Bloody Delinquent Girl Chainsaw Vol.1 - Actualité manga

Bloody Delinquent Girl Chainsaw Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 16 Febuary 2017

Critique 2


Il y a dix ans Rei Mikamoto nous régalait avec une série hors norme, un titre sortant des sentiers battus et formatés de la plupart des mangas, un titre gore et jouissif au plaisir grandement régressif: Reiko the zombie shop!
Malgré des qualités plus qu'évidentes (et certains défauts qui l'étaient tout autant), plus de nouvelles de l'auteur depuis... Mais ce triste oubli est réparé grâce à Akata qui nous offre la possibilité de découvrir le dernier né de l'auteur, un titre dans la même veine que le précédent, aussi barré et déjanté, mais qui cette fois promet d'être plus construit, l'expérience aidant!

Un drame est en train de se jouer, un bus scolaire et ses occupants, des enfants pour la plupart, est sauvagement attaqué par une horde de zombies assoiffés de sang! C'est alors qu’apparaît Geeko, une jeune fille aux formes généreuses qui commence à débiter les créatures en tranches grâce à son impressionnante tronçonneuse! Et il se trouve que les monstres ne lui sont pas inconnus puisqu'il s'agit des élèves de sa classe, ses anciens camarades!
Comment une telle chose à t elle put arriver? Qui peut être à l'origine de tout ceci? Geeko va nous le raconter et partir dans une quête vengeresse contre Nero Aoi, une autre élève de sa classe...

Nous n'avons même pas besoin d'attendre la seconde page pour que le ton soit donné: ce premier tome s'ouvre sur une Geeko entourée de zombies, cette dernière ayant déjà sa tronçonneuse à la main...et avant même de réaliser ce qu'il se passe, déjà le sang coule à flots!
Dans sa précédente série, l'auteur se faisait plaisir avec une avalanche de gore et de malsain, et il semblerait qu'il parte dans la même direction, et ça tombe bien puisque c'est ce qu'on vient chercher! Mais la grande différence, c'est que cette fois il part d'emblée sur une trame scénarisée et construite, à l'inverse de Reiko qui n'était qu'une succession d'histoires courtes dans un premier temps! Ici Mikamoto nous propose donc une histoire, mais  pour autant il ne fait pas les choses de façon conventionnelle, au lieu d'introduire tranquillement son récit et ses personnages, il décide de nous plonger dans l'horreur immédiatement, afin que le lecteur sache à quoi il a affaire de suite, pas de surprise, pas de suspens!

C'est donc après une entrée en matière violente et déjà très dynamique que nous découvrons par le biais d'un flash-back conté par l’héroïne elle-même que nous comprenons la situation. Une fois celui-ci terminé on reprend le fil du récit et on repart à la chasse aux zombies aux côtés de Geeko!
Une narration originale donc, mais il ne s'agit pas là du seul aspect du titre qui soit peu commun (ce qui ne surprendra pas les lecteurs ayant eu le plaisir de lire Reiko)! D'emblée de jeu on comprend que nous serons en permanence dans la surenchère et dans l’excès et qu'il ne faudra pas chercher trop de crédibilité, ce qui n’empêche pas le titre de nous fournir un univers cohérent avec lui même! Il suffit de voir les écoliers du bus scolaire assiégé par les zombies, bien loin d'être choqués ils sont en admiration devant cette jeune fille recouverte de sang massacrant allègrement ces étranges créatures. Et les monstres aussi déjantés qu'originaux ne manqueront pas à l'appel de ce premier tome!

Et pour porter un tel titre à bout de bras, il fallait un personnage fort: Geeko répond présente! Loin d’être une adolescente modèle, loin d'être une élève studieuse, l'auteur nous présente une jeune fille nous faisant penser aux voyous japonais redresseurs de tort, les banchos, possédant un grand sens de l'éthique. Et si elle ne semble avoir aucun scrupule à découper ses anciens camarades, elle n'hésite pas pour autant à se lancer dans une quête sanglante pour les venger et stopper la folie de Nero!
A l'instar de Reiko, Geeko se trouve être incroyablement fournie par la nature pour une jeune fille de son âge, elle possède un caractère fort et semble être l'héroïne parfaite, qui ne doit rien à personne et qui n'a besoin de l'appui de personne!
Forcément face à un personnage aussi fort, l'auteur se devait de lui opposer un équivalent maléfique...et bien là encore il fait fort avec Nero qui est aussi dérangée que dérangeante! Avec une petite imperfection physique, à savoir un strabisme appuyé, l'auteur parvient à lui faire dégager une folie inquiétante...et ses actes parlent pour elle! La jeune fille se montre totalement hystérique, totalement folle et elle parvient à provoquer la peur...le méchant parfait qui ne se soucie pas de ses actes et de leurs conséquences!

