autre chose, et même teinté d'une forme de candeur enfantine douce-amère, cet affrontement laisse ensuite place à un autre, d'une tout autre acabit puisque Sanda se retrouve à nouveau face au directeur, ainsi que face à l'image qu'il renvoie auprès de la majorité des élèves. Plus qu'un duel assez intense et esthétique où il faut vaincre Oshibu, pour Sanda l'enjeu semble plutôt ailleurs et concerne sa propre raison d'être: que les enfants croient en lui, qu'ils aient confiance en lui, ce qui lui permettrait de mieux les protéger.

Au fil de ces deux affrontements bien différents, les enjeux et sujets restent pourtant toujours les mêmes: tout en poursuivant l'évolution et l'affirmation du protagoniste face à ses tiraillement liés à son statut de Père-Noël, Paru Itagaki ne cesse de questionner les sujets-phares de son oeuvre autour de l'enfance, du passage à l'âge adulte, des complexités liés à l'adolescence et à la puberté, du fait que tout le monde vieillit et change au fil du temps... et certains de ces sujets se voient tout autant abordés dans une atmosphère encore différente dans la toute dernière partie du volume, tragique, soudaine, abrupte, injuste, difficile à digérer, et pourtant bien préparée par l'autrice depuis quelque temps via certains indices qui se sont accentué dans le présent opus. On ne voulait pas croire à ces indices menant à ce triste événement, mais le fait est qu'il est là, qu'Itagaki le gère à merveille en le rendant naturellement poignant sans avoir besoin de s'attarder dessus, et qu'il devrait en toute logique amener encore des choses supplémentaires dans les sujets de l'oeuvre.

C'est donc un volume nous faisant passer un peu par toutes les émotions que la mangaka nous offre. Et si SANDA reste assurément une oeuvre aux partis-pris radicaux et à laquelle tout le monde n'accrochera pas, le fait est que, jusque-là, Itagaki mène son histoire avec brio et aborde ses sujets avec l'habituelle subtilité qu'on lui connaît, via différents niveaux de lecture impressionnants.



Chronique 2 :


En plein festival de la minorité, Fumi Namatame commence à semer le désordre! Son objectif est d'attirer Sanda à elle et pour cela elle est prête à tout! Elle va obtenir ce qu'elle souhaite et un affrontement va s'engager...mais Sanda est bien incapable de faire du mal à des enfants!

Je ne comprends pas ce titre! Je ne sais pas ce que l'auteure veut nous raconter, dans quelle direction elle veut aller, ce qu'elle veut faire de ses personnages...je ne comprends pas ce titre!

Tout d'abord on a un personnage qui passe d'un corps d'ado à un corps d'adulte, mais qui est amoureux d'une enfant, ce qui nous est montré aussi sous sa forme d'adulte! Et à mon sens, quelque soit le couverture artistique qu'on veut mettre dessus, cela reste extrêmement malsain!
L'auteure nous présente une antagoniste qui n'est finalement pas si méchante, après tout elle a souffert dans sa jeunesse! Expliquer ses troubles est une bonne chose, les justifier et vouloir rendre le personnage attachant alors qu'il s'agit d'une tueuse psychopathe...pour moi ça ne fonctionne pas! Cela revient à chercher des excuses aux meurtriers parce qu'ils n'ont pas eu une vie facile! Les comprendre ok, les rendre attachants, certainement pas!

Mais surtout quelle est la direction que l'auteure veut prendre? Tantôt tranches de vie adolescentes avec attardement sur leurs problématiques et leur questionnement...là ça peut marcher; et tantôt Paru Itagaki nous la joue shonen d'action avec des affrontements à coups de super pouvoirs...mais qui n'ont aucun sens! A partir du moment où le protagoniste résiste aux balles et est insensible au feu, qu'on a un personnage principal tout puissant et invincible, quel peuvent bien être les enjeux à nous mettre en scène des affrontements dont l'issue est évidente.

L'auteure tente un peu d'humour avec un détournement des règles de son personnage; celui ci ne peut pas être violent envers un enfant, alors pour se protéger d'une horde d'ado psychopathes qui le chargent à coup d'arme blanche, il leur offre un câlin qui les endors... Petite pirouette, mais étouffer un enfant, parce que c'est bien de ça qu'il s'agit (et accessoirement peut être lui briser quelques cotes), cela reste de la violence!
Ici j'évacue un quelconque coté malsain à évoquer de la violence envers les enfants, cela reste des psychopathes qui auraient mérités de se faire défoncer...mais juste que les règles du personnage apparaissent assez floues.

Reste une conclusion assez touchante dans le dernier chapitre, un versant que Itagaki maîtrise, la mise en scène est ici forte, sans en faire trop. Elle apparaît bien plus nuancée que tous les concepts qu'elle tente de faire passer aux forceps depuis le début!

Je ne sais pas ce que Itagaki veut nous raconter, je ne comprends à quoi servent la moitié des choses qu'elle introduit et dans quelle direction elle souhaite aller, je ne comprends pas les enjeux de ce titre, je ne saurais même pas dire s'il y en a réellement...bref, je ne comprends pas ce titre...et ça n'aide pas à passer un chouette moment de lecture!



Chronique 1 :


La cérémonie de la minorité bat son plein. Mais ce qui devait être un moment de fête devient un champ de bataille effréné quand Sanda, sous son apparence de Père Noël, vole au secours de Yagiuda, aux prises avec Fumi Namatame de la redoutable 4e 10. En tant que sauveur des enfants, Sanda est en proie aux dilemmes durant ce combat… jusqu’à ce que la solution apparaisse à lui !

Toujours brillante par ses degrés de lecture et sa finesse d’écriture, alors que Paru Itagaki marche parfois sur un fil de fer tant le sujet est sensible, la lecture de SANDA atteint encore un cap avec ce cinquième volume décisif. Un opus clairement important par les arcs qu’il conclue, et par son final qui donne l’impression d’une fin de première partie, un peu comme Beastars l’a autrefois fait via le duel opposant Legoshi à Riz.

Les affrontements sont légion dans cette suite, mais ne prenne pas toujours la forme à laquelle on s’attend. Plus que nous proposer des duels démesurés, la mangaka apporte du sens à ces dualités, renforçant par la même occasion des discours sur l’enfance, l’opposition aux adultes, et renforçant sans cesse la très jolie interprétation de la figure du Père Noël. Le combat contre Fumi joue plutôt dans la mélancolie candide, là où le second acte face au perfide directeur Hifumi Oshibu a quelque chose de plus grandiloquent. Et dans tous les cas, l’autrice montre une vraie inspiration visuelle, dans son trait comme dans les compositions de ses planches qui donnent du sens aux sujets abordés et aux émotions soulevées, et de l’impact aux moments clés et aux échanges de coups les plus viscéraux.

Puis, vient un véritable coup de poignard que nous assène l’opus. Difficile de trop en dire pour ne pas éveiller le moindre spoil, on se contentera donc l’habilité de Paru Itagaki de clore un certain arc après avoir minutieusement préparé le terrain. La mangaka profite de l’occasion pour souligner son message sur le passage de l’enfance à l’âge adulte, dans une émotion particulièrement puissante qui résonne jusque dans les dernières pages du tome. C’est aussi brillant que bouleversant, ce qui renforce toute la belle aura que développe le manga tome après tome. SANDA nous prouve plus que jamais ses qualités, et Itagaki la maîtrise de son récit.


Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.5 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

11 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato
18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs