Carnets de l’apothicaire (les) Vol.1 - Actualité manga

Carnets de l’apothicaire (les) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 21 January 2021

Au Japon, les romans et light novel populaires trouvent vite leur adaptation manga (et parfois anime), ce qui est le cas du titres Les carnets de l'apothicaire, nouveauté Ki-oon de cette fin janvier 2021. Un titre déjà attrayant par son sujet, assez équivoque dans le titre français du manga, associé à un contexte a priori très inspiré de la Chine du XIXe siècle.

Initialement, le récit est un light novel écrit par Natsu Hyûga et illustré par Touco Shino, sous le titre d'origine Kusuriya no Hitorigoto. Lancé en 2011, il dénombre à ce jour 9 volumes reliés chez l'éditeur Shufun no Otomo, la dixième opus étant programmé pour la semaine suivant le lancement du manga chez nous, le 29 janvier.

Et s'il est commun qu'un roman de ce type soit porté en manga, le fait qu'il bénéficie de deux adaptations en quasi simultanée, chez deux ayant droits différents, est plus singulier. Les deux versions sont d'ailleurs nées la même année, en 2017. Celle à laquelle nous n'avons pas droit en France est dessinée par Minoji Kurata, un mangaka que nous connaissons pour Assassin's Creed : Blade of Shao Jun. Publié dans le magazine Sunday GX des éditions Shôgakukan, il dénombre à ce jour 9 volumes.
La deuxième itération, celle que nous connaissons désormais, est publiée dans le Big Gangan de Square Enix, 7 opus ayant été publiés à ce jour. Cette fois-ci, un binôme d'auteurs se charge de l'adaptation. En première étape, Itsuki Nanao adapte le scénario d'origine et conçoit le storyboard, tandis l'artiste Nekokurage se charge de toute la mise en dessin. Une mangaka plutôt novice, même si ses débuts remontent à 2011, sachant que sa carrière se compose d'une courte série en deux tomes et à plusieurs participations à des anthologies, notamment dédiées à Valvrave the Liberator et à Gekkan Shôjo Nozaki-kun.

Jeune femme de 17 ans, Mao Mao a grandi en tant qu'apothicaire au sein du quartier des plaisirs. Lorsqu'elle est enlevée par des ravisseurs peu scrupuleux, elle est vendue au palais impériale afin d'y travailler comme modeste servante. Lorsqu'une affaire ayant mis en jeu la vie des potentiels héritiers de l'Empereur ébranle la cour, Mao Mao a vite fait d'en déduire la nature du mal qui a coûté quelques vies. Une intervention qui lui rappelle son travail d'apothicaire... et qui va signer son destin. Bien qu'elle ait agit de manière discète, elle est rapidement démasquée par Jinshi, un intendant de l'Empereur envoyé dans les quartiers de Gyokuyo, l'une des favorites du monarque. Mao Mao se voit ainsi promue comme dame de compagnie, et sa spécialité sera rapidement découverte pour, ensuite, être mise au service de la cour.

Dans l'intrigue de Natsu Hyûga, on se trouve rapidement plongé et envouté. S'inspirant grandement d'une Chine un peu datée pour créer son univers (qui n'est jamais explicitement nommé en terme de nation), l’œuvre envoute par son cadre, celui d'une cour impériale régit par ses codes et sa hiérarchie, présentée pour l'élégant crayon de Nekokurage. L'esthétique de cette version des Carnets de l'Apothicaire est le premier choc dès qu'on ouvre l'ouvrage, tout étant d'une belle finesse qui rend crédible ce décor dans lequel on s'immerge sans mal. D'entrée de jeu, le lien entre le lecteur et le cadre est fait, sans aucun mal.

Cet envoutement nous place en territoire déjà conquis, et donc idéal pour profiter de l'histoire qui démarre sur ce volume. Les présentations avec la cour faites, on comprend et apprécie le parcours de Mao Mao, pourtant douloureux de base, qui devient une épopée presque enchanteresse tant la jeune apothicaire à tout à y découvrir, mais aussi énormément à apporter. Ses compétences, qui ne font aucun doute, sont vite cristallisées au sein du récit, et chacun des quatre chapitres du tome viendra présenter sa petite affaire qui nous contera toujours quelque chose sur l'univers et ses enjeux politiques.

Chaque épisode se savoure comme sa propre histoire, aussi on apprécie le parfait équilibre entre récit indépendant et trame construite qui s'articule sur des mystères de personnages. On se questionne forcément sur l'ascension dont profitera Mao Mao mais aussi sur l’ambiguïté de Jinshi, et sur la volonté du récit de nous montrer les horizons les plus larges possibles de son cadre impérial. Le tout est parfaitement dosé, aussi chaque chapitre étanche notre soif de découverte, qu'il s'agisse de l'univers ou des recettes concoctées par l'héroïne.

Car le récit présente déjà une volonté didactique, à travers les petits exploits de Mao Mai qui devra résoudre quelques cas étranges qui frappe la cour, quand il ne s'agit pas de répondre à une demande des grandes figures du palais concernant ses préparations. Et là dessus, l'histoire d'origine de Natsu Hyûga a l'intelligence d'être particulièrement fluide en détaillant ce préparations certes, mais tout en allant à l'essentiel pour ne pas noyer le lectorat sous une vague d'explications. Sur tous les pans de ce premier tome, c'est la curiosité qui nous transporte, celle-ci créant déjà un fort attachement pour l'ensemble.

Car au delà de cet aspect découverte, on se surprend même à déjà s'attacher aux figures présentées, qu'il s'agisse de l'étonnant Jinshi ou de l'élégante Gyokuyo, avec en tête une Mao Mao aussi mignonne que séduisante par son caractère fort. Un élément qui renforce notre entrée dans l’œuvre et notre volonté de la suivre sur le long terme. Tant de raisons qui, ensemble, créent déjà une vraie addiction pour ce titre, à tel point qu'on espère déjà avoir accès un jour aux light novel, et pourquoi pas à l'autre adaptation manga signée Minoji Kurata, ne serait-ce pour apprécier l'autre optique esthétique proposée par l'artiste.

Concernant l'édition, Ki-oon livre une très agréable copie. La couverture profite de quelques effets dorés discrets tandis que l'ouvrage a droit à une page couleur et au papier épais de qualité qu'on retrouve souvent chez l'éditeur. La traduction est signée Géraldine Oudin qui livre un texte efficace, sans coquille apparente, et à même de nous faire profiter de l'immersion dans le quotidien de Mao Mao.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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