On retrouve dans ce premier tome le coté glauque et malsain de Reiko avec des tortures et des massacres d'êtres innocents, personne ne semble être à l'abri, pas plus les personnages gentils et mignons que ceux qu'on souhaite voir se faire dévorer, l'auteur n'épargne personne et c'est tant mieux!
On retrouve également un côté coquin avec ses jeunes filles aux corps particulièrement sexués pour des lycéennes Japonaises, les plans sur les culottes de ces dernières ne sont pas rares, mais comme dans toutes les séries Z, il est normal d'associer l'horreur et le coquin!
Et ici nous avons sans nul doute une série Z, totalement assumée et surtout maîtrisée, l'auteur sait où il va, où il souhaite nous entraîner, et ceux qui ont lu Reiko savent qu'on peut le suivre aveuglément!

Malgré ce côté hors norme du titre, il obéit à quelques codes classiques dans la narration comme le fait que Geeko doive affronter des "boss de niveaux" avant de se retrouver face à Nero, comme le fait également qu'elle possède des capacités évolutives, comme c'est le cas de la tronçonneuse qui possède plusieurs fonctions, une tronçonneuse qui à l'instar de Lucy de Walking Dead est presque un personnage à part entière!

Un premier tome particulièrement convaincant, nous plongeant immédiatement dans l'horreur, mais c'est ce qu'on vient chercher et on en redemande!


Critique 1


En 2007, nous découvrions en France Rei Mikamoto aux éditions Doki-Doki avec l'excellent Reiko the zombie shop, série B aussi gore que parfaitement assumée, pour un trip assez génial qui se développait autant au fil des tomes que la capacité mammaire de son héroïne. Mais depuis la fin en 2009 de cette oeuvre aujourd'hui devenue difficile à trouver, nous avions malheureusement un peu perdu de vue l'auteur, sans avoir grand espoir de le revoir un jour chez nous... C'était mal connaître les éditions Akata, qui nous amènent dans leur collection WTF?! en cette année 2016 l'oeuvre la plus ambitieuse du mangaka ! Démarré au Japon en 2009 dans l'éclectique et artistique magazine Comic Beam d'Enterbrain, Chimamire Sukeban Chainsaw promet de pousser encore plus loin la vision du zombie de l'auteur, dans un déluge d'hémoglobine, d'humour de mauvais goût ou d'ecchi outrancier.

Tout commence en montagne, auprès du charmant bus de la "Garderie des z'animos", véhicule à la mignonne frimousse d'animal amenant d'adorables bambins en voyage... Adorables ? Pas tout à fait, car les gosses ont vite fait de s'extasier en observant dehors une mystérieuse jeune fille en train de tronçonner les morts-vivants qui lui passent sous la main ! Elle s'appelle Geeko, elle est lycéenne, et si elle est là c'est pour une raison précise : elle est venue régler son compte Nero, adolescente psychotique qui a fait de ses camarades de classe des zombies tous plus improbables les uns que les autres, et tous à son service ! Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui a poussé Nero à en arriver là ? Comme Geeko est-elle parvenue à retrouver sa trace ?

L'heure d'un petit retour en arrière s'impose dans ce premier tome qui a donc le mérite de poser tout de suite le ton, pour ne plus jamais le laisser retomber.

Il faut dire que d'emblée, Geeko est le genre d'héroïne qui en impose sévère, autant par son physique avantageux que par son caractère très fort en gueule et sa façon de bousiller à la tronçonneuse sans vergogne ses anciens amis qui ne pourront plus redevenir humains. Comme le nom japonais de la série l'indique, Geeko est une sukeban (l'équivalent féminin du banchô) dans l'âme, une meneuse délinquante ayant revu son uniforme scolaire à sa sauce (la miss se promène en getas et ne revêt pas l'uniforme de la plus conforme des manières), et qui n'est donc pas du tout du genre à se laisser marche sur les pieds. Forcément, cela aboutit sur une héroïne délicieusement extrême, parfaite pour une série qui ne fera pas dans la dentelle.

Mais Geeko est loin d'être la seule gueule forte de la série, car face à elle, Nero n'a pas grand-chose à lui envier. Sorte de scientifique névrosée à la sauce "savant fou", ce qui lui a valu d'être mise de côté par ses camarades effrayés du temps où la classe était encore à peu près normale, la demoiselle passe volontiers pour une tarée en puissance, et ne cesse de le démontrer au fil des pages, n'hésitant pas à s'accaparer le bien d'autrui pour ses horribles expériences (pauvre chaton), à s'attaquer sans retenue à ses camarades de classe pour assouvir sa soif de vengeance et d'expérimentations, à se montrer chaude comme la braise auprès de son ami d'enfance et seul camarade qu'elle a épargné, ou... à afficher son amour douteux pour l'Allemagne nazie et Mein Kampf. Si si ! Après la mémorable Himmler, sbire ennemie dans Reiko the zombie shop, Mikamoto démontre une nouvelle fois qu'il est capable de se moquer de tout et qu'il ne se pose aucune limite !

