Burn The Witch Vol.1 - Actualité manga

Burn The Witch Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 19 Febuary 2021

A l'échelle des habitants de Londres, peu le savent. Pourtant, 72% des décès survenant sur le capitale anglaise sont dues aux dragons, des créatures fantastiques pouvant prendre toutes sortes d'apparences, et parfois dotées de pouvoirs bien distincts. Les rares personnes capables de voir ces entités demeurent à Verso-Londres, un Londres inversé, que seuls eux sont capables d'atteindre. Là-bas, la société Wing Bind gère les incidents liés aux dragons, afin de les préserver et de préserver l'humanité mais aussi endiguer les menaces sérieuses.
Noel Niihashi et Ninny Spangcole sont deux agentes de la structure. Leurs caractères sont différents, mais toutes deux s'entendent presque à merveille, jonglant entre leurs vies dans le vrai Londres et leur activité de protectrice des dragons. Leur quotidien prend un tournant nouveau quand un incident vient concerner Balgo, un ami de Noël fou de la jeune femme.

Même si beaucoup de lecteurs sont critiques vis à vis de ses derniers arcs, Bleach est sans aucun doute l'un des nekketsu majeurs des années 2000, et l’œuvre phare de Tite Kubo. Après une œuvre fleuve de 74 tomes, achevée en août 2016, le mangaka s'est octroyé un temps de répit avant de revenir avec un nouveau récit deux années plus tard, Burn the Witch. Le projet prend d'abord la forme d'un one-shot prépublié dans le Shônen Jump en juillet 2018, avant de revenir sous forme d'une courte série de quatre chapitres dans le même magazine, lors de l'été 2020. Une œuvre qui ne s'arrêtera pas là puisque le teasing de fin de chapitre 4 est formel : Une saison 2 verra le jour. Le one-shot et les quatre chapitres sont ensuite compilés dans un tome un, que les éditions Glénat publient en ce mois de février 2021.

Et dès le premier chapitre (le one-shot initial), Burn the Witch donne son ton : Deux lycéennes jonglant entre leur vie de tous les jours et leurs aventures dans un monde fantastique, une lutte contre des créatures surnaturelles aux possibilités multiples appelées ici "dragons", un adolescent jeté malgré lui dans cet univers... La patte de l'auteur de Bleach se ressent, bien qu'il propose une variété du côté de ses personnages. Car Noël et Ninny ont des identités bien piquées pour constituer des personnages à part entière, plus que des ersatz d'Ichigo, Rukia et leurs compères de l’œuvre précédente de l'artiste.

Ces bases suffisent alors pour lancer une première partie de récit totalement envoutante. Situer l'action à Londres, donc dans une ville européenne, n'a rien d'anodin et amène une petite atmosphère différente, ce qui se ressent notamment dans le foklore visité. Les dragons ont beau prendre des formes variés, ils sont imprégnés d'une culture occidentale que le mangaka rend visuellement avec finesse. Sur cinq premiers chapitres, les péripéties narrées se servent comme il se doit de cet ensemble tout en jouant sur les interactions des personnages centraux, en créant des aventures rythmées et en caressant déjà un univers qui semble vaste et promis à de multiples possibilités.

Ainsi, après des mésaventures indépendantes (qui vont en réalité lancer des hostilités), Tite Kubo aborde déjà son œuvre plus en détail, en précisant notamment toute la structure du Verso-Londres et sa hiérarchie. Difficile alors de ne pas faire la comparaison avec les charismatiques capitaines de division de la Soul Society, une similarité pas vraiment dérangeante dans le sens où elle sert la micro société dépeinte par l'auteur, tout en affichant des premiers adversaires de valeur sans tomber dans le manichéisme. Tout ceci sonne clairement comme une amorce, un moyen de montrer ce que ce nouveau manga a dans le ventre, une démarche honorée habilement. Les fans de Bleach pourront même se satisfaire d'un menu détail : Burn the Witch se déroule bien dans le même univers. Reste alors à voir si la connexion sera traitée avec plus de solidité à l'avenir, puisque les concepts de dragons et de hollow demeurent tout de même bien différents.

Évidemment, l'efficacité de cet opus premier vient du trait de son auteur dont le cachet demeure. Nous l'avons dit, les designs des créatures suffisent déjà à planter une identité, et à celle-ci s'ajoute le style visuel de l'artiste sur ses personnages, assez longilignes et pourvus de traits anguleux. On reconnaitrait sa patte entre mille, et celle-ci demeure toujours plaisante, y compris du point de vue de la narration nerveuse et épurée, qui atteste toute son expérience sur Bleach.

Les débuts de Burn the Witch, derrière une structure un poil classique, sont alors saisissants. Le style de l'auteur (aussi bien graphique que sur le plan scénaristique) est indéniable, et le retrouver constitue un petit plaisir qu'on ne boude pas. A ceci s'ajoutent des personnages déjà inspirés du côté des deux héroïnes, loin d'être des archétypes, et tout un univers joliment croqué, qu'on attend de pouvoir retrouver. A l'heure où le premier tome sort chez nous, la parution de la seconde saison n'a pas encore débuté. Il faudra certainement se montrer patient pour découvrir la suite des aventures de Noel et Ninny, mais qu'importe. En attendant, nous pouvons retrouver la très belle adaptation par le studio Colorido, sous la réalisation impeccable de Tatsurô Kawano, sur Crunchyroll.

Notre chronique se basant sur une épreuve numérique fournie par Glénat, nous ne pouvons donner d'avis sur l'édition.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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