Entre ces fortes têtes, Mikamoto a alors tout le loisir de dépeindre avec efficacité les victimes zombifiées de Nero, et de ce côté-là on peut dire que l'auteur s'est vraiment fait plaisir. Monstre tentaculaire dont les appendices répondent à l'autre tentacule qu'il a dans le slip, demoiselle amputée aux quatre membres, chaton mort-vivant grouillant d'asticots et se déplaçant sur des chenilles télécommandées, lycéenne devenue une simple tête se déplaçant avec les pattes d'araignée mécaniques qu'on lui a greffées, tête décapitée sur une mini-moto, gamin affublé sur le front d'un tuyau crachant de l'acide, charmante et pulpeuse adolescente ayant un lance-missile à la place du vagin... La galerie des horreurs de Mikamoto ne cesse de se diversifier, de témoigner de l'inventivité de son auteur dans le genre, de surprendre, et de faire sourire ou rire tant certaines dégaines sont à la fois crades et ridicules.
Et pour affronter tout ça, on peut compter sur les facultés de combattante de Geeko, qui a joyeusement customisé sa tronçonneuse pour offrir des mises à mort aussi trash et jouissives que variées... Cela rappelle évidemment le jeu vidéo Lollipop Chainsaw, mais n'oublions pas que le manga de Mikamoto a vu le jour bien avant le célèbre jeu (qui est sorti en 2012).

Le scénario, lui, reste pour l'instant assez minime. En prenant pour base la soif de vengeance d'une Nero dont le caractère très différent et effrayant en a fait la souffre-douleur de la classe, Mikamoto reprend à sa façon la bonne vieille thématique de l'ijime, mais on est ici évidemment beaucoup moins proche du manga Life que d'un Revenge Classroom. BDGC s'inscrit bien dans la deuxième catégorie, en se faisant encore plus extrême et encore plus branché série B fun que le titre disponible chez Doki-Doki. Mais cela dit, même si ce premier tome se résumé essentiellement à de la traque et du massacre posant les bases et les personnages, il y a déjà quelques pistes à me^me d'enrichir considérablement l'oeuvre sur la longueur. Après tout, c'est le schéma qu'avait déjà suivi Mikamoto sur Reiko the zombie shop.

Pour le reste, difficile de ne pas évoquer le coup de crayon d'un auteur au sommet de sa forme, et où tout est dans l'exagération : on a déjà évoqué les créatures zombifiées très variées et le caractère des héroïnes, n'oublions pas les quelques autres personnages secondaires pleinement ancrés dans ce délicieux mauvais goût (en tête, ces paysans qui violeraient bien notre Geeko, ou cette vieille aubergiste édentée qui offre toujours ses "charmes" à son âge), les physiques féminins exagérés que l'auteur prend plaisir à mettre en valeur (là où dans Reiko the zombie shop l'héroïne gagnait des bonnets plus vite que Nami de One Piece - ce qui est un exploit - ici les miss sont déjà toutes exagérément pourvues, ce qui prête plus à sourire qu'autre chose), et surtout les mises à mort toutes plus trashs et variées les unes que les autres, même si ça passe souvent par cette chère tronçonneuse customisée.
Pour le reste, Mikamoto a tendance à plutôt délaisser les fonds pour s'appliquer sur les personnages et les moments d'action, et cela occupe si bien les cases qu'il n'y a jamais de sentiment de vide. Porté par son trait épais, incisif et ultra expressif avec ces visages bien marqués (mention spéciale aux yeux souvent bien badass, et au regard de Nero où les yeux ensanglantés se disent m****), mais aussi par sa mise en scène adoptant de nombreux angles de vue différents pour un résultat se renouvelant beaucoup dans le tranchage, le tout est un régal si l'on aime le genre.

On l'attendait impatiemment, et il ne déçoit aucunement : à ranger précieusement entre Reiko the zombie shop et Ladyboy VS Yakuzas, Bloody Delinquent Girl Chainsaw envoie d'emblée du gros pâté, régressif à souhait et jouissif à chaque instant.

Il faut aussi dire que l'édition d'Akata rend parfaitement honneur au titre, à commencer par une traduction qui ne fait que confirmer tout le bien que l'on peut penser du traducteur Sébastien Ludmann. Déjà souvent remarqué pour son travail sur des mangas historiques (comme Hawkwood récemment) et sérieux autant que sur des séries plus orientées action et aventure, le bonhomme exerce encore ici ses talents dans un autre registre, avec un langage très fleuri à base de vulgarités délirantes, d'insultes bien senties et d'argot. Vraiment bravo à ce traducteur qui se montre totalement à l'aise dans tous les genres et participe ici totalement au plaisir de lecture.
Pour le reste, le papier est souple et suffisamment épais pour bien faire ressortir le trait de l'auteur, le travail de traduction sur les onomatopées jouit d'un grand soin (comme toujours chez Akata) et participe grandement à l'immersion, et les premières pages en couleur sont toujours un plus agréable


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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